
Les membres européens de l’OTAN et le Canada promettent 140 milliards d’euros d’aide militaire à l’Ukraine pour 2026-2027, comblant le vide laissé par les États-Unis
Les alliés européens de l’OTAN et le Canada s’engageront à fournir 70 milliards d’euros d’assistance militaire à l’Ukraine cette année et l’année prochaine, ont confirmé des diplomates le 3 juillet, avant le sommet de l’Alliance à Ankara.
L’engagement
Les membres européens de l’OTAN et le Canada s’engageront à fournir 70 milliards d’euros (environ 80 milliards de dollars) d’assistance militaire à l’Ukraine cette année et l’année prochaine, ont indiqué des diplomates le 3 juillet. L’annonce officielle est attendue lors du sommet de l’Alliance à Ankara, le total atteignant 140 milliards d’euros sur deux ans. Ce montant correspond à l’ampleur d’un précédent engagement de l’OTAN pris avant le sommet de Washington en 2024, mais cette fois les États-Unis ne contribuent pas financièrement.
D’où vient l’argent
Le financement comprend un prêt de 60 milliards d’euros de l’Union européenne, versé en tranches annuelles de 30 milliards, ainsi que des contributions supplémentaires de membres européens individuels de l’OTAN et du Canada. Ces engagements nationaux totalisent environ 40 milliards d’euros par an. Le prêt de l’UE est structuré de sorte que l’Ukraine ne le rembourse que si la Russie paie finalement des réparations de guerre ; sinon, les États membres garants couvrent le coût. La Hongrie, la Tchéquie et la Slovaquie ont refusé de garantir le prêt. Les États-Unis, qui ont réduit l’aide militaire directe après le retour de Donald Trump à la Maison-Blanche, continuent de vendre des armes à l’Ukraine via la liste prioritaire des besoins urgents (PURL). Les alliés européens utilisent ce canal pour acheter des armes et des munitions fabriquées aux États-Unis pour Kiev.
- Prêt UE 2026
- 30 Mds €
- Contributions nationales 2026
- 40 Mds €
- Prêt UE 2027
- 30 Mds €
- Contributions nationales 2027
- 40 Mds €
Un message pour Washington et Moscou
Cet engagement vise à montrer à Trump que les alliés de l’OTAN ont pleinement assumé le fardeau financier du soutien à l’effort de guerre ukrainien. Les diplomates l’ont décrit comme largement symbolique, mais aussi destiné à rassurer le président Volodymyr Zelensky sur la solidité du soutien. Zelensky assistera à un dîner des dirigeants mardi soir mais ne participera pas au sommet principal mercredi ; les responsables de l’Alliance souhaitent éviter que l’Ukraine ne domine l’ordre du jour pour ne pas irriter Trump, dont les propres efforts pour négocier une fin à la guerre sont au point mort.
Le sommet de l’OTAN sera également l’occasion de réaffirmer le soutien en matière d’équipement, ainsi que le soutien financier concret des alliés à l’Ukraine.
L’Allemagne, désormais le plus grand soutien de Kiev, a insisté pour que l’engagement soit mis par écrit afin d’inciter d’autres pays européens à en faire davantage. Le secrétaire général de l’OTAN, Mark Rutte, avait auparavant proposé un seuil de contribution de 0,25 % du PIB, mais plusieurs alliés s’y sont opposés.
Dynamique plus large du sommet
La réunion d’Ankara intervient après que Trump a critiqué les nations européennes pour leur réponse à sa guerre contre l’Iran. Les alliés espèrent également profiter du sommet pour le convaincre qu’ils sont en bonne voie pour atteindre un engagement antérieur – pris l’année dernière – visant à porter les dépenses de défense à 5 % du PIB d’ici 2035. La déclaration du sommet appellerait, selon les informations, à « une Europe plus forte dans une OTAN plus forte » alors que Washington fait pression sur ses partenaires pour qu’ils prennent en charge leur propre défense.


