
La Chine commémore 50 ans depuis la mort de Mao Zedong, entre hommages publics et contrôle étatique
Des foules se sont rassemblées mercredi sur la place Tiananmen à Pékin et à Shaoshan, lieu de naissance de Mao Zedong, pour commémorer les 50 ans de sa mort le 9 septembre 1976.
Commémorations publiques à travers la Chine
Mercredi 9 septembre 2026, des gens à travers la Chine ont commémoré les 50 ans de la mort de Mao Zedong, décédé le 9 septembre 1976 à l'âge de 82 ans. À Pékin, le Mausolée du président Mao a prolongé ses heures d'ouverture pour accueillir un afflux de visiteurs souhaitant voir son corps conservé. Le portrait de Mao de six mètres continue de surplomber la place Tiananmen, le centre politique de la Chine, tandis que son effigie reste sur les billets de banque nationaux. À Shaoshan, lieu de naissance de Mao dans la province du Hunan, des foules se sont rassemblées autour de sa statue en bronze pour rendre hommage au leader qui a proclamé la République populaire de Chine le 1er octobre 1949.
- Les forces communistes livrent la bataille de Loushanguan pendant la Longue Marche
- Mao Zedong proclame la fondation de la République populaire de Chine
- Le vice-premier ministre Xi Zhongxun est écarté de ses fonctions politiques
- Mao lance la Révolution culturelle
- Xi Jinping est envoyé dans un village du nord-ouest de la Chine pour sept ans
- Mao Zedong meurt à 82 ans après plus de 25 ans à la tête de la Chine
- La Chine marque le 50e anniversaire de la mort de Mao par des commémorations publiques
Impact personnel et politique sur la direction actuelle
Mao a dirigé la Chine pendant plus de 25 ans, supervisant des campagnes qui ont apporté des turbulences à la société, notamment la Révolution culturelle lancée en 1966 et le Grand Bond en avant. Le Parti communiste chinois a ensuite qualifié la Révolution culturelle d'erreur grave dont Mao était le principal responsable, mais la doctrine officielle du parti maintient que ses réalisations surpassent ses erreurs. Cette époque a directement affecté l'actuel président chinois Xi Jinping. En 1962, le père de Xi, l'ancien vice-premier ministre Xi Zhongxun, a été écarté du pouvoir, et la résidence familiale a été saccagée pendant les troubles. L'adolescent Xi a subi des interrogatoires, des études politiques coercitives et des menaces d'exécution avant d'être envoyé dans un village du nord-ouest de la Chine en 1969 pour sept ans de rééducation rurale.
Parce que j'avais un caractère obstiné et que je refusais de me laisser intimider, j'ai offensé la faction rebelle. Tout ce qui allait mal m'était imputé… Je n'avais même pas 15 ans.
Tourisme rouge et nostalgie populaire
Dans les parcs publics de Pékin, des groupes de retraités se rassemblent régulièrement pour chanter des chansons patriotiques rouges de leur jeunesse, se souvenant de Mao comme du leader qui a mis fin à la domination étrangère en Chine. Les interprètes décrivent le chant comme une source de moral et d'esprit positif à la retraite, même si les souvenirs douloureux des mouvements politiques passés restent largement tus. En dehors de la capitale, le tourisme rouge soutenu par l'État s'est développé en reconstitutions publiques organisées. À Loushanguan, dans la province du Guizhou, les visiteurs enfilent des uniformes de l'Armée rouge et portent des fusils en bois pour reconstituer deux fois par jour la bataille de la Longue Marche de février 1935 contre les forces nationalistes.
Nous aimons la vie, notre patrie, notre parti, notre armée, notre peuple et nos paysages magnifiques. Tous ces thèmes sont présents dans les chansons que nous chantons.
Héritage institutionnel et contrôle idéologique
Cinq décennies après la mort de Mao, les chercheurs universitaires et les commentateurs politiques retracent la structure durable de la gouvernance chinoise jusqu'à son mandat. Zhang Lun, professeur à l'Université de Cergy-Paris, a décrit quatre héritages clés de cette époque : un système centralisé autoritaire, une gouvernance par campagnes de masse, un anti-élitisme populiste et un moralisme égalitaire. Jean Christopher Mittelstaedt, professeur à l'Université de Zurich, a noté que le principe fondateur de Mao de la suprématie du parti sur l'État et la société reste actif. Le commentateur Chang Ping a observé que la doctrine centrale de la direction du parti permet à l'État de concentrer et de mobiliser les ressources à travers la société pour atteindre des objectifs centraux.


