
Au moins 50 soldats maliens tués dans une embuscade de djihadistes et de séparatistes touaregs près d'Anéfis
Un convoi militaire quittant Anéfis pour Gao a été attaqué samedi par une coalition du JNIM lié à al-Qaïda et de séparatistes touaregs. Au moins 24 soldats ont été faits prisonniers, et les paramilitaires russes déjà à Gao sont sortis indemnes.
## L'embuscade Le samedi 18 juillet, un convoi militaire malien quittant Anéfis, une ville stratégique du nord du Mali, a été pris en embuscade par une coalition de djihadistes et de séparatistes touaregs. Le convoi se dirigeait vers la capitale régionale Gao lorsqu'il a été attaqué par des combattants du Groupe de soutien à l'islam et aux musulmans (JNIM), une filiale d'al-Qaïda, et du Front de libération de l'Azawad (FLA). Cette embuscade est l'une des plus meurtrières contre l'armée malienne dans le conflit de 15 ans qui ravage ce pays d'Afrique de l'Ouest.
Bilan et prisonniers
Un élu local proche de la junte au pouvoir a déclaré à l'AFP que le bilan provisoire était « très lourd : plus de 50 soldats tués et au moins 24 prisonniers ». Une source militaire, s'exprimant sous couvert d'anonymat, a indiqué que certains soldats avaient été « purement exécutés » et que des enquêtes sont en cours pour déterminer quels échecs tactiques ont laissé les troupes si exposées. L'épouse d'un soldat tué dans les combats a exigé la transparence.
Le bilan provisoire de l'attaque est très lourd. Plus de 50 soldats tués. Et au moins 24 prisonniers.
Mon mari a été tué samedi dans les combats. Le gouvernement doit nous dire la vérité. Il y a trop de morts.
Les forces russes indemnes
Les paramilitaires russes de l'Africa Corps, la force liée au Kremlin qui a succédé au groupe Wagner au Mali, étaient déjà arrivés à Gao lorsque l'embuscade a eu lieu et n'ont subi aucune perte. Un responsable communautaire de la région de Gao a déclaré sans détour qu'aucun Russe n'avait été tué, les morts provenant de l'armée et des milices d'État. Un responsable local a confirmé un problème de coordination : « Il y a eu un problème de coordination entre les Russes et l'armée. Les Russes étaient devant. Ils sont arrivés à Gao sans perdre un seul homme. » L'absence de pertes russes a soulevé des questions sur l'intégration des deux forces.
Aucun Russe n'a été tué. Les morts sont dans les rangs de l'armée et des milices d'État.
Des semaines de combats pour Anéfis
Anéfis est un point chaud depuis des semaines. Début juillet, le JNIM et le FLA ont mené une offensive coordonnée de grande ampleur qui a temporairement pris la ville, encerclant le camp militaire défendu par des soldats maliens et des paramilitaires russes. Le convoi pris en embuscade samedi quittait cette même zone contestée. Les deux groupes avaient annoncé une alliance contre la junte malienne en mai, et leurs opérations conjointes se sont intensifiées depuis une offensive en avril qui a brièvement mis les autorités militaires sous forte pression.
- Le JNIM et le FLA capturent temporairement Anéfis lors d'une offensive de grande ampleur
- Convoi pris en embuscade près d'Anéfis ; au moins 50 soldats tués, 24 capturés
- L'armée malienne reconnaît l'embuscade ; enquête ouverte
Enquête et conflit plus large
L'armée malienne a reconnu samedi que son convoi « est tombé dans une embuscade tendue par des groupes armés terroristes » mais n'a pas communiqué de chiffres de pertes. Une source militaire a indiqué que les enquêteurs examinent ce qui a rendu les soldats si vulnérables. Le FLA a revendiqué l'attaque dans un communiqué, affirmant qu'elle avait fait « des dizaines de morts et de blessés », plusieurs prisonniers et une quantité importante d'équipement militaire détruit, tandis que plusieurs véhicules et véhicules blindés ont été capturés en bon état. Le groupe a promis de poursuivre les opérations jusqu'à la « libération totale de l'Azawad », le territoire historique touareg.
Le Mali est en proie à une profonde crise sécuritaire depuis 2012, alimentée par des groupes liés à al-Qaïda et à l'État islamique, des gangs criminels communautaires et des mouvements indépendantistes touaregs. Le pays est sous régime militaire depuis les coups d'État successifs de 2020 et 2021, la junte promettant de rétablir la sécurité et de préserver l'intégrité territoriale. En août 2024, l'armée malienne et les paramilitaires de Wagner ont subi une lourde défaite à Tinzaouatène, près de la frontière algérienne, soulignant les défis persistants auxquels le régime est confronté.


