
Un tribunal d'Athènes condamne l'ex-eurodéputée de Nouvelle Démocratie Anna-Michel Asimakopoulou pour la fuite d'emails des électeurs de la diaspora
Un tribunal correctionnel d'Athènes a prononcé des peines d'emprisonnement avec sursis contre quatre prévenus, dont l'ancienne députée européenne Anna-Michel Asimakopoulou, pour la fuite des données personnelles des électeurs grecs de l'étranger avant les élections européennes de 2024.
Verdict et peines
Le tribunal correctionnel d'Athènes a reconnu les quatre prévenus coupables le 22 juin 2026 dans l'affaire concernant la fuite des adresses email des Grecs de la diaspora peu avant les élections européennes de 2024. Anna-Michel Asimakopoulou, ancienne eurodéputée de Nouvelle Démocratie, a écopé d'une peine de 20 mois de prison, assortie d'un sursis de trois ans. Michalis Stavrianoudakis, ancien secrétaire général du ministère de l'Intérieur, a été condamné à 18 mois, également avec sursis. Deux anciens responsables du parti, Nikos Theodoropoulos et Menios Koromilas, ont écopé respectivement de 8 et 12 mois, tous deux avec sursis de trois ans. Le tribunal a reconnu la circonstance atténuante d'une vie antérieure sans reproche pour les quatre.
- Anna-Michel Asimakopoulou
- 20 mois
- Michalis Stavrianoudakis
- 18 mois
- Menios Koromilas
- 12 mois
- Nikos Theodoropoulos
- 8 mois
Charges et division du tribunal
Asimakopoulou a été reconnue coupable des deux chefs d'accusation : violation du secret professionnel et infraction à la loi sur la protection des données personnelles. Le verdict de culpabilité pour la violation du secret a été rendu à la majorité (2-1), la présidente du tribunal étant en désaccord, tandis que la condamnation pour protection des données a été unanime. Stavrianoudakis a également été reconnu coupable des deux chefs, mais les deux décisions ont été prises à la majorité, la présidente estimant qu'il devait être acquitté. Theodoropoulos et Koromilas ont été acquittés de l'accusation de violation du secret mais reconnus coupables de l'infraction à la protection des données ; le premier à la majorité et le second à l'unanimité.
Stavrianoudakis et Asimakopoulou doivent être reconnus coupables des deux actes qui leur sont reprochés, car ils savaient parfaitement ce qu'ils faisaient.
Le procureur avait soutenu qu'Asimakopoulou, forte de son expérience des listes électorales, connaissait les règles de protection des données et a noté que le fichier divulgué contenait plus de 25 000 électeurs, alors que la liste de la diaspora de Nouvelle Démocratie ne comptait que 1 140 inscrits. Elle a qualifié les deux autres prévenus de « facteurs » du fichier, sans intention de nuire.
Contexte de la fuite
L'affaire remonte à la période précédant les élections européennes de juin 2024, lorsque des Grecs de la diaspora ont reçu des courriels de campagne non sollicités du bureau politique d'Asimakopoulou. Le fichier contenant leurs adresses serait originaire de Stavrianoudakis au ministère de l'Intérieur. Deux des trois plaignants, résidant à l'étranger, étaient présents dans la salle d'audience.
Amendes administratives
Par ailleurs, le Conseil d'État a confirmé les amendes administratives infligées par l'Autorité de protection des données : 40 000 euros pour Asimakopoulou et 10 000 euros chacun pour Theodoropoulos et Koromilas. Le tribunal a accepté un recours de Nouvelle Démocratie, annulant l'amende contre le parti. L'Autorité de protection des données avait également infligé une amende de 400 000 euros au ministère de l'Intérieur pour cette violation.


