
Concert de la DJ Barbara Butch à Grenoble interrompu par des manifestants pro-palestiniens en raison de son soutien à la loi Yadan ; LFI soutient le boycott
Environ 150 militants brandissant des drapeaux palestiniens et lançant des bouteilles ont forcé la DJ à quitter la scène du festival Cabaret Frappé, après qu'elle a signé une tribune soutenant le controversé projet de loi Yadan contre l'antisémitisme.
Concert interrompu
Samedi soir 18 juillet, vers 22h20, la DJ Barbara Butch a commencé son set au festival Cabaret Frappé dans le Jardin de Ville de Grenoble. En quelques minutes, plus d'une centaine de manifestants brandissant des drapeaux palestiniens, sifflant et faisant des gestes obscènes se sont rassemblés près de la scène. Un responsable de la programmation du festival a indiqué qu'environ 150 militants se trouvaient devant la scène avec des banderoles, sifflant et insultant l'artiste. La performance a été interrompue après environ 20 minutes lorsque des bouteilles et autres projectiles ont été lancés vers la scène et que les installations électriques ont été sabotées, selon la ville. L'artiste a été forcée de partir.
- Barbara Butch commence son set au festival Cabaret Frappé à Grenoble.
- Concert interrompu après environ 20 minutes par des manifestants pro-palestiniens.
- La maire de Grenoble, Laurence Ruffin, condamne l'attaque et annonce une plainte.
- Le coordinateur national de LFI, Manuel Bompard, affirme comprendre la protestation pacifique contre la position politique de la DJ.
Pourquoi cette protestation
La protestation a été déclenchée par la signature de Butch sur une tribune soutenant la proposition de loi Yadan, un projet de loi visant à lutter contre les nouvelles formes d'antisémitisme. La loi, qui aurait élargi le délit d'apologie du terrorisme, a été vivement critiquée par ses opposants qui estimaient qu'elle menaçait la liberté d'expression et risquait de confondre les Juifs français avec Israël. Le gouvernement a retiré le projet de loi en avril 2026. Les responsables locaux de LFI à Grenoble avaient appelé au boycott du concert depuis mai, dénonçant son soutien à la loi.
LFI défend l'action
Allan Brunon, élu LFI à Grenoble présent lors de la protestation, a déclaré que le parti était « extrêmement fier d'avoir participé à cette protestation pacifique ». Il a nié que des projectiles aient été lancés et a insisté sur le fait qu'il n'y avait « aucune violence, seulement des militants pacifiques ». Il a également affirmé que « La France insoumise n'a jamais appelé à la violence contre Mme Butch ». Manuel Bompard, coordinateur national de LFI, a déclaré sur franceinfo qu'il comprenait « qu'une prise de position politique puisse générer une protestation, à condition qu'elle soit pacifique ». Il a condamné toute insulte comme « absolument inacceptable » mais a maintenu que ce sont les autorités, et non les manifestants, qui ont décidé d'arrêter le concert.
Je peux comprendre que cette prise de position politique puisse générer une protestation, tant que celle-ci est pacifique.
Condamnation et réactions
La maire de Grenoble, Laurence Ruffin, qui s'était opposée à la loi Yadan, a qualifié les événements d'« intolérables » et a annoncé que la ville déposerait une plainte. Elle a évoqué « des lancers de bouteilles et divers projectiles délibérément dirigés vers la scène » et « des actes de sabotage des installations électriques ». La Ligue internationale contre le racisme et l'antisémitisme (Licra) a exprimé son soutien à Butch et a demandé une enquête. Le leader du Parti socialiste, Olivier Faure, a critiqué LFI, estimant que le parti « ne sert pas la cause palestinienne » et que « ces méthodes n'aident pas les Palestiniens et discréditent les militants sincères ».
LFI ne sert pas la cause palestinienne. Ces méthodes n'aident pas les Palestiniens et discréditent les militants sincères.
Contexte sur Barbara Butch
Butch, DJ juive et lesbienne, est une figure bien connue de la vie nocturne parisienne et une opposante déclarée à l'antisémitisme, à l'homophobie et à la grossophobie. Elle a été plus largement reconnue après avoir performé à la cérémonie d'ouverture des Jeux olympiques de Paris 2024. Elle avait déjà été victime de cyberharcèlement avec des insultes grossophobes et homophobes après cette apparition. Le débat sur les boycotts des événements culturels est ancien en France, comme l'a noté Bompard, mais la violence lors de ce concert a suscité de vives condamnations de tout l'éventail politique.
