Selon un rapport annuel publié ce lundi, l'Iran a procédé à au moins 1 639 exécutions en 2025, marquant le niveau le plus élevé depuis trente-six ans. Ce chiffre représente une augmentation de 68 % par rapport à l'année précédente, soit une moyenne de plus de quatre pendaisons quotidiennes.
Bilan sans précédent
Avec 1 639 exécutions en 2025, l'Iran atteint son niveau d'application de la peine de mort le plus élevé depuis 1989.
Instrument de répression politique
Le rapport d'IHR et ECPM dénonce l'utilisation de la peine capitale pour étouffer toute contestation sociale après les vagues de manifestations.
Groupes vulnérables visés
Le nombre de femmes exécutées a bondi de 55 % et les minorités ethniques (Kurdes, Baloutches) demeurent particulièrement ciblées.
L'Iran a exécuté au moins 1,639 (personnes) — exécutions recensées en Iran en 2025, le plus haut total depuis 1989 personnes en 2025, le chiffre le plus élevé enregistré dans le pays depuis 1989, selon un rapport annuel conjoint publié lundi par l'ONG norvégienne Iran Human Rights (IHR) et l'organisation parisienne Ensemble contre la peine de mort (ECPM). Ce bilan constitue une hausse de 68 % par rapport à 2024, année durant laquelle 975 exécutions avaient été dénombrées. Mahmood Amiry-Moghaddam, fondateur et directeur d'IHR, a présenté ces conclusions lors d'une conférence de presse à Paris, soulignant que cette estimation constitue un « minimum absolu », la majorité des exécutions n'étant pas signalées par les médias officiels iraniens. Les deux organisations avertissent que si la République islamique « survit à la crise actuelle, il existe un risque sérieux que les exécutions soient utilisées de manière encore plus intensive comme outil d’oppression et de répression ». Ce rapport fait état du nombre d'exécutions le plus élevé depuis que l'IHR a commencé son suivi en 2008.
L'Iran occupe depuis longtemps le deuxième rang mondial en nombre d'exécutions après la Chine, où les chiffres exacts restent un secret d'État. La hausse actuelle s'inscrit dans une tendance amorcée après les manifestations nationales « Femme, Vie, Liberté » en 2022, qui, selon le rapport, ont marqué le début d'une progression constante du recours à la peine capitale. Des organisations de défense des droits de l'homme, dont Amnesty International, soutiennent que l'Iran présente le taux d'exécutions par habitant le plus élevé au monde. Le recours aux tribunaux révolutionnaires — décrits par les observateurs internationaux comme menant des procès inéquitables sans respect des droits de la défense — demeure une préoccupation majeure.
Infractions liées à la drogue : 795, Meurtre : 747, Accusations liées à la sécurité : 57, Viol : 37
Le trafic de drogue et les meurtres au cœur de cette progression Sur les 1 639 personnes exécutées, exécutées pour trafic de drogue en 2025, une hausse de 58 %">795 avaient été condamnées pour des infractions liées aux stupéfiants, soit une augmentation de 58 % par rapport à 2024. Parallèlement, 747 exécutions concernaient des affaires de meurtre (+79 %). Au moins 57 personnes ont été condamnées pour des motifs liés à la sécurité nationale, dont deux manifestants, et 37 pour viol. Le rapport précise que plus de la moitié des sentences ont été prononcées par des tribunaux révolutionnaires à l'issue de procédures jugées « gravement inéquitables ». Six membres présumés du groupe d'opposition en exil des Moudjahidines du Peuple ont également été exécutés, ainsi qu'une personne condamnée pour espionnage au profit d'Israël. Bien que la grande majorité des pendaisons se déroulent en milieu carcéral, le nombre d'exécutions publiques a plus que triplé pour atteindre 11 cas en 2025.
