
Le Brésil met en garde contre un risque de force militaire américaine après que Washington a désigné deux groupes criminels comme organisations terroristes
Le ministre des Affaires étrangères Mauro Vieira a déclaré au Parlement que la décision unilatérale des États-Unis pourrait justifier des actions extraterritoriales et une frappe militaire sur le sol brésilien.
La désignation
En mai 2026, les États-Unis ont classé deux factions criminelles brésiliennes, le Premier Commandement de la Capitale (PCC) et le Commando Vermelho (CV), comme organisations terroristes étrangères. Washington a fait valoir que ces groupes dirigent des réseaux illicites qui s'étendent bien au-delà des frontières du Brésil, citant le trafic de drogue et d'autres sources de revenus illégales dans les quartiers pauvres du pays. Le président Luiz Inácio Lula da Silva s'est opposé à cette désignation dès le début.
L'avertissement du Brésil
Le ministre des Affaires étrangères Mauro Vieira a exposé l'inquiétude du gouvernement dans une lettre adressée au Congrès datée du 2 juillet, obtenue par l'AFP et publiée les 6 et 7 juillet. Il a écrit que la classification unilatérale pourrait être invoquée pour justifier des actions extraterritoriales contre des institutions brésiliennes, notamment en matière financière, migratoire et pénale.
Cette classification unilatérale pourrait être invoquée pour justifier des actions extraterritoriales contre des institutions brésiliennes.
Vieira a ajouté qu'aucune communication formelle n'avait été reçue des États-Unis concernant l'intention de désigner ces groupes, et que la mesure présentait des risques concrets pour la souveraineté brésilienne. Il a averti que la désignation pourrait permettre aux autorités américaines d'appliquer des mesures administratives et judiciaires contre des personnes, entreprises ou organisations brésiliennes, même sans lien direct avec les États-Unis ou avec un lien seulement indirect ou involontaire avec les groupes désignés.
Il existe un risque que les États-Unis utilisent la force militaire contre le territoire national.
Un schéma de frappes extraterritoriales
Depuis son retour à la Maison-Blanche en 2025, Donald Trump a désigné plusieurs groupes criminels étrangers comme organisations terroristes, dont le cartel de Sinaloa au Mexique et le Tren de Aragua au Venezuela. Washington a lancé des attaques meurtrières contre le Tren de Aragua à l'intérieur du Venezuela et a mené des frappes létales contre des navires identifiés comme appartenant à des trafiquants de drogue dans les Caraïbes et le Pacifique, sans fournir de preuves, selon les rapports.
Les tensions commerciales ajoutent aux frictions
Les deux pays sont également en désaccord sur les droits de douane. L'administration Trump doit décider d'ici le 15 juillet d'imposer des droits de 25 % sur une gamme de produits brésiliens, à la suite d'une enquête sur des pratiques commerciales présumées déloyales. Le gouvernement brésilien rejette ces accusations.
- Les États-Unis désignent le PCC et le Commando Vermelho comme organisations terroristes étrangères.
- Le ministre des Affaires étrangères Mauro Vieira envoie une lettre au Congrès mettant en garde contre les risques.
- Le contenu de la lettre est rendu public par les médias brésiliens et l'AFP.
- Date limite pour la décision américaine sur les droits de douane de 25 % sur les produits brésiliens.
Division politique intérieure
L'opposition de droite brésilienne a salué la décision de Washington, accusant le gouvernement Lula de négligence alors que le pays se dirige vers une élection présidentielle prévue en octobre. La querelle diplomatique se déroule dans un contexte de sensibilité politique accrue à Brasília.


