La Cour suprême espagnole condamne l'ex-ministre Ábalos à 24 ans de prison dans l'affaire de corruption sur les masques pendant la pandémie, un verdict qualifié d'historique
La Cour suprême espagnole a condamné l'ancien ministre des Transports José Luis Ábalos à 24 ans et trois mois de prison pour corruption dans l'achat de masques pendant la pandémie de covid-19, un verdict que les commentateurs ont décrit comme l'un des plus sévères jamais prononcés contre un membre du gouvernement espagnol.
Le verdict
La chambre criminelle de la Cour suprême a reconnu Ábalos, autrefois la deuxième figure la plus puissante du Parti socialiste au pouvoir, coupable d'organisation criminelle, de corruption, de détournement de fonds et de trafic d'influence. Son ancien conseiller Koldo García a été condamné à 19 ans et huit mois, et l'homme d'affaires Víctor de Aldama, identifié par les enquêteurs comme le chef du réseau, a écopé de quatre ans et demi.
- José Luis Ábalos
- 24.25 ans
- Koldo García
- 19.67 ans
- Víctor de Aldama
- 4.5 ans
La cour a estimé qu'Ábalos et García ont utilisé leur « ascendance normative, fonctionnelle et matérielle hiérarchique » pour orienter des contrats d'une valeur de 13 millions d'euros pour des fournitures de masques vers des entreprises liées à Aldama, qui a personnellement gagné plus de six millions d'euros grâce à ces marchés. Ábalos a exigé 2,5 millions d'euros et Koldo un demi-million supplémentaire en retour, selon le verdict.
Répercussions politiques
Le Premier ministre Pedro Sánchez a évité toute mention de la sentence lors d'un discours matinal sur les fonds de relance de l'UE, se concentrant plutôt sur les réalisations économiques et appelant les partis d'opposition à soutenir les prochains décrets gouvernementaux. Le chef de l'opposition Alberto Núñez Feijóo a annoncé qu'il s'adresserait aux médias à 13h30 depuis le siège de son parti.
Nous sommes confrontés à l'une des peines les plus sévères jamais infligées à un membre d'un gouvernement espagnol. C'est une sentence qui marque l'histoire en Espagne et une journée très difficile pour le parti au pouvoir, dont le numéro deux a été condamné à 24 ans de prison.
Segovia, rédacteur en chef adjoint d'El Mundo, a souligné le caractère particulièrement honteux de profiter de contrats de masques pendant la pandémie.
La remise pour collaboration
La cour a suspendu la peine de prison d'Aldama en vertu de l'article 82 du code pénal, citant ses aveux, la fourniture de documents et un pronostic favorable de non-récidive, malgré le fait qu'il ait diffusé de fausses allégations dans les médias pendant la procédure. Il doit néanmoins payer 431 000 euros de compensation solidaire avec Ábalos et García.
On ne comprend pas comment il est possible que les personnes qui ont pris un appartement payé pour la petite amie écopent de 24 ans de prison et que celui qui a pris 3,7 millions d'euros de commissions s'en sorte libre.
Le directeur d'elDiario.es a contrasté ce traitement avec l'affaire Gürtel, où le lanceur d'alerte à l'origine de l'enquête a été emprisonné et où le cerveau n'a jamais bénéficié d'une clémence comparable.
Impact judiciaire et institutionnel
Les trois magistrats ont rendu leur décision à l'unanimité, renforçant la sentence face à d'éventuels appels. Le procureur Alejandro Luzón a vu toutes ses principales demandes acceptées, y compris une circonstance atténuante qualifiée pour Aldama que la procureure générale Teresa Peramato avait tenté de bloquer. L'éditorial d'ABC a qualifié le verdict de jalon historique pour mesurer la corruption commise sous le couvert du pouvoir politique, notant qu'il envoie un message clair aux accusés dans les nombreuses affaires en cours liées au gouvernement et au Parti socialiste.


