
Deutsche Bahn exige que ZDF retire le documentaire sur Hayali après deux corrections factuelles, invoquant un portrait biaisé
La compagnie ferroviaire publique a intensifié un conflit juridique autour du film « Am Puls mit Dunja Hayali », arguant que même après les corrections, le reportage reste partial et omet des milliards d'investissements dans la numérisation.
Un documentaire du diffuseur public allemand ZDF a dégénéré en un bras de fer juridique après que Deutsche Bahn est passée au-delà de deux corrections factuelles pour exiger le retrait complet du film de la bibliothèque en ligne du diffuseur.
Deux corrections effectuées sous pression juridique
Les avocats de la compagnie ferroviaire ont envoyé une lettre d'avertissement le jour de la diffusion télévisée, ciblant deux affirmations spécifiques. L'une était un graphique indiquant que l'Allemagne n'avait aucun poste d'aiguillage numérique ; la Bahn affirme que trois sont désormais pleinement opérationnels et que d'autres utilisent des composants numériques partiels. La seconde était une comparaison de ponctualité avec la Belgique. Le documentaire original comparait les chiffres du trafic grandes lignes allemand avec les chiffres globaux des passagers belges, un mélange que la compagnie a qualifié de trompeur. ZDF a révisé les deux passages dans sa médiathèque. Le nombre de postes d'aiguillage numériques a été modifié de zéro à trois, et la comparaison belge a été ajustée pour préciser qu'elle couvrait l'ensemble du trafic passagers, et non seulement les services grandes lignes. ZDF a également émis une déclaration de cessation et d'abstention sur un point, explicitement « sans reconnaissance d'une obligation légale » et en guise de geste d'accommodement.
La version actuellement disponible ne présente aucune lacune substantielle.
Pourquoi la compagnie ferroviaire estime que le film est toujours injuste
Deutsche Bahn reconnaît les deux modifications mais insiste sur le fait qu'elles ne corrigent pas une distorsion plus profonde. L'entreprise argue que le documentaire omet systématiquement des faits qui auraient équilibré son portrait. Elle cite des investissements de plusieurs milliards d'euros dans la numérisation du réseau ferroviaire, les conséquences tirées après l'accident ferroviaire de Burgrain et les progrès dans la technologie moderne des postes d'aiguillage comme exemples d'éléments laissés de côté. Le résultat, selon Bahn, n'est pas un documentaire équitable mais une représentation qui ne met en évidence que les déficits.
Selon la jurisprudence actuelle de la Cour fédérale de justice, un reportage incomplet peut également être illégal si des faits essentiels ont été omis et qu'il en résulte une image déformée de la réalité.
La compagnie ajoute que la ligne Riedbahn entre Francfort et Mannheim a subi une rénovation générale complète après laquelle les perturbations ont nettement diminué. Sur la route Hambourg–Berlin, que Hayali examine dans le film, 165 kilomètres de voies et 678 signaux ont été entièrement renouvelés et préparés pour le système de contrôle numérique des trains ETCS, a déclaré Bahn dans une communication antérieure.
ZDF résiste
Le diffuseur rejette les critiques. Un porte-parole de ZDF a déclaré que le documentaire avait été soigneusement préparé sur le plan journalistique, ne présentait aucune lacune substantielle et qu'il n'y avait aucune raison de procéder à d'autres modifications. ZDF a indiqué à plusieurs médias qu'il ne retirerait pas le film de la plateforme. La déclaration de cessation et d'abstention émise par le diffuseur a été présentée comme une mesure de bonne volonté, et non comme une concession sur le fond.
- Deutsche Bahn envoie une lettre d'avertissement d'avocat à ZDF concernant deux erreurs factuelles dans le documentaire sur Hayali.
- ZDF corrige l'affirmation sur les postes d'aiguillage numériques de zéro à trois et ajuste la comparaison de ponctualité belge dans la médiathèque.
- ZDF émet une déclaration de cessation et d'abstention sur un point, explicitement sans reconnaissance d'obligation légale.
- Deutsche Bahn exige que le documentaire soit retiré de la publication, invoquant un portrait incomplet et partial et la jurisprudence récente du BGH.
- ZDF refuse de retirer le film de la plateforme, déclare que la version corrigée ne présente aucune lacune substantielle.
Un débat plus large sur la radiodiffusion publique et le pouvoir des entreprises
Le conflit a déclenché une vive discussion publique sur la question de savoir si une entreprise publique peut faire pression sur un diffuseur public pour qu'il retire un journalisme critique. Les commentaires de lecteurs compilés par Focus montrent deux camps : l'un soutient qu'un reportage biaisé avec des erreurs factuelles exige des conséquences pour le présentateur et l'équipe éditoriale ; l'autre défend la liberté de la presse et met en garde contre un ZDF cédant à la pression des entreprises. Des voix ironiques notent que tant la compagnie ferroviaire que la radiodiffusion publique sont confrontées à leurs propres problèmes structurels profonds.
Juridiquement, l'affaire porte sur la mesure dans laquelle une présentation incomplète peut violer les normes journalistiques. Deutsche Bahn invoque une récente décision de la Cour fédérale de justice qui considère l'omission de faits essentiels comme potentiellement illégale. ZDF n'a pas abordé publiquement cet argument en détail, s'en tenant plutôt à la position selon laquelle la version corrigée répond à toutes les exigences. Le film reste disponible au 1er août 2026.


