
Aliança Catalana débauche l'intégralité du groupe municipal de Junts à Cambrils alors qu'un nouveau sondage confirme qu'elle a dépassé le parti de Puigdemont
Le parti d'extrême droite a présenté le porte-parole de Junts, Enric Daza, comme son candidat à la mairie pour 2027 et a affirmé contrôler désormais le groupe de trois conseillers, quelques jours après qu'un baromètre du CEO a placé Aliança devant Junts pour la première fois.
Poussée dans les sondages pour Aliança Catalana
Le dernier baromètre du CEO, publié la semaine dernière, a confirmé un changement tectonique dans la politique catalane. Aliança Catalana obtiendrait 23 à 25 sièges lors d'une élection au Parlement catalan, contre deux actuellement, dépassant ainsi Junts per Catalunya. La même enquête montre que Junts ne conserve que la moitié des électeurs qui l'ont soutenu aux élections régionales de mai 2024, 28 % d'entre eux optant désormais pour la formation de Sílvia Orriols. Pour Junts, le parti de l'ancien président Carles Puigdemont, l'ascension d'un rival qui défie ouvertement son hégémonie nationaliste a déclenché une série de mesures défensives, dont la dernière en date est l'éclatement de son gouvernement de coalition à Gérone.
- Actuel (2024)
- 2 sièges
- Projeté (CEO juil. 2026)
- 23 sièges
Aliança construit méthodiquement un réseau territorial en absorbant des élus locaux mécontents de plusieurs partis. Ses recruteurs n'appliquent pas de filtre idéologique strict : le message est que les affiliations politiques passées importent moins que l'engagement en faveur d'un projet ouvertement indépendantiste qui privilégie « l'identité catalane ». La stratégie semble fonctionner, les chiffres du CEO fournissant les munitions nécessaires pour accélérer les opérations de débauchage.
La défection de Cambrils
Lundi soir, le secrétaire à l'organisation d'Aliança, Oriol Ges, et la secrétaire à la politique institutionnelle du parti, Aurora Fornos, se sont rendus dans la ville côtière de Cambrils, dans la province de Tarragone. Ils y ont présenté Enric Daza, jusqu'alors porte-parole de Junts au conseil municipal, comme candidat d'Aliança pour les élections municipales de 2027. Daza a présenté ce changement comme le résultat d'une « profonde réflexion » partagée avec le collectif local Més Cambrils.
Nous devons rétablir l'ordre, prendre soin de nos rues, renforcer la sécurité, stimuler le commerce, protéger notre modèle touristique et remettre les intérêts des habitants de Cambrils au centre de toutes les décisions. Je suis convaincu qu'Aliança Catalana est la force qui nous permettra de réaliser ce changement.
Aliança a affirmé que les deux autres conseillers de Junts à Cambrils, Laura Mellau et Teresa Recasens, rejoindront également le parti immédiatement, ce qui signifie que l'ensemble du groupe municipal de trois membres passe à la formation d'Orriols en cours de mandat. La manœuvre est techniquement possible, ont indiqué des sources d'Aliança à EFE, car la liste électorale a été enregistrée sous le nom de Compromís per Cambrils et non sous la marque Junts, bien que le groupe ait constamment utilisé l'étiquette Junts per Cambrils. Cependant, le tableau n'est pas encore totalement réglé : des informations ultérieures suggèrent que Recasens n'a pas encore confirmé publiquement son départ et devrait clarifier sa décision mardi. L'épisode fait écho à une défection antérieure à Amposta, où l'ancien poids lourd de Junts, Èric Esteban, était passé à Aliança en février.
- Daza exclu du gouvernement de Cambrils par le maire Alfredo Clúa (PSC) pour « manquements au respect ».
- L'opération pour débaucher Daza s'accélère, dix jours avant l'annonce.
- Aliança organise un événement à Cambrils présentant Daza comme candidat à la mairie.
- Junts annonce qu'il quitte le gouvernement municipal de Gérone.
- La conseillère Teresa Recasens est attendue pour clarifier si elle rejoindra Aliança.
Débauchage stratégique et tactique du « faire semblant jusqu'à ce que ça marche »
Le plan de croissance d'Aliança va au-delà de quelques défections isolées. Le parti courtise systématiquement les élus locaux de Junts, d'ERC et même du PSC des socialistes, ainsi que les anciens sympathisants de l'organisation unioniste Societat Civil Catalana. L'objectif est de créer l'impression d'une hémorragie organique qui force Junts à apparaître comme un parti en repli. Eldiario.es a décrit l'approche comme « faire semblant jusqu'à ce que ça marche », notant que l'annonce de Daza donnait l'impression que tout le groupe bougeait avant même que ses deux collègues n'aient approuvé le mouvement. Le récit est puissant : des sections locales entières qui changent de camp renforcent les données des sondages et aident Aliança à se positionner comme le foyer naturel des électeurs indépendantistes déçus par l'échec du procès.
Junts réagit : le gouvernement de Gérone s'effondre
Le jour même où la défection de Cambrils a été rendue publique, Junts a annoncé qu'il quittait le gouvernement municipal de Gérone, la capitale où il était en coalition avec la CUP anticapitaliste sous la direction du maire Lluc Salellas. La maire adjointe Gemma Geis avait déjà signalé que la patience de son parti était à bout, et la décision laisse l'administration municipale en minorité avec seulement ERC. Des sources du parti ont indiqué à El Confidencial que cette rupture spectaculaire était motivée en partie par la crainte de la dynamique d'Aliança ; Junts avait besoin de montrer qu'il avait encore de l'initiative et n'était pas paralysé dans une « traversée du désert ». Défendre un pacte avec la CUP avait de plus en plus aliéné les propres électeurs de Junts, dont beaucoup se tournent désormais vers Orriols. La manœuvre de Gérone et le débauchage de Cambrils illustrent un seul conflit : une lutte pour l'âme du nationalisme catalan avant les élections locales de 2027.


