
L'Ukraine frappe un terminal pétrolier à Saint-Pétersbourg et un port balte lors d'une attaque de drones de grande ampleur, les pénuries de carburant s'étendent en Russie
Des drones ukrainiens ont frappé un terminal pétrolier à Saint-Pétersbourg et le port balte de Vyssotsk dans la nuit, ont indiqué des responsables russes, alors que la campagne de Kiev contre les infrastructures énergétiques russes aggrave les pénuries de carburant dans tout le pays.
Frappes nocturnes
Des drones ukrainiens ont frappé un terminal pétrolier à Saint-Pétersbourg et le port balte de Vyssotsk aux premières heures de samedi, ont indiqué des responsables russes. Des explosions ont été entendues vers 06h30 heure locale, et des vidéos diffusées sur les réseaux sociaux montraient des colonnes de fumée noire et des flammes s'élevant de la zone portuaire. Le gouverneur de Saint-Pétersbourg, Alexandre Beglov, a qualifié l'opération d'attaque de drones « de grande ampleur » contre la ville de six millions d'habitants, mais a précisé qu'il n'y avait pas eu de victimes. Le terminal pétrolier est l'une des plus grandes installations de stockage et d'exportation de carburant de Russie, traitant le pétrole, les céréales, le charbon et le gaz naturel liquéfié.
La ville a été la cible d'une attaque de drones de grande ampleur.
Réponse de la défense aérienne
Le gouverneur de la région de Léningrad, Alexandre Drozdenko, a indiqué que des drones avaient également frappé le port de Vyssotsk, à environ 170 km au nord-ouest de Saint-Pétersbourg sur le golfe de Finlande. Il a rapporté que les systèmes de défense aérienne avaient intercepté et détruit 72 drones dans toute la région. Au sud de Saint-Pétersbourg, le gouverneur de la région de Pskov a déclaré que plus de 30 drones avaient été abattus dans la nuit, des dégâts et des blessés étant signalés dans une usine de la ville de Velikié Louki.
72 drones ont été abattus dans l'ensemble de la région de Léningrad.
Infrastructures énergétiques sous pression
Cette attaque est la dernière en date d'une campagne ukrainienne soutenue contre les infrastructures énergétiques russes, qui s'est accélérée depuis mars. Plus de 50 frappes contre des raffineries de pétrole et d'autres installations ont été signalées, selon des analystes. Chris Weafer, PDG du cabinet de conseil Macro-Advisory, estime qu'un tiers de la capacité de raffinage de la Russie a été mis à l'arrêt. Les dégâts sont durables et coûteux à réparer. Une grande raffinerie de Moscou a été touchée à deux reprises, la seconde frappe le 18 juin provoquant un incendie qui a endommagé des équipements essentiels ; les réparations devraient durer jusqu'à la fin de l'année.
On estime qu'un tiers de la capacité de raffinage de la Russie a été mis à l'arrêt.
Les effets se font sentir. À Novorossiisk, le plus grand port russe de la mer Noire, l'essence a complètement disparu des stations-service, seules quelques-unes des 33 stations de la ville vendant encore du carburant. La Crimée, occupée depuis 2014, a déclaré l'état d'urgence le 26 juin en raison de coupures d'électricité, de pénuries alimentaires et d'un rationnement du carburant incluant l'interdiction de vente d'essence aux civils.
- L'Ukraine lance une campagne de drones intensifiée contre les infrastructures énergétiques russes, plus de 50 frappes signalées depuis début mars.
- Une seconde frappe de drone touche une grande raffinerie de pétrole de Moscou, provoquant un incendie et des dégâts importants.
- La Crimée déclare l'état d'urgence en raison de coupures d'électricité, de pénuries alimentaires et d'un rationnement du carburant.
- Poutine reconnaît « une certaine pénurie » de carburant dans un discours devant le parti Russie unie.
- La Russie lance une attaque massive de missiles et de drones sur Kiev, tuant au moins 30 personnes.
- Des drones ukrainiens frappent le terminal pétrolier de Saint-Pétersbourg et le port de Vyssotsk ; 72 drones interceptés.
Poutine reconnaît les pénuries
Le président Vladimir Poutine a reconnu « une certaine pénurie » de carburant dans un discours prononcé devant le parti Russie unie le 28 juin, mais a qualifié les attaques de tentative de l'Ukraine de détourner l'attention des pertes sur le champ de bataille. Il a décrit la situation comme « non critique » et a rejeté les propositions de cessez-le-feu, insistant sur le fait que la guerre se poursuivrait jusqu'à ce que ses objectifs soient atteints. Les analystes estiment que la crise du carburant est plus grave que ce que le Kremlin admet, toutes les régions russes signalant désormais des pénuries et des retards en cascade dans les livraisons de nourriture et de biens.
Les attaques contre nos infrastructures créent des problèmes.
Représailles
La Russie a répondu par un bombardement nocturne intense sur Kiev le 1er juillet, utilisant des drones, des missiles de croisière et des missiles balistiques. Au moins 30 personnes ont été tuées dans ce qui est l'une des attaques les plus meurtrières contre la capitale ukrainienne depuis le début de l'invasion à grande échelle. Cet échange de frappes souligne la dynamique croissante de représailles, les deux camps ciblant les infrastructures économiques et civiles de l'autre, loin des lignes de front.


