
Des procureurs français inculpent cinq personnes pour un présumé financement du Hamas de deux millions de dollars
Le parquet national antiterroriste français a inculpé cinq personnes le 3 octobre 2026 pour avoir présumé avoir acheminé plus de 2 millions de dollars au Hamas via des associations humanitaires et des canaux de cryptomonnaie.
Poursuites antiterroristes à Paris
Les autorités judiciaires françaises ont placé cinq personnes sous enquête formelle le 3 octobre 2026 pour suspicion d'acheminement de fonds au Hamas via des organisations caritatives non gouvernementales. Le Parquet national antiterroriste (PNAT) a confirmé que les chefs d'accusation incluent le financement d'une entreprise terroriste, l'abus de confiance organisé et le blanchiment de capitaux en lien avec le terrorisme. Les suspects sont accusés d'avoir utilisé deux associations humanitaires pour acheminer des dons publics vers un collecteur de fonds tiers agissant pour le compte des Brigades Ezzedine al-Qassam, la branche armée du Hamas. Les enquêteurs ont établi que les transferts illicites se sont étendus de 2020 à 2026, l'essentiel de l'argent ayant été transmis après les attaques du 7 octobre 2023. Les deux organisations humanitaires visées opéraient légalement sur le territoire français tout en sollicitant des dons du public.
- Les suspects auraient transféré des dons caritatifs et des fonds en cryptomonnaie au Hamas
- Les enquêteurs de la DGSI arrêtent cinq suspects et les placent en garde à vue
- Le PNAT ouvre une information judiciaire pour financement du terrorisme
- Cinq suspects sont formellement inculpés par des juges d'instruction à Paris
L'enquête transfrontalière
Les inculpations font suite à une opération internationale conjointe coordonnée entre les services de renseignement et les forces de l'ordre français et américains. En France, la Direction générale de la sécurité intérieure (DGSI) a dirigé les investigations et placé les cinq individus en garde à vue le 29 septembre 2026. Côté américain, le Federal Bureau of Investigation a travaillé en coordination avec l'Office of Foreign Assets Control (OFAC) du département du Trésor. Les autorités américaines avaient déjà inscrit trois des suspects sur des listes noires fédérales après avoir identifié un réseau international ayant collecté plus de 2 millions de dollars pour le Hamas. Les responsables ont indiqué que le réseau de financement utilisait des méthodes sophistiquées pour dissimuler les transactions, combinant des comptes caritatifs classiques et des transferts en cryptomonnaie afin de faire passer des capitaux au-delà des dispositifs de conformité bancaire.
Dirigeants associatifs et décisions de détention
Les principales figures du dossier français incluent deux directeurs d'associations et un proche familial. Les enquêteurs ont identifié Faouzi Barika, 35 ans, qui dirige l'association Baraka en Gironde, et son frère Nordine Barika. Le troisième suspect principal est Amel Oualid, 39 ans, qui dirige l'organisation Ensemble C Mieux dans le département de la Loire. Après l'ouverture d'une information judiciaire le 2 octobre 2026, les procureurs du PNAT ont demandé le placement en détention provisoire des deux responsables associatifs. Un juge des libertés et de la détention a rejeté la demande du parquet pour Oualid, la plaçant sous contrôle judiciaire. Nordine Barika et deux autres suspects non nommés ont également été remis en liberté sous contrôle judiciaire, tandis que Faouzi Barika a été incarcéré provisoirement dans l'attente d'un débat contradictoire demandé.
Réactions de la défense et suite de la procédure
Les représentants de la défense des accusés ont fermement nié toute allégation de financement du terrorisme, affirmant que tout l'argent sollicité a été destiné à des initiatives d'aide. L'avocat d'Oualid a déclaré que sa cliente s'engageait strictement dans une assistance humanitaire aux civils de Gaza et n'entretenait aucun lien organisationnel ou financier avec le Hamas. Le représentant légal de Faouzi Barika a soutenu que l'incarcération provisoire était injustifiée compte tenu de la finalité humanitaire de son travail.
Ma cliente a participé à une collecte de fonds à des fins exclusivement humanitaires, une détention serait scandaleuse.
Le juge d'instruction va désormais continuer à rassembler les documents financiers, les journaux de transactions et les témoignages à mesure que l'information judiciaire progresse. D'autres avocats de la défense impliqués dans la procédure ont refusé de commenter les charges alors que l'affaire se dirige vers de nouvelles audiences à Paris.