Exécutions en Iran : 2024 vs 2025: Total des exécutions (before: 975 (2024), after: 1 639 (2025)); Lien avec la drogue (before: 503 (2024, estimé), after: 795 (2025)); Lien avec des meurtres (before: 417 (2024, estimé), after: 747 (2025)); Femmes exécutées (before: 31 (2024), after: 48 (2025))
Les femmes et les minorités ethniques particulièrement touchées Au moins 48 femmes ont été exécutées en 2025, un record sur les vingt dernières années et une augmentation de 55 % par rapport aux 31 cas de 2024. Parmi elles, 21 ont été condamnées pour le meurtre d'un mari ou d'un fiancé. Raphaël Chenuil-Hazan, directeur général d'ECPM, a précisé que les minorités ethniques et les groupes marginalisés sont surreprésentés. La minorité kurde de l'ouest du pays et la minorité baloutche du sud-est — majoritairement sunnites dans un pays dominé par le chiisme — ont été identifiées comme des cibles privilégiées. „La peine de mort est utilisée en Iran comme un instrument politique d'oppression et de répression, et les minorités ethniques ainsi que les groupes marginalisés sont proportionnellement les plus touchés” — Raphaël Chenuil-Hazan via AFP Bien que le code pénal iranien autorise d'autres méthodes, toutes les exécutions connues ont été pratiquées par pendaison ces dernières années, indique le rapport.
Inquiétudes pour les manifestants de janvier 2026 sur fond de conflit armé Les deux ONG ont lancé une alerte urgente concernant le sort des manifestants arrêtés lors des contestations de janvier 2026, réprimées au prix de milliers de morts et de dizaines de milliers d'arrestations selon les défenseurs des droits humains. Depuis le début du conflit armé israélo-américain le 28 février 2026, sept personnes ont été exécutées en lien avec ces manifestations. Vingt-sept autres ont déjà été condamnées à mort, tandis que des centaines d'individus font face à des chefs d'accusation passibles de la peine capitale. Un blocage d'internet en Iran, qui dure depuis plusieurs semaines, complique le suivi exhaustif de la situation par les observateurs extérieurs. Mahmood Amiry-Moghaddam a regretté l'absence de mention des droits fondamentaux lors des négociations à Islamabad ce week-end, exigeant qu'un moratoire sur les exécutions devienne la « condition prioritaire » de tout futur échange. „En instaurant un climat de peur avec une moyenne de quatre ou cinq exécutions quotidiennes en 2025, les autorités ont tenté d'empêcher de nouvelles protestations pour prolonger leur pouvoir chancelant” — Mahmood Amiry-Moghaddam via IHR press conference Raphaël Chenuil-Hazan a appelé les gouvernements occidentaux à placer l'abolition de la peine de mort « au cœur » de toute négociation avec Téhéran, appelant à la fermeté pour inclure ce point dans chaque accord.
Mentioned People
- Mahmood Amiry-Moghaddam — Norwesko-irański neurobiolog, obrońca praw człowieka i dyrektor międzynarodowej organizacji Iran Human Rights
- Raphaël Chenuil-Hazan — Dyrektor wykonawczy Ensemble contre la peine de mort (ECPM) i członek Światowej Koalicji przeciw Karze Śmierci
Sources: 27 articles
- Irán: el número de ejecuciones en 2025 ha sido el mayor en 36 años (RFI)
- Zahl der Hinrichtungen in Iran laut Menschenrechtlern deutlich gestiegen (tagesschau.de)
- L'Iran a battu tous les records d'exécutions capitales en 2025, selon deux ONG (Courrier international)
- L'Iran a battu tous les records d'exécutions capitales en 2025, selon deux ONG (La Libre.be)
- Iran carried out highest number of executions in decades (BBC)
- Neuer Höchststand: Iran richtet 2025 so viele Menschen hin wie seit 35 Jahren nicht mehr (N-tv)
- В 2025 году власти Ирана совершили рекордное число смертных казней (RFI)
- Iran: Record de execuţii capitale, în 2025 (RFI)
- Todesstrafe: Hinrichtungen im Iran laut Menschenrechtlern 2025 stark angestiegen (ZEIT ONLINE)
- Todesstrafe: Hinrichtungen im Iran laut Menschenrechtlern 2025 stark angestiegen (ZEIT ONLINE)