
Barbara Butch promet de continuer à jouer après que son concert à Grenoble a été pris d'assaut par des militants proches de LFI, des accusations d'antisémitisme fusent
La DJ française, 45 ans, dit être « encore sous le choc » après que des militants proches de La France Insoumise l'ont forcée à quitter la scène à Grenoble samedi. Elle se produira dans un festival dans l'Yonne ce week-end tandis que son avocate prépare une plainte pénale.
Concert interrompu par des militants
Samedi soir, le set de Barbara Butch au festival Cabaret Frappé à Grenoble a été interrompu vers 22h20 lorsqu'environ 150 militants portant des banderoles, sifflant et l'insultant l'ont forcée à quitter la scène. Les manifestants répondaient à un appel au boycott lancé depuis mai par la section iséroise de La France Insoumise (LFI). Butch, 45 ans, a été exfiltrée du lieu après que des bouteilles ont été jetées, la mettant dans ce qu'elle a décrit comme un « danger physique ». Un responsable de la programmation du festival a déclaré à l'AFP que les militants se trouvaient directement devant la scène.
J'ai vu la haine dans les yeux, juste devant moi.
La justice a ouvert une enquête mardi pour « entrave concertée à la liberté d'expression ».
Accusations d'antisémitisme
Les militants ont ciblé Butch en raison de sa participation en 2025 à un événement à la résidence de l'ambassadeur de France en Israël et de sa signature d'une tribune soutenant la proposition de loi Yadan, un texte législatif contesté visant à lutter contre les nouvelles formes d'antisémitisme, depuis retiré. Butch a déclaré à BFMTV que les tracts distribués pendant la manifestation étaient « purement antisémites », rejetant ce qu'elle a appelé un « amalgame » entre les Juifs et la politique israélienne.
Demander aux Juifs de justifier la politique israélienne n'est pas normal. Je suis une Juive française, je suis comptable de la politique de mon pays où je vote, même si je peux avoir un avis sur cette guerre atroce.
Son avocate, Audrey Msellati, a confirmé qu'une plainte pénale serait déposée auprès du procureur de Grenoble, dont les détails seront divulgués jeudi. Butch a déclaré avoir été traitée de « sale Juive » et avoir subi d'autres insultes antisémites.
Réactions politiques
La ministre de la Culture, Catherine Pégard, a rencontré Butch mercredi et s'est engagée à protéger son « intégrité ». Le ministère a déclaré que Pégard était « extrêmement attentive à son travail d'artiste » et veillerait à « l'intégrité de son travail et de sa personne ». Aurore Bergé, ministre déléguée chargée de la Lutte contre les discriminations, a déclaré sur RMC que Butch « a été chassée de la scène parce qu'elle est juive », ajoutant qu'« on met des cibles dans le dos des Juifs de France depuis le 7 octobre 2023 ».
La cheffe de file parlementaire de LFI, Mathilde Panot, a reconnu sur BFMTV que le tract était « mauvais » et a condamné les insultes et les projectiles, mais a insisté sur le fait qu'« il n'y a pas d'antisémitisme dans nos rangs ». Butch a répondu que le tract n'était pas simplement « mauvais » mais « purement antisémite », et a appelé LFI à « assumer les conséquences de ses paroles ».
Prochain concert et démarches judiciaires
Butch a déclaré qu'elle reste « en état de choc » mais se produira samedi lors d'un festival à Saint-Martin-du-Tertre (Yonne) organisé par l'association locale Le Hameau. C'est sa dernière date prévue cet été.
Je ne céderai pas à cette peur qu'ils essaient de me faire ressentir. J'irai avec le même panache, la même fierté, pour diffuser des messages de paix, d'amour et d'espoir.
Elle est sous protection, bien que non policière. La plainte devrait être déposée jeudi, selon son avocate.
Contexte
Butch, figure éminente de la vie nocturne LGBT+ parisienne connue pour ses sets electro-disco, avait déjà été victime de cyberharcèlement mêlant grossophobie, lesbophobie et antisémitisme après sa participation à la cérémonie d'ouverture des Jeux olympiques de Paris 2024. Le festival Cabaret Frappé, où l'incident s'est produit, est organisé par la ville de Grenoble depuis 25 ans.
- Concert interrompu par des militants au Cabaret Frappé, Grenoble
- La justice ouvre une enquête pour « entrave concertée à la liberté d'expression »
- La ministre de la Culture rencontre Butch ; l'avocate annonce une plainte
- Les détails de la plainte devraient être divulgués
- Butch se produit au festival de Saint-Martin-du-Tertre


