Diplomatie · Alger et Abou Dhabi

L'Algérie rompt ses relations diplomatiques avec les Émirats arabes unis et ferme son espace aérien

Alger a convoqué l'ambassadeur des Émirats arabes unis, Yousef Saif Khamis Subaa Al-Ali, lui ordonnant de quitter le territoire sous 48 heures et interdisant aux aéronefs émiratis l'accès à l'espace aérien algérien à compter du 11 septembre.

Texte IA fondé sur les articles de Al Jazeera Online, europa press, Le Soir et d’autres médias. Modifié . Comment il est fait

Pour les membresLes 30 premières secondes en écoute libre. Voix de synthèse (IA).

En bref

Alger, Abou Dhabi · Algérie, Émirats arabes unis
Comment on en est arrivé là
  1. février 2026L'Algérie entame le processus d'annulation de l'accord de services aériens de 2013.
  2. 10 sept.L'Algérie rompt ses relations diplomatiques et ordonne à l'ambassadeur émirati de quitter le territoire sous 48 heures.
  3. 11 sept.L'espace aérien algérien est fermé aux aéronefs civils et militaires immatriculés aux Émirats arabes unis.

Rupture à Alger

Le 10 septembre 2026, le gouvernement algérien a annoncé la rupture des relations diplomatiques avec les Émirats arabes unis. Un communiqué du ministère des Affaires étrangères, diffusé sur la télévision publique et publié par l'agence de presse officielle APS, a invoqué ce qu'il a qualifié de conduite regrettable et injustifiée ainsi qu'un volume croissant d'actes hostiles en provenance d'Abou Dhabi. Les responsables algériens ont indiqué avoir épuisé toutes les voies disponibles pour préserver les relations bilatérales avant de franchir ce pas. Le ministère des Affaires étrangères a officiellement convoqué l'ambassadeur des Émirats arabes unis à Alger, Yousef Saif Khamis Subaa Al-Ali, pour lui notifier la décision et lui accorder un délai de 48 heures pour s'y conformer. Le président algérien Abdelmadjid Tebboune avait auparavant critiqué la politique émiratie dans des déclarations publiques, qualifiant l'État du Golfe de « petit pays » ayant un impact négatif dans toute la région.

« Partout où ils mettent les pieds, le sang coule. »

Abdelmadjid Tebboune, président de l'Algérie

Restrictions de l'espace aérien et mesures de transport

Quelques heures après avoir déclaré la rupture diplomatique, le ministère algérien de la Défense a publié un décret fermant l'espace aérien national à tous les aéronefs immatriculés aux Émirats arabes unis. L'interdiction de vol prend effet le 11 septembre 2026 à 00h00, heure locale (23h00 GMT le 10 septembre) et concerne les vols civils et militaires dans les deux sens. Le ministère de la Défense a précisé que les vols commerciaux de passagers opérant directement entre les Émirats arabes unis et l'aéroport international Houari-Boumediene d'Alger sont exemptés de l'interdiction jusqu'à la fin de l'année 2026, coïncidant avec l'expiration de leur accord contractuel. Cette mesure fait suite à des différends aériens antérieurs, notamment les mesures prises par les autorités algériennes en février 2026 pour entamer l'annulation d'un accord bilatéral de services aériens établi en 2013.

Différends régionaux et tensions sécuritaires

La rupture diplomatique reflète des divergences de longue date entre Alger et Abou Dhabi concernant les alliances régionales et la politique étrangère en Afrique du Nord et au Sahel. L'Algérie reste opposée à la normalisation des relations avec Israël, tandis que les Émirats arabes unis ont établi des relations officielles avec Israël en 2020 dans le cadre des accords d'Abraham parrainés par les États-Unis, une voie suivie par la suite par le Maroc. Les deux nations divergent également sur le Sahara occidental, où les Émirats arabes unis ont établi un consulat et reconnaissent explicitement la souveraineté marocaine, tandis que l'Algérie accueille le gouvernement en exil de la République arabe sahraouie démocratique et soutient le Front Polisario. En outre, les responsables algériens ont accusé les Émirats arabes unis de financer l'instabilité régionale en Libye, au Mali et au Soudan. Le Haut Conseil de sécurité algérien avait précédemment condamné les actes hostiles d'un État arabe non nommé en 2024, une accusation alignée sur les remarques publiques de Tebboune concernant l'ingérence étrangère au Sahel.

Réaction d'Abou Dhabi et conséquences diplomatiques

Suite à l'annonce d'Alger, le gouvernement émirati a indiqué par des canaux officieux qu'il espérait que la rupture resterait temporaire. Anwar Gargash, conseiller diplomatique du président émirati, a publié des remarques sur les réseaux sociaux concernant la nature des relations bilatérales sans nommer directement l'Algérie. Gargash a soutenu que la diplomatie étrangère nécessite une communication rationnelle plutôt que des signaux ambigus.

« L'ambiguïté n'est pas une politique, et le bruit ne compense pas l'absence de vision ; une diplomatie réussie repose sur la clarté des positions, une gestion saine des intérêts et des différends. »

Anwar Gargash, conseiller diplomatique du président des Émirats arabes unis

La rupture élargit les divisions régionales, après la décision de l'Algérie en 2021 de rompre les relations avec le Maroc voisin. Avec la rupture des relations ambassadoriales et la fermeture de l'espace aérien, la communication officielle entre Alger et Abou Dhabi repose désormais sur des canaux tiers, alors que le délai de départ de 48 heures expire.

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