
La BRI prévient qu'un krach de l'IA pourrait égaler la perturbation du crédit de 2008, et signale les dangers de la dette record et de l'inflation
La Banque des règlements internationaux (BRI) signale qu'un krach des investissements dans l'IA, une dette publique record et une inflation obstinément élevée constituent des menaces interconnectées qui pourraient mettre à l'épreuve les marchés du crédit et l'économie mondiale, et exhorte les banques centrales à se préparer à agir.
Multiples points de pression
Le rapport économique annuel de la BRI, publié dimanche, identifie quatre risques principaux : une résurgence de l'inflation, la fragilité des investissements dans l'IA, des vulnérabilités financières et une dette souveraine record. L'activité économique reste résiliente, mais le groupe parapluie des banques centrales prévient qu'une politique disciplinée est cruciale.
Les actions politiques doivent se renforcer mutuellement pour éviter des tiraillements sur l'économie mondiale. En fin de compte, le succès repose sur des fondations budgétaires et financières solides.
Exubérance de l'IA et financement circulaire
La BRI établit une comparaison directe entre un krach de l'IA et la crise financière de 2008. Une déception sur les rendements pourrait déclencher un retrait soudain du financement et transformer le boom des investissements en un krach prolongé, avec des répercussions sur les conditions financières. Elle met en avant le « financement circulaire » où les fabricants de puces et les hyperscalers prennent des participations dans des laboratoires d'IA qui s'engagent ensuite à acheter des puces sur plusieurs années, avec des conditions mal divulguées et des actifs peut-être gagés plusieurs fois. Les cinq plus grands hyperscalers devraient investir plus de 1 000 milliards de dollars de 2025 à fin 2026, et la BRI voit des parallèles historiques avec les frénésies des canaux et des chemins de fer et la bulle Internet.
Une correction majeure des marchés actions pourrait avoir aujourd'hui des conséquences macroéconomiques plus importantes que par le passé.
Dette et tensions budgétaires
La dette publique record est un autre point chaud. Frank Smets de la BRI prévient que les obligations souveraines sont désormais de plus en plus détenues par des hedge funds fortement endettés, créant une boucle de rétroaction entre les finances publiques et la stabilité financière. Cela pourrait entraîner des ventes massives d'obligations plus fréquentes et plus brutales, et détériorer rapidement les conditions de financement. De Cos appelle à l'urgence de réduire les niveaux d'endettement dans les grandes économies.
Inflation et chocs d'offre
L'inflation a de nouveau augmenté, et la BRI met en garde que des perturbations de l'offre plus fréquentes pourraient ancrer des anticipations d'inflation plus élevées. De Cos déclare que le souvenir du choc du coût de la vie de 2022 accroît la probabilité d'effets de second tour de la perturbation énergétique actuelle au Moyen-Orient, bien que le cessez-le-feu entre les États-Unis et l'Iran et la réouverture du détroit d'Ormuz soient de bonnes nouvelles qui évitent des scénarios extrêmes, tandis que la normalisation du marché pétrolier prendra du temps.
Vulnérabilités du marché du crédit
Les écarts de crédit des entreprises proches d'un plus bas séculaire et des cours boursiers record ont incité les groupes technologiques à émettre d'énormes quantités de dettes et d'actions. L'introduction en bourse massive de SpaceX à 86 milliards de dollars et une vente d'obligations ultérieure de 25 milliards de dollars ont poussé le responsable des investissements d'Allianz à mettre en garde contre une zone de bulle. La BRI déclare qu'une réévaluation du risque, que ce soit en raison de taux plus élevés ou d'un krach de l'IA, pourrait être aussi perturbatrice pour le crédit qu'en 2008.


