Amazon met fin à la livraison gratuite des nouveaux livres dans ses casiers automatiques en France suite au litige sur la loi Darcos
Le géant du commerce en ligne va limiter la collecte gratuite des nouveaux livres aux comptoirs des magasins de vente au détail en France, après que le Conseil d'État a confirmé des frais de livraison minimaux de 3 euros au titre de la loi Darcos.
Fin de la livraison gratuite dans les casiers
Le 19 septembre 2026, Amazon a annoncé à l'Agence France-Presse qu'elle ne proposera plus la livraison gratuite des nouveaux livres dans ses casiers automatiques situés en France. L'entreprise de commerce électronique a confirmé que la livraison gratuite pour les commandes de nouveaux livres sera désormais concentrée exclusivement aux comptoirs clients et aux réceptions situés à l'intérieur des commerces de vente de livres. Ce changement de politique confirme des informations rapportées initialement par le journal français Le Figaro. Un porte-parole d'Amazon a confirmé que l'exclusion des casiers automatiques des envois gratuits de livres était en cours.
Nous avons décidé, pour les nouveaux livres, de concentrer la livraison gratuite sur les points de retrait en comptoir et les réceptions des magasins, et d'exclure les casiers automatiques.
Litige autour de la loi Darcos
Ce changement répond aux tensions persistantes entre le détaillant en ligne et le secteur français de la librairie concernant l'interprétation juridique d'un arrêté ministériel de 2023. Introduit dans le cadre de la loi Darcos, cet arrêté est entré en vigueur en octobre 2023 et a imposé des frais de livraison minimum obligatoires de 3 euros pour toute livraison de livres neufs. Le cadre réglementaire prévoit une seule exemption explicite, autorisant la livraison gratuite uniquement lorsque le livre est retiré dans un magasin de vente au détail de livres. Amazon France a fait valoir que le placement de casiers automatiques dans des lieux commerciaux permettait un retrait gratuit au titre de la clause d'exemption pour les commerces de détail. En revanche, les représentants des libraires nationaux et le Médiateur du livre, une autorité publique indépendante, ont maintenu que l'utilisation de casiers automatiques sans personnel était une pratique qui contournait la loi.
- Un arrêté ministériel pris dans le cadre de la loi Darcos introduit des frais de livraison minimum de 3 euros pour les livres neufs
- Le Médiateur du livre estime que les casiers représentent au moins un tiers des points de retrait gratuits d'Amazon
- Le Conseil d'État statue que les frais de livraison minimum de 3 euros en France sont conformes au droit de l'UE
- Amazon confirme la suppression progressive de la livraison gratuite des nouveaux livres dans les casiers automatiques en France
Réseau de retrait et couverture
Amazon a déclaré à l'Agence France-Presse que la transition visant à supprimer les casiers automatiques de la livraison gratuite de livres est déjà en cours. L'entreprise a indiqué que les casiers automatiques constituent une part minoritaire de ses environ 3 000 points de retrait éligibles en France, bien qu'elle n'ait pas fourni de chiffres précis pour chaque catégorie. Cette proportion diffère d'une estimation de 2025 du Médiateur du livre, qui estimait que les casiers automatiques représentaient au moins un tiers des milliers de points de collecte gratuits desservant les livraisons d'Amazon. Malgré la suppression de l'option des casiers, un porte-parole d'Amazon a affirmé que la zone de couverture pratique pour les clients restera comparable. L'entreprise a déclaré que les acheteurs continueront d'avoir accès à un vaste réseau de retrait physique, la majorité des points participants étant situés dans des communes rurales et des petites villes.
Décision du Conseil d'État
L'exclusion des casiers automatiques intervient quatre mois après qu'Amazon a subi un revers juridique devant la plus haute juridiction administrative française. La plateforme avait précédemment intenté un recours formel devant le Conseil d'État pour tenter d'annuler l'arrêté ministériel de 2023 instaurant la règle des 3 euros de livraison. Dans une décision rendue le 13 mai 2026, le Conseil d'État a rejeté les demandes de l'entreprise et a jugé que le tarif minimum de livraison des livres neufs imposé par le gouvernement est pleinement conforme au droit de l'Union européenne. La décision de la cour a validé le fondement juridique du décret Darcos, aboutissant à la mesure de conformité formelle d'Amazon visant à supprimer la livraison gratuite des nouveaux livres vers son réseau de casiers automatiques.


