Brexit, 10 ans après : le bilan économique est clair, mais les électeurs du Leave restent inflexibles
Dix ans après le vote du Royaume-Uni pour quitter l'UE, les économistes estiment une perte de PIB de 6 à 8 %, tandis que des communautés, de Boston à Newhaven, en subissent les conséquences.
Dix ans après le vote du Royaume-Uni pour quitter l'Union européenne le 23 juin 2016, l'héritage du Brexit reste profondément contesté. Si certaines entreprises ont prospéré et que les partisans de la souveraineté célèbrent le contrôle retrouvé, les données économiques et les témoignages de régions clés dressent le tableau de promesses non tenues et de divisions persistantes.
Le coût économique
Les économistes s'accordent désormais largement sur le fait que le Brexit a infligé des dommages significatifs à l'économie britannique. Une étude de l'Institute for Economic Policy Research de Stanford, comparant la croissance du Royaume-Uni à celle de pays similaires, conclut que le PIB est inférieur d'environ 8 % à ce qu'il aurait été sans la sortie de l'UE. Une seconde méthode, analysant les entreprises fortement exposées à l'UE, suggère une perte de 6 %.
Il existe un consensus clair sur le fait que le Brexit a causé des dommages significatifs.
Cela se traduit par des recettes fiscales plus faibles et, en moyenne, chaque Britannique est jusqu'à 8 % plus pauvre. Le commerce de biens, en particulier les voitures et les produits agroalimentaires, a été le plus durement touché par les nouvelles formalités administratives et les barrières douanières.
- Comparaison internationale
- 8 %
- Analyse au niveau des entreprises
- 6 %
Témoignages du terrain
À Boston, dans le Lincolnshire, où 75,6 % des électeurs ont voté pour le Leave, l'ambiance est à l'enracinement des opinions. Michael Wood, propriétaire d'un café, ne regrette pas son vote, mais estime que le Brexit n'est « pas allé assez vite ni assez loin » et souhaite des frontières fermées. D'autres, comme le conseiller indépendant Christ Mountain, y voient une perte de confiance dans la politique, car « on a promis des choses aux gens, et ces choses ne se sont jamais produites. »
À Sandwell, dans les West Midlands, près de 70 % des électeurs ont soutenu le Leave en 2016, poussés par un sentiment d'être négligés. Dix ans plus tard, cette clarté s'est estompée. Si certains industriels notent des salaires plus élevés et un plus grand contrôle sur l'immigration, les exportations de biens vers l'UE restent inférieures aux niveaux d'avant le Brexit, même si les exportations de services ont augmenté.
La pêche et le commerce
Pour l'industrie de la pêche, vitrine de la campagne du Leave, la réalité a été amère. Phil Mitchell, pêcheur basé à Newlyn, déclare que la communauté est « probablement plus mal lotie aujourd'hui qu'au début. » Les bateaux européens accèdent toujours aux eaux côtières, les quotas n'ont pas été réalignés, et les nouveaux contrôles à l'exportation ont rendu plus difficile la vente des prises à l'étranger.
L'objectif principal du Brexit était de récupérer nos eaux territoriales pour les bateaux britanniques. Les bateaux étrangers pêchent toujours à l'intérieur de la limite des 12 milles.
Au port de Newhaven, le directeur Dave Collins décrit le processus du Brexit comme « un cauchemar. » Des millions ont été dépensés pour les infrastructures douanières et d'inspection, mais le volume de contrôles anticipé ne s'est jamais matérialisé. Un poste de contrôle de 4,5 millions de livres sterling pourrait devenir redondant l'année prochaine.
Frères en affaires
Dans le Nottinghamshire, deux frères dirigeant des entreprises de transport distinctes restent opposés. Nigel Baxter, électeur du Leave, déclare que son entreprise a prospéré « sans aucun effet négatif » et souhaite davantage de déréglementation. Ian Baxter, électeur du Remain, bien qu'ayant également connu une croissance, se dit frustré : « Si les gens avaient des griefs avant le Brexit, ils en ont le double maintenant. »
Héritage politique et prochaines étapes
Le gouvernement parle désormais de construire une relation plus étroite avec l'Europe. Un sommet Royaume-Uni-UE est prévu le 22 juillet 2026, visant à stimuler les échanges et à réduire la bureaucratie. Mais dans des endroits comme Boston, beaucoup estiment que le projet a été mal géré ou n'a jamais été véritablement achevé.
- Le Royaume-Uni vote pour quitter l'UE lors d'un référendum
- Le Royaume-Uni quitte officiellement l'UE
- Signature de l'accord de commerce et de coopération ; accès des pêcheurs de l'UE jusqu'en 2026
- Achèvement des infrastructures douanières du port de Newhaven
- Le Royaume-Uni renégocie l'accord de pêche, prolongeant l'accès de l'UE pour 12 ans
- Sommet Royaume-Uni-UE à venir pour stimuler les échanges et réduire la bureaucratie
La Grande-Bretagne est désormais en dehors de l'Union européenne. Cela signifie que c'est un pays souverain et que la responsabilité incombe à nos propres politiciens.
Dix ans après, le référendum n'a pas clos le débat. Il a remodelé l'économie britannique, sa politique et son image d'elle-même, laissant un héritage qui s'écrit encore.
