
Canal+ s'engage à investir près d'un milliard d'euros dans le cinéma français et européen dans le cadre d'un pacte de cinq ans jusqu'en 2032
L'accord quinquennal, couvrant la période 2028-2032, marque une augmentation par rapport à l'engagement précédent de 480 millions d'euros sur trois ans et préserve la capacité de Canal+ à proposer des films à ses abonnés six mois après leur sortie en salles. L'accord a été annoncé par le PDG Maxime Saada après des mois de négociations et d'acrimonie publique avec l'industrie cinématographique française.
L'accord
Canal+ investira 980 millions d'euros (près de 1,1 milliard de dollars) dans des films français, européens et internationaux de 2028 à 2032 dans le cadre d'un nouvel accord quinquennal avec les organisations cinématographiques françaises. Ce montant représente une augmentation par rapport au précédent pacte triennal, qui prévoyait 480 millions d'euros pour la période 2025-2027, et intègre les obligations d'OCS, l'ancien service de télévision payant concurrent que Canal+ a racheté en 2023. OCS s'était engagé à verser au moins 60 millions d'euros au cinéma français et européen entre 2021 et 2023. Le président-directeur général Maxime Saada a annoncé l'accord sur X lundi 27 juillet, le décrivant comme un renforcement du soutien de quatre décennies du groupe au secteur.
Le cinéma français, le plus dynamique d'Europe et l'une des premières industries cinématographiques mondiales, mérite d'être soutenu, financé et défendu.
Un contexte conflictuel
L'accord a été conclu après des mois de relations tendues entre Canal+ et une partie de la communauté cinématographique française. Au Festival de Cannes en mai, une pétition signée par environ 600 professionnels accusait Vincent Bolloré, le principal actionnaire de Canal+ et milliardaire conservateur, d'étendre son influence sur les médias français et de poursuivre un agenda fasciste. Saada a répliqué lors d'un déjeuner à Cannes, déclarant aux producteurs que Canal+ cesserait de travailler avec les signataires de la pétition. Ses propos ont suscité des accusations de liste noire de la part des représentants de l'industrie. Le 16 mai, il a publiquement confirmé cette position, laissant la brèche ouverte jusqu'à la dernière série de négociations.
Nous sommes le premier partenaire du cinéma français et européen depuis longtemps.
Chronologie des médias et guerres du streaming
Avec ce nouvel investissement, Canal+ conserve la possibilité de mettre les films à disposition de ses abonnés six mois après leur sortie en salles, un avantage clé dans le système de chronologie des médias en France. Cet arrangement lie les engagements financiers des diffuseurs à la rapidité avec laquelle ils peuvent accéder aux nouvelles sorties. Alors que Canal+ consolide sa fenêtre, Netflix et Prime Video contestent ce cadre devant le Conseil d'État, arguant que le délai actuel de 17 mois pour les plateformes de streaming est disproportionné compte tenu de leurs contributions financières. Saada a plaidé pour un délai encore plus court pour le groupe Canal+, notant que Disney+ a obtenu une fenêtre de neuf mois en échange d'un investissement de 35 millions d'euros dans les films de cinéma.
- Une pétition accuse Bolloré d'un agenda fasciste ; Saada dit aux producteurs que le groupe ne financera pas les signataires.
- Saada réaffirme sa décision d'exclure les signataires de la pétition du financement de Canal+.
- Canal+ et les organisations cinématographiques françaises scellent un pacte d'investissement quinquennal de 980 millions d'euros.
- Pacte d'investissement triennal précédent de 480 millions d'euros.
- Le nouveau pacte entre en vigueur ; la fenêtre de sortie de six mois est préservée.
La suite
L'accord quinquennal verrouille Canal+ comme le plus grand bailleur de fonds privé du cinéma français jusqu'en 2032. Il se déroule parallèlement au différend juridique en cours entre les plateformes de streaming et les régulateurs français au sujet de la chronologie des médias, laissant ouverte la possibilité que l'ensemble du système de fenêtres soit remodelé avant la fin du pacte. Pour l'instant, l'accord apaise les retombées publiques immédiates de Cannes, bien qu'aucune organisation représentant les signataires de la pétition n'ait encore commenté l'accord.
- Pacte précédent (2025–2027)
- 160 millions €
- Nouveau pacte (2028–2032)
- 196 millions €


