
Bruxelles interdit les trottinettes électriques partagées à partir de 2027 après une hausse de 26 % des blessures
Le gouvernement régional bruxellois a annoncé que les trottinettes électriques partagées seront interdites dans la capitale belge à partir du 1er janvier 2027, invoquant une hausse de 26 % des blessures, une obstruction persistante des trottoirs et un usage criminel.
Décision annoncée
Le gouvernement régional bruxellois a confirmé jeudi que les trottinettes électriques partagées seront interdites sur son territoire à partir du 1er janvier 2027. Les licences actuelles des deux opérateurs agréés, Bolt et Dott, expirent à la fin de 2026, après quoi les quelque 7 800 véhicules en circulation devront disparaître.
Trop d'accidents, trop de perturbations, trop d'abus, Bruxelles tourne la page des trottinettes en location.
La mesure a été communiquée conjointement par la ministre de la Mobilité, Elke Van den Brandt (Groen), et le ministre-président Boris Dilliès (MR). Le gouvernement a cité les décisions de Paris, Madrid et Prague ces dernières années comme précédents ; Paris est devenue la première capitale européenne à interdire complètement les trottinettes en location en 2023, après un vote organisé par la ville.
Raisons de l'interdiction
Trois justifications principales ont été avancées par les autorités régionales. La première est une forte augmentation des accidents impliquant ces engins. En 2025, 666 personnes ont été blessées à Bruxelles dans des incidents liés aux trottinettes électriques, soit une augmentation de 26 % par rapport à l'année précédente. Au cours du seul premier trimestre 2025, l'institut de sécurité routière Vias a enregistré 127 collisions avec blessés dans la région bruxelloise, représentant près d'un quart du total belge et une hausse de 44 % sur un an. Elke Van den Brandt a noté que le risque de blessure sur une trottinette électrique est environ dix fois plus élevé que sur un vélo et 93 fois plus élevé qu'en voiture, avec une proportion particulièrement élevée de blessures à la tête car les conducteurs sont projetés vers l'avant.
Cette focalisation sur les trottinettes est justifiée par le fait que le risque de blessure est dix fois plus élevé par rapport aux vélos. À Bruxelles, 71 % des cyclistes portent un casque contre 20 % pour les utilisateurs de trottinettes électriques.
La deuxième plainte concerne le fait que des trottinettes mal garées obstruent régulièrement les autres usagers de la route et bloquent les trottoirs. Troisièmement, le gouvernement a condamné l'utilisation des trottinettes en location à des fins criminelles, notamment par des trafiquants de drogue. Le procureur du Roi de Bruxelles, Julien Moinil, a souligné à plusieurs reprises ce phénomène.
Réaction des opérateurs et des syndicats
Bolt et Dott ont dénoncé l'interdiction, qui prend effet à l'expiration de leurs licences. Le syndicat ACV‑CSC a qualifié la décision de « brutale » et a averti qu'elle met en danger 60 emplois chez Dott. Le syndicat a ajouté que la majorité des travailleurs concernés ont un faible niveau de qualification, ce qui rend leur réintégration particulièrement difficile.
La majorité des travailleurs concernés ont un faible niveau de qualification, ce qui rend leur réintégration particulièrement difficile.
Le gouvernement régional a souligné que le service de vélos en libre-service sera maintenu, et aucun changement n'a été annoncé pour les trottinettes électriques privées.
Une tendance européenne croissante
Bruxelles rejoint une liste de grandes villes européennes qui ont restreint les trottinettes électriques en location. Paris a ouvert la voie en 2023 après un référendum municipal, tandis que Madrid et Prague ont ensuite introduit des restrictions similaires. Les autorités bruxelloises ont souligné ces précédents dans leur annonce, présentant l'interdiction comme faisant partie d'une réévaluation plus large de la réglementation de la micromobilité dans les environnements urbains denses.


