
L'avion de transport militaire A400M largue du retardant pour la première fois sur un immense incendie en Gironde, 167 000 évacués
L'Airbus A400M, reconverti pour transporter 20 tonnes de retardant, a effectué samedi son premier largage d'une ligne rouge près de Lacanau, rejoignant la lutte contre un incendie qui a consumé 32 700 hectares et forcé 167 000 habitants à fuir.
Un incendie décrit comme le plus dangereux que la France ait jamais connu
L'incendie qui a éclaté mercredi 22 juillet en Gironde avait, samedi à midi, consumé 32 700 hectares de forêt, détruit 140 maisons et forcé 167 000 habitants à évacuer, selon la préfecture. Le feu, poussé par les vents atlantiques, a produit des flammes en forme de tornade et des tempêtes de feu, avec une vitesse de propagation allant jusqu'à 5 km/h (cinq fois celle d'un incendie normal). La préfecture a indiqué que 54 pompiers avaient été blessés, dont neuf évacués en urgence relative. Le front s'étend sur plus de 20 kilomètres, mais la préfecture a noté que « la baisse des températures et l'augmentation de l'humidité » le rendaient « moins virulent ». Les pompiers ont décrit l'incendie comme le plus dangereux que la France ait jamais connu.
Le premier largage opérationnel de l'A400M
Samedi après-midi, l'avion de transport militaire A400M a effectué son tout premier largage de lutte contre les incendies près de Lacanau, déposant une ligne rouge de 600 mètres de retardant sur une forêt intacte devant les flammes qui avançaient. L'appareil, développé par Airbus et exploité par l'Armée de l'air française, a été équipé d'un réservoir semi-cylindrique installé dans sa soute sans modifications structurelles. Il peut transporter 20 tonnes de retardant (l'équivalent de trois Canadairs, selon Franceinfo, ou de deux Dash, selon BFMTV).
Quand le feu atteint cette ligne de retardant, il ralentit. Combiné avec les forces au sol, on peut arrêter le feu.
Le réservoir prototype avait été testé en avril 2025 près de Nîmes. Le Premier ministre Sébastien Lecornu avait demandé le déploiement de l'appareil, et l'état-major a indiqué que tout avait été fait pour évaluer et déployer le kit le plus rapidement possible. L'A400M complète une flotte de 12 Canadairs, bien que l'un d'eux soit en réparation après un accident plus tôt dans la saison.
C'est plutôt une bonne nouvelle. Nous avons 12 Canadairs, mais l'un d'eux est actuellement en réparation après un accident lors d'une manœuvre en début de saison. Ils sont très sollicités sur différents départs de feu, et avec les rotations d'entretien obligatoires, nous n'avons jamais les 11 en même temps.
- Test du kit prototype de retardant près de Nîmes.
- Début de l'incendie en Gironde.
- 32 700 hectares brûlés ; 167 000 personnes évacuées.
- Premier largage de l'A400M sur l'incendie au-dessus de Lacanau.
- Le ministère annonce le déploiement de 1 500 soldats.
Tactiques au sol et espoir venu de la météo
Les pompiers ont utilisé une combinaison de lignes de retardant, de barrières routières et de pare-feu (larges tranchées déboisées) pour tenter de contenir l'incendie. La même technique de pare-feu s'était avérée efficace lors des incendies de 2022 dans la région. Mais avec un front s'étendant sur plus de 20 kilomètres, la priorisation est essentielle.
Avec un feu comme celui-ci, nous devons malheureusement travailler sur les zones les plus urgentes, les points sensibles, positionner des moteurs pour briser l'avancée du feu et essayer, petit à petit, de diriger le feu vers une zone où il pourra s'éteindre.
Une baisse des températures, annoncée pour les prochaines heures, offre une première lueur d'espoir après des jours de chaleur intense sur un sol tourbeux très inflammable.
Renforts militaires au sol
Le soutien militaire ne se limite pas aux airs. Samedi soir, le ministère des Armées a annoncé le déploiement de 1 500 soldats pour renforcer les 1 400 pompiers et 18 moyens aériens déjà en action. Le déploiement au sol porte l'effectif total à plus de 2 900 personnels. L'A400M, initialement prévu pour entrer en service à la toute fin du mois, a été mis en service en urgence alors que l'incendie continuait de faire rage.


