
Un Soudanais inculpé pour tentative de meurtre après une attaque au couteau à Belfast ; l'extrême droite appelle à des manifestations au Royaume-Uni
Un Soudanais de 30 ans a été inculpé pour tentative de meurtre après une violente attaque au couteau dans le nord de Belfast, tandis que des figures de l'extrême droite, dont Tommy Robinson et Elon Musk, amplifient les appels à des manifestations anti-immigration dans tout le Royaume-Uni.
L'attaque
Un Soudanais de 30 ans a été arrêté et inculpé pour tentative de meurtre après une attaque au couteau survenue à Kinnaird Avenue, dans le nord de Belfast, lundi soir vers 22h30 (heure locale). La victime, un homme d'une quarantaine d'années, reste hospitalisée avec des blessures graves aux yeux, au visage, au cou et au dos. La Police Service d'Irlande du Nord (PSNI) a indiqué que le suspect avait utilisé un couteau de cuisine, retrouvé sur les lieux.
Une vidéo de l'attaque, largement diffusée sur les réseaux sociaux, montre un homme à califourchon sur la victime, lui tailladant la tête et le cou. Plusieurs passants sont intervenus, dont l'un armé d'un bâton de hurling, et ont maîtrisé l'agresseur jusqu'à l'arrivée de la police. Le chef de la PSNI, Jon Boutcher, a déclaré que leurs actions avaient probablement sauvé la vie de la victime.
Je comprends que l'incident d'hier soir va laisser les gens furieux, avec des émotions allant de la peur à la colère, mais s'il vous plaît, laissez la PSNI faire son travail, sans entrave et sans être distraite par des préoccupations plus larges concernant d'éventuels désordres.
Le suspect
La police a d'abord décrit le suspect comme somalien, avant de rectifier en soudanais. Il est entré en Irlande du Nord via la frontière irlandaise en février 2023, après avoir volé de Paris à Dublin. Il a demandé l'asile à son arrivée et a obtenu le droit de séjourner au Royaume-Uni jusqu'en 2028. Le Home Office a confirmé qu'il avait le statut de réfugié et un permis de séjour de cinq ans. La PSNI a indiqué qu'il vivait dans le quartier où l'attaque a eu lieu et qu'il n'était pas connu des services de police.
Les enquêteurs ont déclaré qu'aucun élément ne suggère un motif terroriste. Le suspect est accusé de trois chefs : tentative de meurtre, possession d'un objet tranchant ou pointu dans un lieu public, et menaces de mort. Il doit comparaître devant le tribunal de première instance de Belfast mercredi.
Réaction politique
Le Premier ministre, Sir Keir Starmer, a qualifié l'attaque d'« horrible » et d'« écœurante », appelant au calme. Le secrétaire d'État pour l'Irlande du Nord, Hilary Benn, a remercié les passants qui sont intervenus. Les dirigeants des cinq principaux partis politiques d'Irlande du Nord ont publié une déclaration conjointe affirmant qu'« il n'y a pas de place dans notre société pour ce genre de brutalité ».
Je n'ai aucune tolérance pour les scènes de violence abjectes comme celle-ci dans nos rues.
La Première ministre, Michelle O'Neill, la vice-Première ministre, Emma Little-Pengelly, et la ministre de la Justice, Naomi Long, sont apparues aux côtés du chef de la police Boutcher lors d'une conférence de presse à Stormont mardi après-midi, appelant au calme.
Manifestations et désordres
L'activiste d'extrême droite Tommy Robinson et le milliardaire de la tech Elon Musk ont amplifié les appels à manifester dans la rue en réponse à l'incident. Mardi soir, des manifestations anti-immigration ont commencé en Irlande du Nord. Dans l'est de Belfast, des hommes masqués ont incendié des bennes à ordures commerciales et les ont poussées contre un bus Glider sur la Newtownards Road. Plusieurs routes ont été bloquées par des groupes de manifestants masqués.
Le commissaire adjoint de la PSNI, Ryan Henderson, a déclaré que la police renforcerait sa présence dans les rues « ce soir et dans les jours à venir ». Il a indiqué que les agents faciliteraient les manifestations pacifiques, mais a mis en garde contre le type de désordres observés en juin 2025, lorsque plus d'une semaine d'émeutes avait suivi l'inculpation de deux adolescents roumains pour le viol d'une écolière (charges ensuite abandonnées).
- Attaque au couteau sur Kinnaird Avenue, nord de Belfast ; des passants interviennent et maîtrisent le suspect.
- La PSNI confirme que le suspect est soudanais et non somalien comme initialement indiqué ; le Home Office confirme le statut de réfugié et le droit de séjour jusqu'en 2028.
- Conférence de presse à Stormont : le chef de la police Boutcher, la Première ministre O'Neill, la vice-Première ministre Little-Pengelly et la ministre de la Justice Long appellent au calme.
- Les manifestations anti-immigration commencent en Irlande du Nord ; des manifestants masqués mettent le feu à un bus sur Newtownards Road, dans l'est de Belfast.
- Le suspect doit comparaître devant le tribunal de première instance de Belfast.
Contexte plus large
L'attaque de Belfast survient quelques jours après des échauffourées violentes à Southampton, dans le sud de l'Angleterre, liées à la gestion policière du meurtre d'une jeune étudiante blanche poignardée à mort par un Britannique sikh. La PSNI a classé l'incident de Belfast comme un « incident critique », une procédure réservée aux événements d'une gravité et d'un impact particuliers sur la sécurité publique.


