
Les anciens présidents du gouvernement espagnol Rajoy et González pressent Pedro Sánchez de convoquer des élections anticipées
Au Foro La Toja, en Galice, les anciens présidents du gouvernement Mariano Rajoy et Felipe González ont critiqué Pedro Sánchez sur la paralysie budgétaire et demandé la tenue d'élections générales anticipées.
Appels à des élections générales anticipées
Les anciens présidents du gouvernement espagnol Felipe González et Mariano Rajoy sont intervenus ensemble le 2 octobre 2026 à la huitième édition du Foro La Toja-Vínculo Atlántico, à O Grove, dans la province de Pontevedra. Lors d'une table ronde intitulée « Dos miradas sobre España », animée par la journaliste Lucía Méndez, les deux anciens dirigeants ont estimé que le président du gouvernement Pedro Sánchez devait dissoudre les Cortes et convoquer des élections générales. Rajoy, représentant le Partido Popular, a déclaré que l'arithmétique parlementaire rendait toute gouvernance stable impossible. González, qui a dirigé le gouvernement du Parti socialiste ouvrier espagnol (PSOE) de 1982 à 1996, a soutenu cet appel avec ironie tout en pointant le blocage législatif de l'exécutif.
Cela fait longtemps qu'il n'est pas possible de gouverner, et depuis longtemps il fallait dissoudre le Parlement, convoquer des élections et consulter le peuple.
Impasse budgétaire et critères de gouvernance
Rajoy a énoncé trois conditions essentielles pour gouverner efficacement : remporter les élections, disposer d'un programme concret et obtenir le soutien parlementaire nécessaire pour faire adopter les lois et les budgets de l'État. Il a relevé que le gouvernement central n'a pas réussi à faire approuver de budget général de l'État durant la législature en cours, le dernier budget adopté remontant à 2022. Selon Rajoy, l'exécutif a contourné la procédure parlementaire habituelle en modifiant les crédits de dépenses par des accords du Conseil des ministres, réorientant environ 80 milliards d'euros. González a ajouté que, sous son propre mandat, l'absence de majorité parlementaire pour adopter les budgets l'avait conduit à convoquer des élections, jugeant incohérent d'exiger le respect du droit international tout en s'abstenant de présenter des budgets nationaux.
Si je dis qu'il faut convoquer des élections, elles ne seront pas convoquées.
Propositions de pacte d'État sur le logement
La discussion a coïncidé avec le débat parlementaire au Congrès sur les décrets-lois relatifs à la politique du logement. Les deux anciens présidents du gouvernement ont soutenu que l'accès au logement exigeait un pacte d'État formel plutôt que des décrets partisans. González a souligné que le logement demeure la première préoccupation des citoyens et a rappelé que l'administration de Pedro Sánchez est en fonction depuis huit ans. Il a soutenu qu'après plusieurs années au pouvoir, un gouvernement doit assumer directement ses responsabilités plutôt que d'imputer la faute à ses prédécesseurs. Les deux dirigeants ont convenu que toute solution durable en matière de logement nécessite une coordination formelle entre le gouvernement central, les communautés autonomes et les conseils municipaux.
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Il n'y a pas de solution si les administrations ne s'entendent pas.
Coordination et souveraineté territoriale
Le dialogue a également porté sur la politique étrangère et la sécurité territoriale, en particulier sur les récents développements à Ceuta. Les deux dirigeants ont critiqué Pedro Sánchez pour ne pas avoir contacté le chef de l'opposition Alberto Núñez Feijóo afin de discuter de la situation dans la ville autonome. González a qualifié l'événement survenu à Ceuta d'agression contre la souveraineté nationale, tandis que Rajoy l'a décrit comme une invasion du territoire souverain. Rajoy a réaffirmé son soutien à un modèle de consensus bipartite entre le PSOE et le PP, estimant qu'un dialogue institutionnel entre partis demeure nécessaire pour faire face aux crises nationales.


