
La police charge des manifestants antifascistes lors d'une commémoration à la veille de la Diada à Barcelone
Les Mossos d'Esquadra ont chargé des contre-manifestants et arrêté au moins cinq personnes à Barcelone alors que le parti d'extrême droite Aliança Catalana organisait un dépôt de fleurs pour la Diada au Fossar de les Moreres.
Face-à-face au mémorial
À la veille de la Diada, le 10 septembre 2026, les tensions ont monté dans le centre de Barcelone alors que des partisans du parti d'extrême droite Aliança Catalana et des contre-manifestants convergeaient près du Fossar de les Moreres. Le site commémoratif, qui abrite la fosse commune des défenseurs tués lors du siège de Barcelone en 1714, avait été réservé pour un dépôt de fleurs par Aliança Catalana. Le parti a affrété huit bus pour amener des sympathisants de toute la Catalogne, attirant entre 200 et 500 participants sur la place. À l'extérieur du périmètre, entre 1 000 et 2 000 manifestants antifascistes et indépendantistes de gauche se sont rassemblés le long du Passeig del Born sous la coalition Unitat antifeixista per una terra de tothom, qui comprenait Arran, Endavant, Alerta Solidària, COS, SEPC, le syndicat IAC et Top Manta.
- Sílvia Orriols arrive au Fossar de les Moreres sous escorte du parti et de sécurité privée.
- Des organisations de gauche et antifascistes se rassemblent pour une contre-manifestation sur le Passeig del Born.
- Les policiers anti-émeute de la Brimo chargent des contre-manifestants tentant de franchir les cordons du périmètre.
- Orriols prononce son discours et effectue le dépôt de fleurs à l'intérieur de la place bouclée.
- Les contre-manifestants organisent des discours contre la xénophobie depuis un camion-son sur le Passeig del Born.
Charges et arrestations policières
La police catalane, les Mossos d'Esquadra, a établi un large périmètre de sécurité avec plus de 20 fourgons anti-émeute pour éviter des affrontements directs entre les groupes opposés, après des confrontations similaires au mémorial l'année précédente. Toutes les rues menant au Fossar ont été bloquées à l'exception d'un seul point de contrôle sur la Carrer de l'Espaseria, tandis qu'un contingent distinct d'environ 100 manifestants du syndicat Intersindical se rassemblait à proximité sur la Carrer Argenteria. Vers 18h00, des agents de la Brigade mobile (Brimo) ont lancé plusieurs charges à matraque après que des contre-manifestants ont tenté de franchir les lignes policières. Les agents ont confisqué la banderole de tête de la marche antifasciste, qui a ensuite été récupérée par des partisans d'Aliança Catalana. La police a procédé à au moins cinq arrestations parmi les contre-manifestants, tandis que plusieurs commerces du quartier baissaient leurs rideaux.
Discours et rivalité politique
La chef du parti, députée au Parlement catalan et maire de Ripoll, Sílvia Orriols, est arrivée dans le quartier du Born vers 16h50 accompagnée de responsables du parti et d'une dizaine de gardes de sécurité privés. Après avoir visité un café local et salué des employés dans des magasins voisins, elle est entrée dans le Fossar, où l'événement a commencé en retard en raison de l'arrivée tardive de sympathisants venant de Lleida. Les chants des partisans sur la place comprenaient des slogans tels que « Catalunya catalana » ainsi que des symboles représentant le phénix et le nombre 33, tandis qu'Orriols déclarait à la foule qu'ils étaient venus sauver la Catalogne. S'adressant au rassemblement après 18h00, Orriols a condamné la direction du mouvement indépendantiste traditionnel.
« Arrière, ces gens si fiers et si arrogants », dit notre hymne national, vestige d'une époque où les dirigeants ne nous vendaient pas pour avoir leur propre groupe parlementaire au Congrès, ou pour conserver 200 postes dans l'administration catalane. Ces temps doivent revenir.
Le représentant du parti Jordi Aragonès a également pris la parole avant la clôture de l'assemblée. Pendant ce temps, les contre-manifestants ont installé un camion-son sur le Passeig del Born vers 19h00, scandant « personne n'est illégal » et s'adressant à la foule via des haut-parleurs pour dénoncer les discours xénophobes.
Nous appelons à montrer qu'il existe une majorité qui n'accepte pas la catalanité rétrograde et fermée que l'extrême droite utilise pour nous diviser.

