Élections · Potsdam et Magdebourg

La CDU rejette les excuses du nouveau chef de Die Linke pour avoir traité le parti de « fasciste » et exige sa démission

Luigi Pantisano, nouveau coprésident de Die Linke, s'est excusé lundi pour avoir affirmé qu'il n'y a « aucune différence » entre la CDU, l'AfD et « les fascistes eux-mêmes », mais le secrétaire général de la CDU, Carsten Linnemann, a qualifié ces excuses d'« impertinence » et réitéré sa demande de démission.

Texte IA fondé sur les articles de Berliner Zeitung, tagesschau.de, Der Tagesspiegel et d’autres médias. Modifié . Comment il est fait

Pour les membresLes 30 premières secondes en écoute libre. Voix de synthèse (IA).

En bref

Potsdam, Magdebourg · Allemagne
Comment on en est arrivé là
  1. 20 juinLuigi Pantisano déclare à Bild qu'il n'y a « aucune différence » entre la CDU, l'AfD et « les fascistes eux-mêmes »
  2. 20 juinPantisano élu coprésident de Die Linke avec 53,34 % des voix des délégués
  3. 22 juinPantisano s'excuse ; le secrétaire général de la CDU, Linnemann, rejette les excuses et exige sa démission

La tempête initiale

Le matin de son élection comme coprésident de Die Linke à Potsdam, Luigi Pantisano a accordé un entretien vidéo à Bild dans lequel il a déclaré :

« En fin de compte, il n'y a actuellement aucune différence entre la CDU, qui mène une politique fasciste, l'AfD ou les fascistes eux-mêmes. »

Luigi Pantisano, nouveau coprésident de Die Linke
La remarque a provoqué une onde de choc au sein du congrès du parti, où les délégués des Länder de l'Est sont bien conscients que leur parti tolère les gouvernements minoritaires de la CDU en Thuringe et en Saxe et pourrait devoir coopérer avec les conservateurs après les élections de septembre en Saxe-Anhalt.

La Spitzenkandidatin Eva von Angern a déclaré aux délégués :

« Nous sommes le rempart ! »

Eva von Angern, tête de liste de Die Linke en Saxe-Anhalt
, soulignant que Die Linke est le rempart contre la prise de pouvoir de l'AfD à l'Est. Mais l'assimilation par Pantisano des chrétiens-démocrates aux fascistes a immédiatement attiré les critiques de la CDU et de ses propres rangs.

Des excuses sous le feu des critiques

Lundi, Pantisano a publié une déclaration qualifiant ses propos de « verkürzt und in dieser Form falsch » (raccourci et faux sous cette forme). Il a demandé pardon en particulier à ceux de la CDU qui insistent sur la nécessité d'un rempart clair contre l'AfD, mais a également réitéré ses critiques sur la « Rechtskurs » (dérive à droite) de l'Union.

Le secrétaire général de la CDU, Carsten Linnemann, a catégoriquement rejeté ce geste. Il a déclaré à Bild :

« Dire « raccourci » est une impertinence. Je serais curieux de voir sa version longue. »

Carsten Linnemann, secrétaire général de la CDU
Linnemann a maintenu son appel à la démission de Pantisano, déjà formulé avant les excuses. Mario Karschunke, secrétaire général de la CDU en Saxe-Anhalt, a ajouté que comparer des démocrates à des fascistes banalise l'extrémisme réel et empoisonne le débat politique.

La corde raide de l'Ostpolitik

Nulle part les répercussions ne sont plus délicates qu'en Saxe-Anhalt, où un gouvernement CDU pourrait dépendre de la tolérance de Die Linke après le 6 septembre. La vive remontrance de Karschunke a néanmoins souligné qu'il faut « construire des ponts, pas creuser des tranchées », un signal petit mais délibéré que la coopération ne peut être exclue. La coprésidente de Die Linke, Ines Schwerdtner, a insisté sur ARD que, quel que soit le Landtag où siège son parti,

« Nous avons une responsabilité. »

Ines Schwerdtner, coprésidente de Die Linke

Un mandat affaibli

Les excuses discrètes de Pantisano n'ont guère apaisé la fracture. L'analyse de Focus les a qualifiées de non-excuses typiques de politicien qui, en maintenant l'accusation de fascisme pour ceux de la CDU qui ne mettent pas l'accent sur le rempart, « transforme un geste d'humilité en une attaque contre l'adversaire ». Parallèlement, certaines députées de Die Linke comme Lea Reisner ont publiquement défendu la critique initiale de Pantisano.

La séquence du week-end laisse Pantisano avec un mandat anémique de 53,34 %, des collègues réclamant des explications à huis clos, et une direction du parti peinant à concilier son aile militante avec l'arithmétique froide de la politique des Länder de l'Est.

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Sources et contexte

Lieux
Potsdam

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