
La cour d'appel française confirme la peine avec sursis du commissaire de police qui avait ordonné une charge blessant une manifestante des Gilets jaunes de 73 ans
La cour d'appel de Lyon a confirmé une peine de six mois de prison avec sursis à l'encontre de Rabah Souchi, le commandant de police qui avait ordonné une charge ayant grièvement blessé Geneviève Legay lors d'une manifestation des Gilets jaunes à Nice en 2019.
La blessure
Un samedi de 2019, Geneviève Legay, alors âgée de 73 ans, participait à une manifestation des Gilets jaunes dans le centre de Nice. Elle a été projetée au sol lorsque des policiers ont chargé un petit groupe de manifestants âgés et de journalistes. Legay est restée inconsciente, souffrant de plusieurs fractures, dont une au crâne. Elle a passé deux mois à l'hôpital et a perdu l'odorat, une partie du goût et 35 % de l'audition de l'oreille droite.
L'ordre
Le commissaire de service, Rabah Souchi, avait donné l'instruction de charger. Lors de l'audience d'appel à Lyon en février 2026, l'avocate générale a estimé que cet ordre était « ni nécessaire, ni approprié, ni légal ».
L'ordre de charger la foule, qui comprenait un groupe de personnes âgées et de journalistes, n'était ni nécessaire, ni approprié, ni légal.
Souchi, devenu par la suite directeur adjoint de la police municipale de Nice, a été reconnu coupable de complicité de violences par une personne dépositaire de l'autorité publique. À l'audience, il a exprimé de la compassion pour Legay mais a refusé d'assumer la responsabilité du geste des agents qui l'ont poussée au sol.
J'ai de la compassion pour Mme Legay, mais je n'assumerai pas la responsabilité du geste de ceux qui l'ont violemment renversée.
Son avocat a maintenu que Souchi s'était contenté de transmettre un ordre reçu et l'a qualifié de bouc émissaire dans une affaire très médiatisée.
Le jugement
Le lundi 29 juin 2026, la cour d'appel de Lyon a confirmé la même peine de six mois avec sursis prononcée en première instance le 8 mars 2024. La cour a également ordonné que la condamnation ne soit pas inscrite au casier judiciaire, ce qui permet à Souchi de conserver probablement son poste.
Dans la soirée, la municipalité de Nice a déclaré que, compte tenu de la condamnation, le poste de Souchi était « incompatible avec l'exercice de fonctions au sein de la police municipale ». Elle a toutefois ajouté qu'avant l'audience d'appel, Souchi avait déjà demandé la fin de son détachement, et que ses fonctions cesseraient le 31 juillet.
Réaction
Devant le palais de justice de Nice, plusieurs dizaines de personnes se sont rassemblées à l'appel de l'association Attac. Geneviève Legay, aujourd'hui âgée de 80 ans, était présente avec son avocate Mireille Damiano.
Satisfaite.
Damiano a déclaré aux journalistes qu'elle était satisfaite que la condamnation ait été confirmée.

