Le blocus naval des ports iraniens dans le détroit d'Ormuz est entré dans sa deuxième phase ce mardi 15 avril 2026. L'opération, ordonnée par le président Donald Trump, mobilise plus de 10 000 militaires et une dizaine de navires de guerre sous le commandement du CENTCOM.

Impact sur les marchés

Le prix du baril de pétrole a dépassé les 100 dollars suite à l'annonce du blocus dans le détroit d'Ormuz.

Mise en œuvre militaire

Plus de 10 000 militaires américains et une douzaine de navires de guerre imposent des restrictions aux navires liés aux ports iraniens.

Contestations internationales

L'OMI dénonce une violation du droit international et la Chine menace de mesures de rétorsion économiques.

Le blocus naval américain des ports iraniens dans le détroit d'Ormuz a entamé sa deuxième journée ce mardi 15 avril 2026. Les effets sur le trafic maritime sont mesurables : six navires marchands ont fait demi-tour sur ordre des forces américaines, tandis qu'au moins quatre navires liés à l'Iran ont franchi le passage malgré les restrictions. Ce blocus, effectif depuis le lundi 13 avril à midi, est coordonné par le U.S. Central Command. L'opération a suscité de vives critiques de la part de la Chine et de l'Organisation maritime internationale, alors que les cours du pétrole ont franchi le seuil des 100 dollars le baril.

Le détroit d'Ormuz est depuis longtemps un point de tension majeur entre Washington et Téhéran, une part considérable du pétrole brut mondial transitant par cette zone. L'actuelle confrontation militaire impliquant les États-Unis et Israël contre l'Iran a débuté le 28 février 2026 sous le nom d'opération « Epic Fury », au cours de laquelle le Guide suprême Ali Khamenei a été tué. Son fils, Mojtaba Khamenei, a été nommé pour lui succéder le 9 mars 2026. Les négociations de cessez-le-feu à Islamabad se sont achevées sans avancée notable. Selon plusieurs sources, dont Kpler et le Financial Times, l'Iran tenterait de formaliser un système transformant le détroit en une route maritime à péage gérée par Téhéran.

Franchissements malgré le blocus et soupçons de manipulation de données La première journée complète de blocus présente un bilan opérationnel contrasté. Selon les données de navigation de Reuters, au moins huit navires ont traversé le détroit d'Ormuz mardi, incluant trois pétroliers traçables vers l'Iran qui, n'étant pas destinés à des ports iraniens, n'étaient pas visés par les restrictions. BBC Verify, s'appuyant sur des données de MarineTraffic, a identifié quatre navires liés à l'Iran ou sous sanctions américaines ayant franchi le passage : le vraquier Christianna, le Rich Starry, le pétrolier Murlikishan et le pétrolier Elpis. BBC Verify souligne que ces bâtiments pourraient avoir émis de fausses coordonnées de position — une pratique dite de « spoofing » — pour masquer leur trajectoire réelle. Les flux globaux restent toutefois drastiquement réduits par rapport aux 130 passages quotidiens enregistrés avant le conflit.

L'OMI alerte sur 1 600 navires bloqués, la Chine menace de représailles La réaction internationale a été immédiate. Arsenio Dominguez, secrétaire général de l'Organisation maritime internationale, a affirmé que ce blocus naval contrevient au droit international. Selon El Mundo, environ 1 600 navires et 20 000 marins se trouveraient bloqués dans le golfe Persique. Le porte-parole de la diplomatie chinoise, Guo Jiakun, a qualifié l'opération de « dangereuse et irresponsable » lors d'une conférence de presse.

„« Les États-Unis ont intensifié leurs opérations militaires et entrepris une action de blocus ciblé, ce qui ne fera qu'exacerber les tensions et saper l'accord de cessez-le-feu déjà fragile, compromettant davantage la sécurité du passage dans le détroit. »” — Guo Jiakun via ANSA

Pékin a également rejeté les accusations américaines concernant des livraisons d'armes à l'Iran, les qualifiant de « pure invention », et a prévenu que toute nouvelle taxe douanière imposée sous ce prétexte entraînerait des « contre-mesures fermes ».

„« Si les États-Unis insistent pour utiliser ce prétexte afin d'imposer des tarifs douaniers supplémentaires à la Chine, celle-ci adoptera certainement des contre-mesures résolues. »” — Guo Jiakun via ANSA

Une application sélective du blocus et des coûts d'assurance extrêmes Des analystes s'interrogent sur l'étanchéité réelle du dispositif. Le CENTCOM a précisé que la mesure cible uniquement les navires à destination ou en provenance des ports iraniens, garantissant la liberté de navigation pour les autres trafics. Cependant, Louis Borer, analyste chez Risk Intelligence, estime qu'une fermeture totale nécessiterait un déploiement bien plus vaste. Fabrizio Coticchia, professeur à l'Université de Gênes, suggère que Washington pourrait opter pour une application sélective. Parallèlement, les primes d'assurance pour risque de guerre stagnent à des niveaux records — plusieurs centaines de milliers de dollars par semaine — selon le courtier maritime BRS. L'Iran, de son côté, formaliserait un projet de péage maritime permanent, dont les paiements pourraient être exigés dans des devises autres que le dollar américain.

Retours forcés vers les ports iraniens : 6, Traversées (liés à l'Iran/sanctionnés) : 4, Total des passages enregistrés (mardi) : 8

Mentioned People

  • Donald Trump — 47. Prezydent Stanów Zjednoczonych
  • Arsenio Dominguez — Sekretarz Generalny Międzynarodowej Organizacji Morskiej (IMO)
  • Guo Jiakun — Rzecznik Ministerstwa Spraw Zagranicznych Chin

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