Le Haut-Commissariat des Nations unies pour les réfugiés (HCR) et l'Organisation internationale pour les migrations (OIM) ont fait état, mardi, d'un nouveau drame migratoire. Un navire transportant environ 280 personnes, principalement des Rohingya et des citoyens bangladais, a fait naufrage au large des îles Andaman après être parti de Teknaf le 4 avril 2026.
Bilan humain lourd
Environ 250 personnes sont portées disparues et seulement neuf ont été secourues après le naufrage d'un chalutier surchargé.
Conditions de navigation précaires
Le navire a coulé après quatre jours de traversée en raison du mauvais temps et de l'entassement des passagers dans la cale.
Appel à l'action internationale
Le HCR et l'OIM demandent une intervention urgente pour traiter les causes profondes du déplacement des Rohingyas au Myanmar.
Environ 250 personnes, dont des enfants, sont portées disparues après le chavirage d'une embarcation transportant des réfugiés Rohingyas et des ressortissants bangladais dans la mer d'Andaman, ont annoncé mardi le Haut-Commissariat des Nations unies pour les réfugiés et l'Organisation internationale pour les migrations dans un communiqué conjoint. Le chalutier, qui avait quitté Teknaf, dans le sud du Bangladesh, le 4 avril 2026, se dirigeait vers la Malaisie lorsqu'il a coulé, vraisemblablement en raison de vents violents, d'une mer agitée et d'une surcharge de passagers. Le navire transportait approximativement 280 personnes, parmi lesquelles des hommes, des femmes et des enfants. Seuls neuf survivants ont été confirmés à ce jour. „Ce drame souligne le coût humain lourd du déplacement prolongé et l'absence continue de solutions durables pour les Rohingyas” — HCR et OIM via Reuters
Les Rohingyas fuient le Myanmar depuis des décennies, mais la crise s'est considérablement intensifiée en 2017 lorsque l'armée birmane a lancé une offensive qui a contraint au moins 730 000 d'entre eux à se réfugier au Bangladesh voisin. Les survivants y ont rapporté des exécutions, des viols de masse et des incendies criminels. Une mission d'établissement des faits de l'ONU a conclu que l'offensive militaire de 2017 comprenait des « actes de génocide ». Le Myanmar, pays à majorité bouddhiste, a contesté cette qualification de génocide, affirmant que la répression militaire était justifiée pour réprimer une insurrection rohingya. Plus d'un million de Rohingyas vivent désormais dans les camps de Balukhali et Kutupalong à Cox's Bazar, au Bangladesh, dans des conditions jugées alarmantes par les organisations humanitaires en raison de la surpopulation. Chaque année, des milliers de personnes tentent des traversées maritimes périlleuses vers la Malaisie, l'Indonésie et la Thaïlande.
Neuf survivants secourus après 36 heures à la dérive Un navire bangladais effectuant la liaison entre Chittagong et l'Indonésie a repéré plusieurs personnes flottant en mer le 9 avril, s'aidant de jerricans et de troncs d'arbres pour rester à la surface. Neuf personnes, dont une femme, ont finalement été secourues à proximité des îles Andaman. Sabbir Alam Sujan, porte-parole des garde-côtes du Bangladesh, a confirmé l'opération de sauvetage. „Un navire bengali, parti de Chittagong à destination de l'Indonésie, a aperçu plusieurs personnes à la dérive le 9 avril à l'aide de bidons et de troncs d'arbres, avant de les secourir au large des îles Andaman” — Sabbir Alam Sujan via AFP L'un des rescapés, Rafiqul Islam, âgé de 40 ans et résident du camp de réfugiés de Kutupalong, a déclaré à l'AFP avoir dérivé pendant près de 36 heures avant d'être sauvé. Il a précisé que les passagers étaient entassés dans la cale du chalutier et qu'il souffrait de brûlures causées par du carburant déversé à bord. Selon son témoignage, le navire a navigué durant quatre jours et quatre nuits avant de chavirer, et entre 25 et 30 personnes auraient succombé par étouffement en raison de l'exiguïté. D'après l'agence Anadolu, six des neuf personnes secourues sont soupçonnées de trafic d'êtres humains et ont été placées en détention par la police.
