
Israël et le Hezbollah concluent un cessez-le-feu fragile, mais les pourparlers de paix américano-iraniens reportés après des frappes meurtrières
Un cessez-le-feu entre Israël et le Hezbollah est entré en vigueur vendredi après-midi, mais des frappes aériennes israéliennes avant et après la trêve ont tué des dizaines de personnes et compromis le mémorandum américano-iranien signé quelques jours plus tôt.
Cessez-le-feu conclu après une nuit meurtrière
Dans la nuit de jeudi à vendredi, des avions de combat et des drones israéliens ont frappé au moins onze localités dans le sud du Liban, tuant 18 personnes confirmées (dont huit d'une même famille, selon les autorités libanaises). Quatre soldats israéliens sont morts lorsque le Hezbollah a touché un char israélien au cours de la même période. Les violences se sont poursuivies vendredi matin, avec des tirs d'artillerie sur Nabatieh et ses environs, faisant au moins cinq morts supplémentaires, selon l'agence de presse officielle NNA. Al‑Jazeera a estimé le bilan total libanais de l'opération israélienne à 47 morts.
- Les États-Unis et l'Iran signent un mémorandum d'entente, conviennent de négociations de 60 jours et d'une fin permanente des opérations militaires.
- Des frappes aériennes israéliennes sur le sud du Liban tuent au moins 18 personnes ; 4 soldats israéliens meurent dans une attaque du Hezbollah contre un char.
- Cessez-le-feu entre Israël et le Hezbollah annoncé, devant entrer en vigueur à 16h00 heure locale, négocié par les États-Unis et le Qatar avec l'aide de l'Iran.
- Le vice-président américain JD Vance reporte les discussions de Burgenstock avec l'Iran ; Vance réprimande le gouvernement israélien pour avoir compromis l'accord.
- Les médias d'État libanais font état de cinq morts supplémentaires dans de nouvelles attaques israéliennes sur la région de Nabatieh malgré la trêve.
Malgré le bain de sang, Israël et le Hezbollah ont annoncé un cessez-le-feu dans l'après-midi. L'accord, négocié par les États-Unis et le Qatar avec l'aide de l'Iran, devait entrer en vigueur à 16h00 heure locale. Une source du Hezbollah a déclaré à Reuters :
Cependant, le correspondant d'Al‑Jazeera a rapporté qu'Israël a mené au moins douze frappes aériennes supplémentaires dans le sud du Liban dans la première heure suivant le début de la trêve :Dès que nous avons entendu parler du cessez-le-feu, nous l'avons appliqué de notre côté.
On n'a pas l'impression que c'est un cessez-le-feu. Au contraire, c'est un sentiment de déjà-vu.
Processus de paix américano-iranien perturbé
Le nouveau cessez-le-feu était une exigence explicite du mémorandum d'entente que les États-Unis et l'Iran ont signé mercredi. Cet accord exige une fin « immédiate et permanente » des opérations militaires sur tous les fronts, y compris le Liban, et donne aux négociateurs 60 jours pour parvenir à un accord définitif sur le programme nucléaire iranien et d'autres questions.
Parce que les frappes nocturnes israéliennes ont violé la condition, l'Iran a annulé les discussions de suivi qui devaient se tenir dans le village de montagne suisse de Burgenstock. Le vice-président américain JD Vance s'était déjà préparé à prendre l'avion ; son personnel et un groupe de presse attendaient à l'aéroport lorsque la Maison-Blanche a annoncé l'annulation du voyage, invoquant une « imprévisibilité logistique ». Vance a utilisé une conférence de presse à Washington pour adresser un reproche inhabituellement direct au gouvernement Netanyahu :
Si j'étais au sein du cabinet du gouvernement israélien, je n'attaquerais peut-être pas le seul allié puissant qu'il me reste dans le monde.
Israël insiste sur une zone tampon
Le Premier ministre Benjamin Netanyahu a précisé que le cessez-le-feu ne signifie pas un retrait.
L'armée israélienne restera dans la zone tampon « aussi longtemps que les besoins sécuritaires d'Israël l'exigeront », a déclaré un responsable au Haaretz. Cette position est en conflit direct avec le texte américano-iranien, qui appelle au respect de la « souveraineté » et de l'« intégrité territoriale » du Liban.Pour ramener la sécurité dans le nord d'Israël, il est nécessaire d'occuper une bande dans le sud du Liban.
Le négociateur en chef iranien, Mohammad Bagher Ghalibaf, a déclaré que la poursuite des discussions dépend des « lignes rouges » de l'Iran, tandis que les hôtes suisses ont confirmé que le site de Burgenstock reste sécurisé et prêt au cas où les délégations viendraient plus tard. Le mémorandum laisse jusqu'à la mi-août pour un accord final, laissant une fenêtre étroite pour la diplomatie.
Répercussions et le détroit d'Ormuz
La détente plus large entre Washington et Téhéran produit déjà des résultats tangibles : le détroit d'Ormuz doit rouvrir sans péage pour le trafic commercial dans les 30 jours, et au moins trois pétroliers saoudiens de brut ont traversé la voie navigable jeudi, a rapporté Reuters. Le président Trump, s'exprimant auprès d'Axios, a souligné son levier :
La question centrale des prochains jours est de savoir si la fragile trêve libanaise peut durer assez longtemps pour maintenir en vie la voie de paix américano-iranienne.C'est nous qui avons les armes.


