
La France confirme la détention de deux réalisateurs de documentaires au Togo dans le cadre d'une enquête judiciaire
Le ministère français des Affaires étrangères a confirmé que deux réalisateurs de documentaires sont détenus au Togo depuis le 27 juillet 2026 et font l'objet d'une enquête devant un juge d'instruction.
Détention et intervention consulaire
Deux journalistes-réalisateurs français travaillant pour une société de production française sont retenus au Togo depuis le 27 juillet 2026, a confirmé le ministère français de l'Europe et des Affaires étrangères le 18 août 2026. Les deux ressortissants font l'objet d'une enquête judiciaire formelle supervisée par un juge d'instruction togolais. Les équipes diplomatiques françaises basées à Paris et l'ambassade à Lomé ont effectué trois visites consulaires auprès des détenus pour évaluer leur état physique et leur accès juridique. Le Bureau de protection des détenus à Paris et le personnel de l'ambassade maintiennent un contact régulier avec l'avocat des cinéastes, leur employeur et leurs familles.
Les services du ministère, à Paris et à Lomé, sont pleinement mobilisés pour garantir leurs conditions de détention, leur état de santé et le respect de leur droit à la défense.
Production documentaire dans le nord du Togo
Les deux réalisateurs ont été arrêtés alors qu'ils tournaient un épisode de la série documentaire télévisée Les Routes de l'Impossible dans le secteur nord du pays. Leurs images devaient être diffusées en France sur les chaînes de télévision publiques gérées par France Télévisions. Le ministère français des Affaires étrangères n'a pas divulgué les accusations formelles portées contre les cinéastes, et les responsables judiciaires à Lomé n'ont pas publié de détails précis concernant l'enquête judiciaire en cours.
Mesures de sécurité à la frontière nord
Le territoire frontalier nord du Togo est confronté à des défis sécuritaires persistants depuis fin 2021, en raison des incursions de groupes armés actifs de l'autre côté de la frontière au Burkina Faso. Ces groupes, affiliés à Al-Qaïda et à l'État islamique, ont à plusieurs reprises ciblé les zones frontalières du Sahel et de l'Afrique de l'Ouest côtière. En réponse à la violence régionale, le gouvernement togolais a déclaré l'état d'urgence dans une région du nord en 2022. Les autorités togolaises ont prolongé le décret à plusieurs reprises, la dernière fois en février 2026, où il a été reconduit pour une durée supplémentaire d'un an.
- Début des incursions djihadistes depuis le Burkina Faso dans le nord du Togo
- Le gouvernement togolais instaure l'état d'urgence dans la région nord
- Suspension de la diffusion locale de RFI et France 24 pour trois mois
- L'état d'urgence dans le nord du Togo est prolongé d'un an
- Visite du ministre français des Affaires étrangères Jean-Noël Barrot au Togo pour demander la levée des interdictions médiatiques
- Arrestation de deux cinéastes français alors qu'ils tournaient un documentaire dans le nord du Togo
- Le ministère français des Affaires étrangères confirme la détention et l'enquête judiciaire en cours
Climat politique et restrictions de la presse
Le Togo est gouverné depuis 2005 par le président Faure Gnassingbé, qui est arrivé au pouvoir après les 38 ans de mandat de son père, Gnassingbé Eyadéma. L'organisation de défense de la liberté de la presse Reporters sans frontières classe le Togo au 97e rang sur 180 pays dans son indice annuel, signalant que, bien que de nombreux médias opèrent, l'indépendance journalistique reste conditionnée par les pressions politiques locales. Les conditions de travail des diffuseurs étrangers ont également fait l'objet de restrictions officielles directes, notamment une interdiction de diffusion de trois mois imposée à Radio France Internationale et France 24 en juin 2025. Les régulateurs togolais avaient accusé les chaînes françaises d'avoir diffusé des remarques inexactes et tendancieuses concernant des manifestations intérieures critiques envers le gouvernement.
Diplomatie bilatérale et suspensions non résolues
Les restrictions de diffusion sur les médias publics français sont restées en vigueur au-delà de la période de suspension initiale de trois mois, selon des informations de l'Agence France-Presse. Le ministre français de l'Europe et des Affaires étrangères Jean-Noël Barrot s'est rendu au Togo en avril 2026, représentant la plus haute délégation officielle française à se rendre dans le pays en dix ans. Barrot a déclaré avoir soulevé les interdictions médiatiques auprès des dirigeants togolais et avoir plaidé pour leur levée immédiate, bien qu'aucun des deux diffuseurs français n'ait repris ses émissions locales. Les autorités consulaires françaises continuent de suivre les procédures judiciaires concernant les deux cinéastes de documentaires détenus.