280 (personnes) — nombre estimé de passagers à bord au moment du départ
La promesse d'emplois en Malaisie motive les départs Rafiqul Islam a expliqué avoir embarqué sur ce chalutier de pêche surchargé après avoir reçu la promesse d'un emploi en Malaisie. Les passagers auraient entrepris ce voyage pour fuir le camp de Balukhali à Cox's Bazar, où plus d'un million de réfugiés vivent dans des conditions précaires. La Malaisie, pays à majorité musulmane abritant une importante diaspora rohingya, reste une destination privilégiée pour ces traversées. Le HCR et l'OIM ont souligné que la persistance des violences dans l'État de Rakhine, au Myanmar, a réduit les espoirs de retour sécurisé, tandis que la diminution de l'aide humanitaire et l'accès limité à l'éducation poussent les réfugiés vers ces routes maritimes dangereuses. En janvier 2025, la Malaisie avait refoulé deux bateaux transportant environ 300 réfugiés après leur avoir fourni de la nourriture et de l'eau, selon la BBC. Les agences ont appelé la communauté internationale à maintenir et accroître le financement de l'aide vitale pour les Rohingyas au Bangladesh ainsi que pour les communautés d'accueil locales.
L'ONU appelle à traiter les causes profondes du déplacement Le HCR et l'OIM ont lancé un appel urgent à une action internationale concertée, prévenant qu'à défaut, d'autres vies seraient perdues en mer. „Sans action collective, davantage de vies seront perdues en mer lors de voyages désespérés sur des routes meurtrières” — HCR et OIM via Al Jazeera Les agences ont insisté sur la nécessité de s'attaquer aux causes profondes du déplacement au Myanmar et de créer les conditions permettant un retour volontaire, sûr et digne des réfugiés rohingyas. Le communiqué précise que cette tragédie coïncide avec le nouvel an au Bangladesh, rappelant l'urgence de résoudre cette crise structurelle. Les circonstances exactes du naufrage restent floues selon le HCR et plusieurs médias, les agences décrivant la cause comme probable mais non confirmée. La mer d'Andaman, bordant les côtes occidentales du Myanmar, de la Thaïlande et de la péninsule malaise, constitue l'une des routes maritimes les plus empruntées et les plus meurtrières pour les Rohingyas cherchant à fuir la région.
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Mentioned People
- Sabbir Alam Sujan — Rzecznik Straży Przybrzeżnej Bangladeszu
- Rafiqul Islam — 40-letni ocalały z obozu dla uchodźców Kutupalong
Sources: 15 articles
- 250 missing as boat carrying Rohingya and Bangladeshi migrants sinks in Indian Ocean (BBC)
- Plus de 250 personnes portées disparues après le naufrage d'un bateau de réfugiés rohingyas | RTS (rts.ch)
- Un bateau de réfugiés rohingyas parti du Bangladesh chavire, 250 personnes portées disparues (Ouest France)
- Hundreds missing after Rohingya boat capsizes in Andaman Sea: UN (Al Jazeera Online)
- Violence envers les Rohingyas - Au moins 250 disparus après le chavirage d'un bateau de Rohingyas parti du Bangladesh (La Libre.be)
- Un bateau de réfugiés rohingya parti du Bangladesh chavire, 250 personnes portées disparues (Le Monde.fr)
- Un bateau de réfugiés rohingyas parti du Bangladesh chavire, 250 personnes portées disparues (SudOuest.fr)
- Un bateau de réfugiés rohingyas parti du Bangladesh chavire, 250 personnes portées disparues (Mediapart)