
L'Arabie saoudite dévoile une coalition maritime de 14 nations pour protéger le trafic en mer Rouge des attaques houthies
Riyad a accueilli jeudi des représentants de 43 pays et de l'UE pour lancer une alliance défensive visant à sécuriser le détroit de Bab el-Mandeb après que les rebelles houthis ont imposé un blocus naval au royaume.
Formation de la coalition
Le 30 juillet, l'Arabie saoudite a annoncé la création d'une Coalition multinationale de défense maritime après avoir accueilli à Riyad des chefs d'état-major et des représentants de 43 pays et de l'Union européenne. Quatorze États ont signé une déclaration conjointe soutenant l'alliance, avec l'Arabie saoudite comme nation fondatrice et leader, et son siège dans la capitale. Les signataires incluent la Turquie, le Pakistan, l'Égypte, le Soudan, Djibouti, le Koweït, le Qatar, Bahreïn, la Jordanie, le Bangladesh, le Nigeria, la Somalie et le gouvernement internationalement reconnu du Yémen.
L'alliance vise à renforcer la sécurité maritime, protéger la liberté de navigation, sécuriser les routes commerciales internationales et les routes d'approvisionnement énergétique, et protéger les intérêts maritimes partagés dans le détroit de Bab el-Mandeb, la mer Rouge et le golfe d'Aden.
Le ministère saoudien de la Défense a déclaré que la coalition est « purement défensive » et ne cible aucun État, alliance ou organisation internationale. Les membres partageront des renseignements, mèneront des opérations et des exercices maritimes conjoints, et coordonneront la planification. Les signataires doivent encore achever les procédures internes pour une adhésion formelle, a noté le ministère, tandis que d'autres pays participants ont exprimé leur soutien mais construisent encore un consensus national pour adhérer. La porte reste ouverte à d'autres États.
Escalade des Houthis
L'annonce fait suite à une forte montée des tensions. Le 20 juillet, le mouvement houthi yéménite aligné sur l'Iran a déclaré un blocus naval contre l'Arabie saoudite en mer Rouge. Dans la nuit du 23 juillet, le groupe a attaqué deux pétroliers saoudiens. Riyad a répondu par des frappes aériennes contre ce qu'elle a décrit comme des installations militaires houthies dans le port de Hodeïda utilisées pour menacer le trafic commercial. La trêve qui avait tenu pendant quatre ans entre les Houthis et l'Arabie saoudite s'est effondrée le 13 juillet, lorsque le royaume a bombardé l'aéroport de Sanaa, selon les rebelles. Le gouvernement yéménite internationalement reconnu a accusé les Houthis de chercher à imiter l'Iran en imposant des péages de transit aux navires passant par le détroit, une mesure qui pourrait faire monter les prix du pétrole.
Goulot d'étranglement stratégique
Le détroit de Bab el-Mandeb, qui relie la mer Rouge au golfe d'Aden, est devenu crucial pour les exportations pétrolières saoudiennes depuis que la guerre avec l'Iran a effectivement fermé le détroit d'Ormuz fin février. Le pétrole brut de la province orientale du royaume est acheminé par pipeline jusqu'au port de Yanbu sur la mer Rouge et chargé sur des pétroliers. Les Houthis contrôlent le côté yéménite du détroit, et leur menace de blocus met en danger une route qui transporte non seulement le brut saoudien mais aussi le trafic mondial de conteneurs et des produits industriels comme le soufre. Une perturbation prolongée s'ajouterait aux tensions sur les chaînes d'approvisionnement déjà ressenties en Europe et au-delà.
Absences notables
Les Émirats arabes unis et Oman, tous deux voisins du Golfe ayant des préoccupations de sécurité similaires, ne figuraient pas parmi les 14 signataires. Le ministère saoudien n'a pas expliqué leur absence mais a réitéré que la coalition reste ouverte. L'alliance rassemble néanmoins un quatuor régional composé de l'Arabie saoudite, du Pakistan, de l'Égypte et de la Turquie, qui ont de plus en plus coordonné leurs positions face aux menaces de l'Iran et d'Israël.
Contexte plus large
La mer Rouge est un point chaud depuis 2023, lorsque les Houthis ont commencé à attaquer des navires marchands en signe de solidarité avec les Palestiniens pendant la guerre de Gaza. Les États-Unis ont lancé l'opération Prosperity Guardian et l'UE a déployé sa propre mission navale, l'opération Aspides, en 2024 pour protéger la navigation. La nouvelle coalition dirigée par l'Arabie saoudite ajoute une dimension régionale à ces efforts, en mettant l'accent sur la défense collective et le partage de renseignements.
- La trêve s'effondre ; l'Arabie saoudite bombarde l'aéroport de Sanaa, selon les Houthis.
- Les Houthis annoncent un blocus naval sur l'Arabie saoudite en mer Rouge.
- Les Houthis attaquent deux pétroliers saoudiens en mer Rouge.
- L'Arabie saoudite accueille 43 pays et l'UE, annonce une coalition de défense maritime de 14 nations.


