
Le maire d'Athènes accuse le gouvernement de protéger des responsables corrompus de la délivrance des permis de construire ; le ministère lui conseille de « demander à ChatGPT »
Le maire Haris Doukas a lancé une attaque virulente contre le nouveau Code de l'administration locale, affirmant qu'il centralise les contrôles de construction pour protéger un réseau corrompu ; le ministère de l'Intérieur lui a répliqué qu'il fait preuve d'une « ignorance totale » et devrait consulter ChatGPT.
Une vive confrontation a éclaté samedi entre le maire d'Athènes, Haris Doukas, et le ministère grec de l'Intérieur, déclenchée par le nouveau Code de l'administration locale du gouvernement. Doukas s'est rendu sur les réseaux sociaux pour dénoncer une disposition qui, selon lui, transférerait les services d'urbanisme (Ypiresies Domisis) des municipalités aux services centraux de l'État, officiellement pour lutter contre la corruption. Il a directement lié cette décision à un scandale en cours dans lequel deux secrétaires généraux du ministère ont démissionné, un ancien secrétaire général est impliqué, de hauts responsables de l'administration décentralisée ont été emprisonnés et 30 autres personnes font l'objet de poursuites.
Ils confient la garde des moutons au loup.
Le maire a demandé de façon rhétorique si les personnes impliquées dans le scandale étaient celles qui allaient désormais lutter contre la corruption.
Le ministère réplique
Des sources ministérielles ont répondu en quelques heures, accusant Doukas d'« ignorance totale de l'administration locale » et lui suggérant d'« étudier (ou au moins demander à ChatGPT) » avant de commenter le Code. Elles ont cité trois dispositions juridiques pour réfuter les affirmations du maire : le tableau des compétences au point 6.2.1.8 stipule explicitement que les municipalités sont responsables de la mise en œuvre du Code de l'urbanisme et de l'aménagement du territoire ; l'article 97A de la loi Kallikratis s'applique toujours au personnel des services de construction ; et l'article 317 de la loi 5306/26, adoptée la semaine précédente, réitère que les permis de construire sont délivrés par les services de construction municipaux, sauf indication contraire.
Pour la énième fois, nous lui recommandons, avant de se référer au Code, de l'étudier (ou au moins de demander à ChatGPT).
Ce que le Code change réellement
Le ministre de l'Intérieur, Thodoris Livanos, avait précisé jeudi lors de la présentation du Code au Parlement que le cadre juridique régissant les services de construction reste inchangé. Néanmoins, le gouvernement travaille depuis l'automne 2025 sur une initiative séparée visant à restituer la délivrance des permis de construire du contrôle municipal au contrôle central. Ce plan a suscité une forte opposition de l'Union centrale des municipalités de Grèce (KEDE), qui a averti qu'elle ferait appel au Conseil d'État dès que le premier acte administratif concernant les services de construction serait pris.
Enjeux politiques et juridiques
Cette confrontation se déroule dans le contexte d'une enquête majeure pour corruption concernant les services d'urbanisme. Deux secrétaires généraux de différents ministères ont démissionné, un ancien secrétaire général fait l'objet d'une enquête, de hauts responsables de l'administration décentralisée ont été placés en détention provisoire et 30 personnes supplémentaires ont été inculpées. Le scandale a fourni des munitions politiques aux opposants aux plans de centralisation du gouvernement, même si le ministère insiste sur le fait que le nouveau Code de l'administration locale préserve en théorie l'autorité municipale. La menace de KEDE d'engager une action en justice devant la plus haute juridiction administrative du pays indique que le conflit passera probablement des messages sur les réseaux sociaux aux arguments des tribunaux.
