
74 noyades en 10 jours en France alors que la canicule extrême pousse les nageurs vers des eaux non surveillées
Le ministre de l'Intérieur Laurent Nuñez a confirmé 74 décès par noyade depuis le 18 juin, principalement dans des rivières et lacs non surveillés, alors qu'une canicule extrême frappe la France et pousse les gens vers des zones de baignade interdites. Les appels d'urgence dans la région parisienne ont augmenté de 122 % par rapport à la même période en 2025.
Le bilan s'alourdit
Depuis le 18 juin, début de la canicule extrême, 74 personnes se sont noyées en France, a confirmé le ministre de l'Intérieur Laurent Nuñez dans un entretien au Parisien samedi 27 juin. Les décès sont survenus principalement dans des plans d'eau non surveillés et non autorisés (rivières, étangs, lacs), bien que certaines noyades aient également eu lieu dans des piscines privées. Nuñez a attribué de nombreux décès au choc thermique et aux crises cardiaques.
Il y a un phénomène de choc thermique, parfois de surmenage... Nous constatons de nombreux décès par crise cardiaque.
Parmi les victimes, le ministre a déclaré que « beaucoup ont entre 15 et 25 ans », tout en ajoutant que les personnes de plus de 65 ans sont « les plus touchées » globalement parmi celles dont les détails sont connus. Plus tôt dans la semaine, jeudi 25 juin, la ministre des Sports Marina Ferrari avait évalué le bilan à 55. Le rythme dépasse largement la référence de l'été 2025, lorsque Santé publique France avait enregistré 409 décès par noyade sur l'ensemble de la saison, soit une moyenne de 24 par semaine. Libération rapporte, citant sa cellule CheckNews, que les victimes de ces derniers jours sont majoritairement des hommes (44 cas documentés sur 51) et jeunes, âgés de 11 à 30 ans.
- Début de la canicule extrême en France, déclenchant les premières noyades
- La ministre des Sports Marina Ferrari fait état de 55 décès par noyade depuis le début de la canicule
- Un homme se noie dans le canal Saint-Martin à Paris ; un jeune de 21 ans meurt en sautant d'un pont près de Lille
- Le ministre de l'Intérieur Laurent Nuñez annonce 74 noyades au total dans un entretien au Parisien
Un mort dans le canal
L'un des derniers décès est survenu vendredi soir 26 juin, dans le canal Saint-Martin dans le 10e arrondissement de Paris. Un homme s'est noyé en dehors de la zone de baignade autorisée et en dehors des horaires d'ouverture, a confirmé la préfecture de police de Paris. Les pompiers n'ont pas pu le ranimer. Le maire de Paris Emmanuel Grégoire, qui avait ouvert le canal à la baignade surveillée la semaine précédente en réponse à la chaleur exceptionnelle, a écrit sur X que l'homme se trouvait « en dehors de la zone surveillée et des horaires d'ouverture ».
Un témoin a raconté à France Télévisions qu'un ami avait sauté dans l'eau après avoir entendu une femme crier que quelqu'un se noyait. Plusieurs passants ont aidé à sortir l'homme inconscient avant l'arrivée des secours, mais les tentatives de réanimation ont échoué. Près de Lille, vendredi soir, un homme de 21 ans est mort après avoir sauté d'un pont dans la Deûle. Malgré le décès et les interdictions affichées, des nageurs sautaient encore dans le cours d'eau samedi matin, a rapporté Franceinfo. Sur le lac d'Annecy, où deux personnes se sont noyées plus tôt dans la semaine, les gendarmes patrouillent désormais pour faire respecter les règles de sécurité, vérifiant les gilets de sauvetage et surveillant les signes de choc thermique.
Le gouvernement sous pression
Face aux critiques de la gauche et de la droite sur la réponse, Nuñez a défendu la préparation du gouvernement.
Tous les services ont répondu présent... parce que nous étions préparés.
Il a décrit 336 mesures liées à la canicule mises en œuvre jusqu'à présent, dont 64 interdictions d'événements sportifs et 14 interdictions d'événements culturels, alors que la chaleur force des annulations comme le festival Solidays à Paris. En Île-de-France, les interventions d'urgence ont augmenté de 122 % par rapport à la même période en 2025, ce que Nuñez a qualifié de situation de « surmortalité » pour Paris et sa banlieue. Sur les incendies de forêt, il a dit être « inquiet » pour les jours à venir mais a insisté sur le fait que les services étaient « mobilisés » et « très préparés », affirmant pouvoir intervenir « massivement sur un incendie en à peine dix minutes ».
Prévention et répression
À plus long terme, le ministre a concédé que la France doit « remettre en question ses équipements de climatisation et, avant cela, la manière dont les bâtiments publics devraient être construits ». Le préfet de Seine-et-Marne a annoncé vendredi qu'il pourrait engager des poursuites judiciaires contre les sites web faisant la promotion de zones de baignade illégales, qualifiant leur comportement de « scandaleux » et de « totalement irresponsable ».
La baignade est essentielle, voire vitale pour un certain nombre de personnes, mais elle ne peut fonctionner que si tout le monde respecte les règles, notamment en ce qui concerne les sauts depuis les ponts et le respect des zones de baignade surveillées.
Sur le lac d'Annecy, des gendarmes interceptent des paddleboarders pour vérifier l'équipement de sécurité. Un jeune homme a dit à un gendarme qu'il « ne savait pas du tout » qu'il fallait un gilet de sauvetage, expliquant qu'il était de passage et qu'il « voulait s'amuser avec un ami ».
- Été 2025 (moyenne hebdomadaire)
- 24 décès par semaine
- Fin juin 2026 (taux hebdomadaire)
- 52 décès par semaine


