
L'Allemagne accepte d'accueillir six diplomates talibans supplémentaires en contrepartie de vols d'expulsion mensuels vers l'Afghanistan
Berlin a conclu un accord avec les Talibans pour organiser jusqu'à trois vols charters d'expulsion par mois, ainsi que des expulsions individuelles illimitées sur des compagnies régulières, après avoir cédé aux demandes d'un plus grand nombre de diplomates talibans en Allemagne.
L'accord
L'Allemagne va étendre les expulsions de criminels afghans condamnés dans le cadre d'un arrangement avec le régime taliban qu'elle ne reconnaît pas. Le ministère de l'Intérieur a annoncé que jusqu'à trois vols charters par mois seront affrétés vers Kaboul, et que des individus peuvent être renvoyés à tout moment par des vols commerciaux réguliers. Une porte-parole du ministère a décrit les discussions ayant abouti à l'accord comme ayant eu lieu « à un niveau technique », une formulation que Berlin utilise pour éviter d'impliquer une reconnaissance diplomatique des dirigeants de facto.
Quiconque abuse de notre protection et commet des crimes graves ici doit chercher une perspective dans son pays d'origine. Notre société a un intérêt légitime à ce que les criminels quittent notre pays.
Concessions à Kaboul
Selon les recherches de NDR, l'accord a été conclu lors d'une réunion confidentielle de plusieurs jours dans un hôtel d'Istanbul la semaine dernière entre de hauts responsables du ministère de l'Intérieur, des diplomates et des représentants talibans. La partie allemande a accepté une demande centrale des Talibans : six diplomates talibans supplémentaires seront autorisés à entrer en Allemagne pour rejoindre les deux fonctionnaires consulaires déjà présents depuis l'été 2025. Ces fonctionnaires existants ont, selon les rapports, effectivement pris en charge la gestion de l'ambassade afghane à Berlin. Les Talibans ont insisté sur le fait que ce personnel supplémentaire était nécessaire pour vérifier la nationalité afghane des expulsés et délivrer les documents de voyage.
Échelle et bilan récent
Environ 100 criminels afghans sont actuellement en détention ordinaire ou en attente d'expulsion, selon Bild am Sonntag. Jusqu'à présent en 2026, trois vols charters ont ramené 77 ressortissants afghans, et un vol récent a renvoyé 32 hommes condamnés pour viol, meurtre, abus sexuels sur enfants, trafic de drogue et vol. Le nouvel arrangement fait des vols charters une pratique régulière pour la première fois.
Critiques des associations de défense des droits et de l'opposition
Pro Asyl a condamné le plan comme une catastrophe en matière de droits humains.
La secrétaire parlementaire des Verts, Filiz Polat, a déclaré que le gouvernement se rendait « vulnérable au chantage » et sacrifiait les principes de politique étrangère, exigeant que Dobrindt révèle quelles demandes avaient été satisfaites. Le groupe parlementaire CDU/CSU a rejeté les critiques.Avec cet accord d'expulsion, l'Allemagne normalise un régime ostracisé au niveau international qui prive complètement les femmes de leurs droits et persécute systématiquement les membres de l'opposition. C'est désastreux en termes de droits humains et insensé en termes de politique étrangère.
Expulser les violeurs, les menaces et les trafiquants de drogue, y compris vers l'Afghanistan, rend l'Allemagne plus sûre. C'est de cela qu'il s'agit.
Une poussée européenne plus large
L'initiative allemande s'inscrit dans un effort européen plus large. L'UE a invité une délégation talibane à Bruxelles en juin pour des discussions sur un pacte d'expulsion accéléré. La délégation, menée par le porte-parole du ministère des Affaires étrangères, Abdul Qahar Balkhi, doit rencontrer de hauts responsables de la Commission et du Service d'action extérieure, la Suède aidant à coordonner les contacts.

