
Gabriel Attal dépose plainte pour ingérence russe visant la campagne présidentielle française
Gabriel Attal, candidat à l'élection présidentielle française de 2027, a déposé une plainte pénale à Paris vendredi soir pour ingérence étrangère de réseaux russes, incluant des deepfakes et des contenus médiatiques falsifiés visant sa campagne.
Attal dépose plainte pour ingérence russe
Gabriel Attal, candidat à l'élection présidentielle française de 2027 et chef du parti Renaissance, a déposé une plainte pénale à Paris vendredi soir pour « ingérence étrangère » provenant de « réseaux russes », ont annoncé ses avocats Sacha Ghozlan et Lucas Veil dans un communiqué à l'AFP samedi 8 août. La plainte, dont l'AFP a eu connaissance, dénonce « des actes d'ingérence étrangère, de manipulation de l'information, de fabrication de faux contenus, de nature à porter atteinte aux intérêts fondamentaux de la nation et à la sincérité de la prochaine élection présidentielle ». Attal, ancien Premier ministre, est également secrétaire général du parti centriste Renaissance.
Chronologie des alertes
La séquence a débuté par un premier signalement mercredi pour « ingérence numérique extérieure » en provenance de Russie. Les services de l'État ont ensuite informé Attal vendredi d'une « nouvelle opération d'ingérence » survenue jeudi, toujours de réseaux russes. L'alerte est passée par le SGDSN (Secrétariat général de la défense et de la sécurité nationale), plus précisément via le service Viginum, chargé de la vigilance et de la protection contre les ingérences numériques étrangères. La plainte a été déposée à Paris vendredi soir.
- Premier signalement déposé pour ingérence numérique extérieure en provenance de Russie
- Nouvelle opération d'ingérence de réseaux russes détectée
- Attal prévient sur RTL que l'élection peut être truquée
- Plainte déposée à Paris
- Les avocats Ghozlan et Veil annoncent la plainte à l'AFP
Contenus falsifiés et usurpation d'identité
Les avocats d'Attal ont catalogué une série de matériaux falsifiés circulant sur les réseaux sociaux et les plateformes, notamment des deepfakes, de faux reportages vidéo et de fausses unes de journaux. Plusieurs comptes X, certains usurpant l'identité de médias français et internationaux, ont diffusé de faux rapports et des contenus imitant les logos et les normes graphiques des médias. Ceux-ci attribuaient à Attal et à ses proches « des déclarations mensongères et fausses, des actions et des positions publiques destinées à le discréditer en tant que candidat ». Certains contenus cherchaient également à semer la confusion sur l'origine des deepfakes, dirigeant les soupçons vers Attal pour suggérer qu'il avait « lui-même orchestré la désinformation le visant ». Parmi les allégations fabriquées, Attal a été présenté comme souffrant potentiellement de la maladie de Parkinson. Les avocats ont déclaré que leur client avait été alerté par le SGDSN, et plus particulièrement par le service Viginum, « de l'existence de campagnes de désinformation le visant ».
Avertissement public d'Attal
Jeudi, Attal s'est exprimé sur RTL au sujet de la menace, exprimant son inquiétude quant à l'intégrité du scrutin à venir.
Si nous ne faisons rien pour nous protéger, l'élection peut être truquée.
Il a accusé la Russie de vouloir « voler » l'élection aux Français.
Plusieurs candidats ciblés en quelques jours
Les opérations contre Attal s'inscrivent dans une série plus large d'efforts de déstabilisation attribués à des réseaux prorusses qui ont ciblé trois candidats déclarés ou potentiels en l'espace de quelques jours, à huit mois du premier tour de l'élection présidentielle. Edouard Philippe (Horizons) a été sali sur sa santé. Raphael Glucksmann (Place Publique), député européen de gauche, a été ciblé via sa compagne, la journaliste Lea Salame, accusée d'avoir soudoyé des médias pour favoriser la candidature de son mari. Une enquête judiciaire a été ouverte concernant l'affaire Glucksmann.
Selon une source sécuritaire, les opérations de déstabilisation révélées ces derniers jours sont restées peu visibles. Elles sont néanmoins les premières à cibler directement des candidats à la présidentielle depuis le début de la campagne.


