
L'Espagne active un congé climatique payé de quatre jours alors que les incendies de forêt forcent des évacuations à Ávila, Madrid et Tolède
Des dizaines de milliers de personnes évacuées ou confinées alors que les incendies ravagent Ávila, Madrid et Tolède. Le gouvernement rappelle aux employeurs que les travailleurs ont droit à jusqu'à quatre jours d'absence payée dans le cadre du congé climatique introduit après les inondations de Valence en 2024.
Les incendies de forêt provoquent des évacuations massives
Les incendies qui ravagent les provinces d'Ávila, de Madrid et de Tolède ont forcé des dizaines de milliers de personnes à évacuer ou à rester confinées chez elles. Des routes ont été coupées et les transports publics perturbés, laissant de nombreux travailleurs incapables de rejoindre leur lieu de travail. Le ministère du Travail est intervenu pour rappeler aux employeurs et aux employés que personne ne devrait avoir à « choisir entre sa sécurité et son travail ».
Un bouclier juridique né de la tragédie
Le congé climatique a été créé par le Real Decreto-ley 8/2024, promulgué en novembre 2024 et désormais intégré au Statut des travailleurs. Il a été une réponse directe aux inondations catastrophiques de la DANA qui ont frappé Valence en 2024, faisant 229 victimes. Plusieurs travailleurs sont morts en se rendant ou en revenant de leur travail lors de cette catastrophe, ce qui a incité le gouvernement à construire un bouclier juridique empêchant les employés d'être contraints de se déplacer dans des conditions mettant leur vie en danger.
La nouvelle disposition, ajoutée à l'article 37.3 du Statut des travailleurs, accorde jusqu'à quatre jours d'absence payée pour force majeure. Ces jours comptent comme du temps de travail et n'ont pas à être récupérés ultérieurement. La preuve de la situation éligible peut être fournie a posteriori, par tout moyen de preuve.
Ce que couvre le congé
Le congé s'applique lorsque les travailleurs ne peuvent pas rejoindre leur lieu de travail en raison de la perte de leur moyen de transport habituel ou de perturbations des transports publics ou collectifs. Il couvre également le besoin urgent de s'occuper de personnes à charge si les écoles ou les centres pour personnes âgées ferment en raison de la fumée ou de la proximité du feu.
Les travailleurs qui, en raison de la perte de leur moyen de transport ou de perturbations des transports publics ou collectifs, ne peuvent se rendre sur leur lieu de travail sont couverts par ce droit jusqu'à ce que la situation se normalise.
La vice-présidente Yolanda Díaz a également souligné que la protection du logement dure jusqu'à ce que la famille trouve une « solution de logement stable et adéquate ». Après les quatre premiers jours, si l'empêchement persiste, un ERTE de force majeure (dispositif de chômage partiel) entre en jeu. Ce mécanisme a été utilisé lors de la DANA de 2024 et à nouveau lors de la grande panne d'électricité plus tôt cette année, et il est conçu pour éviter les licenciements tout en donnant aux entreprises touchées le temps de se rétablir.
Obligations des employeurs
Les entreprises sont tenues de mettre en place des comités de crise capables de répondre 24 heures sur 24 aux demandes des employés. La loi est explicite : le télétravail doit être priorisé chaque fois que la nature du travail le permet, et l'employeur doit fournir les moyens techniques nécessaires pour éviter tout déplacement inutile. Lorsque l'activité productive est matériellement impossible, les entreprises peuvent demander l'ERTE de force majeure pour protéger l'emploi jusqu'à la reprise des opérations normales.
Les syndicats renforcent le message
Le syndicat CCOO a également pris les réseaux sociaux pour rappeler aux travailleurs ce droit, soulignant que le cadre juridique existe précisément pour qu'aucun employé n'ait à risquer sa vie pour rejoindre son poste. Le syndicat a insisté sur l'obligation des entreprises d'activer les protocoles de crise et de faciliter le travail à distance dans la mesure du possible.


