Généré par IA·En savoir plus
Gouvernement·-4 j

Des dizaines de milliers de personnes défilent à la Seoul Pride alors que la loi anti-discrimination reste bloquée depuis des décennies

Plus de 10 000 personnes ont rempli le centre de Séoul samedi pour le festival annuel Queer Culture, tandis qu'une contre-manifestation chrétienne de taille similaire se rassemblait à proximité. Ces rassemblements parallèles illustrent le profond clivage autour des droits LGBTQ en Corée du Sud.

Deux rassemblements, deux visions

Le festival Queer Culture de Séoul, organisé chaque année depuis 2000, a réuni plus de 10 000 participants ce samedi sous un soleil de juin à 30 degrés. Des artistes drag se sont produits sur scène, des organisations de la société civile ont tenu des dizaines de stands, et des tests de dépistage gratuits du VIH étaient proposés aux côtés de marchandises. L'ambiance était visiblement joyeuse, avec des drapeaux arc-en-ciel et des banderoles de protestation se déployant dans le quartier des tours de verre.

À seulement quelques centaines de mètres de là, plus de 10 000 contre-manifestants se sont rassemblés devant l'hôtel de ville. Organisé par des groupes chrétiens, le rassemblement a entonné des cantiques et prôné une « Corée saine ». Pour les opposants, l'homosexualité est un péché.

Une réalité conservatrice

David, un étudiant universitaire de 19 ans qui participait à sa première Pride, a saisi la tension.

Je suis venu aujourd'hui parce que je suis gay et que je voulais vivre un événement Pride pour la première fois. La Corée du Sud est encore très conservatrice.

Il a décrit ses années de lycée comme ouvertement homophobes et a déclaré n'avoir trouvé un environnement compréhensif qu'à l'université.

Malgré la prééminence de la culture pop sud-coréenne, le discours sociétal sur les minorités sexuelles reste traditionnel. Une étude de l'OCDE de 2020 classait le pays parmi les plus bas en matière d'égalité juridique pour les personnes LGBTQ, aux côtés du Japon et de la Turquie, avec peu de changements depuis.

La loi bloquée

Un projet de loi global contre les discriminations qui protégerait les minorités sexuelles est bloqué à l'Assemblée nationale depuis une vingtaine d'années. Aucun président n'a pris le risque de l'initier, que ce soit par conviction ou par crainte de perdre les voix des chrétiens conservateurs.

Ahn Chang Ho, le président de la Commission nationale des droits de l'homme, s'est opposé au projet de loi au motif qu'il pourrait restreindre la liberté d'expression. Nommé en 2024 par l'ancien président Yoon Suk Yeol, Ahn a déjà attiré l'attention pour des déclarations homophobes, notamment

L'homosexualité est un instrument central pour une révolution communiste.

Soutien international

Le soutien à la communauté LGBTQ est venu de l'étranger. Vingt ambassades étrangères ont manifesté leur solidarité avec la Pride, selon les organisateurs.

Jalons de la Seoul Pride et des droits LGBTQ
  1. Premier festival Queer Culture de Séoul avec seulement quelques dizaines de participants
  2. Une étude de l'OCDE classe la Corée du Sud parmi les plus bas en matière d'égalité juridique LGBTQ, aux côtés du Japon et de la Turquie
  3. Ahn Chang Ho nommé président de la Commission nationale des droits de l'homme par l'ancien président Yoon Suk Yeol
  4. Plus de 10 000 participants à la Pride ; plus de 10 000 personnes rejoignent une contre-manifestation chrétienne à proximité
Séoul

3 sources

Recevoir Pollar Weekly

La semaine en actu, chaque vendredi. Gratuit.

Gratuit. Sans traceurs, sans pub. Désinscription à tout moment.

Plus de Politique & Économie