
Les euthanasies en Espagne augmentent de 32,6% en 2025, les maladies neurologiques dépassent le cancer
Les données provisoires montrent 565 décès assistés l'année dernière, les affections neurologiques représentant 46% des cas, dépassant le cancer. Les demandes ont augmenté de 38% et les disparités territoriales se sont creusées.
Cinq ans de la loi sur l'euthanasie
Le ministère espagnol de la Santé a publié des chiffres provisoires lors de la conférence « Cinq ans de la loi organique sur la régulation de l'euthanasie : avancer dans les droits ». Depuis l'entrée en vigueur de la loi en juin 2021, 1 668 personnes ont reçu une aide à mourir, avec un total de 3 716 demandes. Le nombre de procédures a augmenté chaque année, atteignant 565 en 2025, soit une augmentation de 32,6% par rapport à 2024. Parallèlement, les demandes ont augmenté de 38,2% pour atteindre 1 284.
- 2021
- 75 nombre
- 2022
- 288 nombre
- 2023
- 342 nombre
- 2024
- 422 nombre
- 2025
- 565 nombre
Un basculement du cancer vers les affections neurologiques
Alors que les demandes initiales sont dominées par les maladies oncologiques (37%), les pathologies neurologiques ont représenté 46% des euthanasies effectivement réalisées. Parmi les 1 284 demandes de 2025, les maladies neurologiques représentaient 31%, derrière le cancer, mais parmi ceux qui ont achevé le processus, la proportion s'est inversée. Cela suggère que les patients atteints de cancer meurent plus souvent avant que la procédure ne soit réalisée, comme le montre le fait que 61% des demandeurs décédés en cours de procédure souffraient de maladies oncologiques.
Inégalités territoriales marquées
Le taux de demandes varie fortement selon les régions. La Catalogne a enregistré le taux le plus élevé, à 6,14 pour 100 000 habitants, suivie par la Navarre (5,41) et le Pays basque (5,13), tous bien au-dessus de la moyenne nationale de 2,61. À l'autre extrémité, Murcie n'a enregistré que 0,5, et la Communauté valencienne, l'Estrémadure et l'Andalousie sont toutes restées en dessous de 1,3. L'association Droit de mourir dans la dignité (DMD) attribue ces écarts non pas à des différences démographiques mais à une information inégale fournie aux patients, une formation inégale des médecins et une ouverture variable des commissions d'évaluation.
- Catalogne
- 6.14 pour 100 000
- Navarre
- 5.41 pour 100 000
- Pays basque
- 5.13 pour 100 000
- La Rioja
- 3.67 pour 100 000
- Îles Baléares
- 3.12 pour 100 000
- Cantabrie
- 3.03 pour 100 000
- Asturies
- 2.96 pour 100 000
- Îles Canaries
- 2.66 pour 100 000
- Moyenne nationale
- 2.61 pour 100 000
- Andalousie
- 1.24 pour 100 000
- Estrémadure
- 0.95 pour 100 000
- Communauté valencienne
- 0.9 pour 100 000
- Murcie
- 0.5 pour 100 000
Décès pendant la période d'attente
En 2025, 1 187 procédures se sont conclues, dont 565 (47,7%) ont abouti à une mort assistée. Cependant, 374 personnes (31,5%) sont décédées alors que la procédure était encore en cours. La majorité, 277, sont décédées avant que la Commission de garantie et d'évaluation n'ait rendu son rapport, avec un délai moyen de 32,7 jours. 97 autres sont décédées après un rapport favorable mais avant la procédure prévue, avec un délai moyen de 104,9 jours à compter de la demande initiale. De plus, 157 demandes (13,2%) ont été refusées, principalement par le médecin responsable au départ, et 91 (8%) ont été retirées.
Données démographiques et contexte international
Parmi ceux qui ont reçu l'aide, 83,9% avaient plus de 60 ans. La procédure a eu lieu à l'hôpital pour 51%, à domicile pour 35% et dans un centre socio-sanitaire pour 14%. Une équipe soignante l'a administrée dans 98% des cas. Le taux d'euthanasie en Espagne, à 0,13% de l'ensemble des décès, reste loin derrière des pays comme les Pays-Bas (5,96%), le Canada (5,1%) et la Belgique (4%), bien qu'il ait augmenté régulièrement depuis la légalisation.

