Diplomatie · Boston, Newhaven et Tipton

Dix ans après le vote sur le Brexit, les griefs locaux persistent et un nouveau sondage montre que 55 % des Britanniques souhaitent le rétablissement de la libre circulation

Au dixième anniversaire du référendum britannique sur la sortie de l'UE, des visites dans des villes ayant voté pour le départ et un nouveau sondage révèlent un profond mécontentement quant à l'issue, tandis qu'un ancien vice-Premier ministre déclare que le Royaume-Uni pourrait réintégrer l'UE d'ici 2036.

Texte IA fondé sur les articles de BBC, The Independent et The Guardian. Modifié . Comment il est fait

Pour les membresLes 30 premières secondes en écoute libre. Voix de synthèse (IA).

En bref

Boston, Newhaven, Tipton, Londres · Royaume-Uni

L'ambiance dans les bastions du Leave

Dans toute l'Angleterre, les endroits qui ont voté le plus massivement pour le Brexit attendent toujours le changement qu'on leur avait promis. À Boston, dans le Lincolnshire, où 75,6 % ont opté pour le départ, Michael Wood, propriétaire d'un café, déclare ne pas regretter son vote mais être déçu.

« Je dirais que le Brexit n'est pas allé assez vite ni assez loin. Je veux des frontières fermées. »

Michael Wood, propriétaire d'un café à Boston
Il souligne la pression sur les services locaux : pas de nouveaux hôpitaux, écoles ou médecins généralistes malgré les tensions démographiques anticipées. À Sandwell, près de Birmingham, les centres-villes aux vitrines condamnées restent un écho visuel de l'espoir de 2016 que la sortie de l'UE apporterait plus d'emplois et d'opportunités. Un correspondant de la BBC revenu à Princes End note que, pour beaucoup, le vote n'a jamais porté sur l'Europe elle-même mais sur l'équité et le sentiment d'être oubliés.

Ports, poisson et paperasse

Pour le port de Newhaven, sur la côte sud, le Brexit a signifié une course pour construire des infrastructures douanières coûtant des millions en quelques années, pour voir les financements publics réduits par la suite. Dave Collins, le directeur, se souvient de la pression.

« Traverser le Brexit a été un cauchemar, mais nous y sommes parvenus. C'était réduit à l'essentiel. »

Dave Collins, directeur du port de Newhaven dans le Sussex de l'Est
Les nouveaux points de contrôle étaient prêts en 2023, mais des retards ont fait qu'ils sont restés inutilisés pendant encore un an. Dans le Devon et les Cornouailles, l'industrie de la pêche, autrefois porte-étendard de la campagne du Leave, continue de se sentir trahie. Bien que le Royaume-Uni contrôle désormais ses propres eaux, les bateaux de l'UE ont toujours accès aux zones côtières, un arrangement prolongé l'année dernière pour 12 années supplémentaires, au désarroi des producteurs locaux.

Ce que pense le public aujourd'hui

Un nouveau sondage de Merlin Strategy pour The Independent, mené entre le 18 et le 21 juin, capture l'évolution de l'opinion une décennie plus tard. Il révèle que 62 % des personnes pensent que l'immigration a empiré depuis le Brexit, tandis que seulement 8 % estiment qu'elle s'est améliorée. Les migrations nettes ont dépassé les 2,5 millions entre 2021 et 2024, en partie en raison de programmes humanitaires et de pénuries de main-d'œuvre. Parallèlement, 55 % souhaitent un retour à la libre circulation, contre seulement 16 % qui y sont opposés. Le sondage montre également que 40 % des électeurs seraient plus enclins à soutenir un parti promettant de réintégrer l'UE lors des prochaines élections, contre 24 % qui seraient moins enclins. Parmi les électeurs travaillistes, l'écart se creuse : 58 % pour, contre 8 % contre.

« Les gens ressentent de plus en plus les effets du Brexit sur leur portefeuille, leurs emplois et leurs opportunités. »

Neil Kinnock, ancien chef du Parti travailliste

Opinion publique britannique sur les principaux enjeux du Brexit%
Pensent que l'immigration a empiré
62 %
Souhaitent un retour à la libre circulation
55 %
Plus susceptibles de voter pour un parti promettant de réintégrer l'UE
40 %
Opposés au retour à la libre circulation
16 %
Pensent que l'immigration s'est améliorée
8 %

Données tirées du texte de l’article

Un chemin de retour ?

S'exprimant sur Sky News, l'ancien vice-Premier ministre Nick Clegg a prédit que le Royaume-Uni aurait soit réintégré l'UE, soit serait bien engagé dans cette voie d'ici 2036. Il a décrit le Brexit comme une tentative « de nier la géographie » et a déclaré que les intérêts sécuritaires et commerciaux du Royaume-Uni le lieraient toujours au continent.

« Je pense que d'une manière ou d'une autre, nos intérêts resteront toujours étroitement liés à ceux de nos plus proches voisins géographiques. »

Nick Clegg, ancien vice-Premier ministre britannique et chef des libéraux-démocrates
Clegg a également lié la future relation du Royaume-Uni avec l'UE aux négociations d'adhésion de l'Ukraine, arguant qu'il serait impensable que Kyiv siège à la table de l'Europe sans Londres. Le gouvernement, de son côté, déclare se concentrer sur une relation plus étroite et tournée vers l'avenir, et évoque un prochain sommet Royaume-Uni-UE le 22 juillet.

La capitale divisée de Londres

Même dans le Londres majoritairement Remain, où 59,9 % ont soutenu le maintien dans l'UE, l'anniversaire met en lumière une fracture durable. Cinq des 33 arrondissements de la capitale ont voté Leave, avec le contraste le plus marqué entre Lambeth (le plus Remain) et Havering (le plus Leave). En reportage dans les deux arrondissements, la BBC constate qu'une décennie n'a pas effacé les différences dans la façon dont les Londoniens perçoivent la décision.

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Sources et contexte

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