
L'UE parvient à un accord sur les droits des passagers aériens après 12 ans, maintient les indemnisations pour trois heures de retard et impose le placement gratuit des familles
Le Parlement européen et le Conseil de l'UE ont conclu lundi un accord provisoire révisant pour la première fois depuis 2004 les protections des passagers aériens, préservant les indemnisations pour les retards supérieurs à trois heures tout en ajoutant la gratuité du placement des familles et la transparence sur le prix des bagages à main.
Ce qui a été décidé
Après 12 ans de négociations, les représentants du Parlement européen et du Conseil de l'UE ont finalisé un ensemble de règles mettant à jour une législation inchangée depuis 2004. L'accord provisoire a été confirmé le 15 juin 2026 par la présidente du Parlement européen Roberta Metsola et le ministre chypriote des Transports Alexis Vafeades au nom des États membres. Les votes formels du Parlement et du Conseil sont attendus en juillet.
- Entrée en vigueur de la réglementation actuelle sur les droits des passagers aériens dans l'UE
- La Commission européenne propose une réforme ; début des négociations
- Le Parlement et le Conseil parviennent à un accord provisoire à Strasbourg
- Votes formels d'adoption attendus par le Parlement et le Conseil
Maintien des règles d'indemnisation
Le seuil de déclenchement des indemnisations pour retard a constitué un point de friction majeur. Le Conseil souhaitait porter ce seuil de trois à quatre heures, mais le texte final conserve la limite actuelle de trois heures. Les passagers restent éligibles à 250 € pour les trajets jusqu'à 1 500 km, 400 € pour les trajets entre 1 500 et 3 500 km, et 600 € pour les vols plus longs. Si le retard est compris entre trois et quatre heures, les compagnies peuvent réduire l'indemnité de moitié, ou si elles proposent un réacheminement. Les annulations survenant dans les 14 jours précédant le départ sont également couvertes. Les transporteurs peuvent toujours s'exonérer de paiement lorsque les retards résultent de circonstances extraordinaires, dont la liste non exhaustive inclut les catastrophes naturelles, la guerre, les conditions météorologiques, les passagers indisciplinés ou les grèves.
Un accord provisoire est désormais en place pour renforcer la protection des voyageurs.
- Jusqu'à 1 500 km
- 250 €
- 1 500–3 500 km
- 400 €
- Plus de 3 500 km
- 600 €
Changements concernant les sièges, les bagages et l'enregistrement
Les compagnies aériennes doivent désormais placer les familles avec des enfants de moins de 14 ans ensemble sans frais supplémentaires, un droit qui s'étend aux passagers enceintes, aux personnes à mobilité réduite et à leurs accompagnateurs. Les prix des billets devront inclure par défaut un bagage cabine, facilitant ainsi les comparaisons, bien que les transporteurs puissent toujours proposer des tarifs moins chers sans bagage à main et facturer les articles de cabine plus volumineux. La proposition initiale du Parlement visant à rendre obligatoire la gratuité d'un petit bagage cabine et à standardiser une taille minimale a été abandonnée. D'autres dispositions interdisent d'imposer aux passagers le téléchargement d'une application pour obtenir une carte d'embarquement, exigent la gratuité des billets imprimés pour ceux qui s'enregistrent numériquement et autorisent une correction gratuite du nom sur une réservation.
Délais d'information et de réclamation
Les compagnies aériennes doivent désormais envoyer aux passagers des instructions numériques claires sur la manière de réclamer une indemnisation dans les 95 heures suivant une perturbation. Une fois la réclamation déposée, la compagnie doit en accuser réception immédiatement et répondre dans un délai de 14 jours, soit en versant le montant dû, soit en fournissant un refus motivé. Les passagers disposent de neuf mois pour soumettre une réclamation après un retard ou une annulation. L'accord empêche également les transporteurs de refuser l'embarquement sur un vol retour au motif que le vol aller n'a pas été utilisé.
Les consommateurs peuvent globalement se réjouir de cette réforme. L'accord consacre les droits fondamentaux des passagers aériens tout en mettant fin à des pratiques déloyales.
Agustín Reyna, directeur général de l'organisation européenne de consommateurs BEUC, a déclaré que son groupe avait espéré la gratuité totale des bagages à main. Il a néanmoins qualifié le résultat de victoire pour la transparence des prix, soulignant que l'affichage du tarif complet dès le départ aide les passagers à éviter les frais imprévus lors de la réservation.


