Le samedi 11 avril 2026, des avions de combat ont frappé un marché hebdomadaire très fréquenté dans la zone de Jilli, dans l'État de Yobe. Si Amnesty International confirme au moins 100 décès, les autorités locales redoutent que le bilan final n'atteigne 200 victimes civiles.

Lourdes pertes civiles

Au moins 100 à 200 civils auraient péri dans une frappe aérienne sur un marché de l'État de Yobe.

Versions divergentes

L'armée affirme avoir ciblé un bastion terroriste désert, tandis que les témoins décrivent un marché bondé.

Implication des États-Unis

Le raid intervient alors que 200 soldats américains sont présents pour appuyer le renseignement nigérian.

Des aéronefs militaires nigérians ont frappé un marché hebdomadaire bondé dans la zone de Jilli, dans l'État de Yobe, le samedi 11 avril 2026, tuant au moins 100 personnes selon Amnesty International. Les responsables locaux craignent toutefois que le bilan ne s'élève à 200 morts. Le raid, qui selon des témoins impliquait trois avions de chasse, a touché un marché situé près de la frontière entre les États de Yobe et de Borno, dans le nord-est du Nigeria. La Force aérienne nigériane a confirmé avoir mené des frappes dans le secteur mais les a décrites comme des opérations de précision contre des positions terroristes, sans mentionner de pertes civiles. Cet incident a suscité la condamnation immédiate d'Amnesty International, qui a réclamé une enquête indépendante. Récits contradictoires entre l'armée et les témoinsLe porte-parole de l'armée de l'air nigériane, l'Air Commodore Ehimen Ejodame, a décrit l'opération comme des bombardements de précision menés dans le cadre d'une opération d'intégration air-sol coordonnée avec les troupes de l'armée de terre. Le lieutenant-colonel Sani Uba, porte-parole de l'armée nigériane, a déclaré que les frappes avaient visé une enclave terroriste et un centre logistique dans ce qu'il a décrit comme un village abandonné près de Jilli. Les autorités locales et les groupes de défense des droits de l'homme ont totalement rejeté cette version, affirmant que les bombes sont tombées sur un marché hebdomadaire très actif attirant des commerçants venant d'aussi loin que les États de Kano et de Jigawa, dans le nord-ouest. Malam Lawan Zanna, membre du conseil local, a précisé que le nombre de morts dépassait déjà les 200 au moment de sa prise de parole, alors que des corps étaient encore extraits du site.„Les chiffres ne sont pas certains car nous continuons de récupérer des corps. Mais au moment où je parle, plus de 200 personnes ont perdu la vie dans le raid aérien sur le marché.” — Malam Lawan Zanna via ReutersIsa Sanusi, directeur d'Amnesty International Nigeria, a déclaré avoir échangé directement avec le personnel hospitalier et les survivants pour confirmer l'ampleur de la catastrophe.„Nous avons leurs photos et, parmi les victimes, figurent également des enfants.” — Isa Sanusi via APL'Hôpital général de Geidam a reçu au moins 35 blessés graves suite à l'attaque, selon Amnesty International. Un employé de l'hôpital, s'exprimant sous couvert d'anonymat, a déclaré à l'Associated Press qu'au moins 23 blessés recevaient des soins dans l'établissement. Un marché fréquenté par Boko Haram selon le renseignementCe grand marché isolé est connu pour être fréquenté par des combattants de Boko Haram qui y achètent des provisions et l'utilisent, selon une source du renseignement nigérian citée par l'AFP, comme source de revenus en assurant la sécurité contre le paiement de taxes par les commerçants. Abdulmumin Bulama, membre d'une force d'intervention civile collaborant avec l'armée, a indiqué que des renseignements signalaient un rassemblement de combattants de Boko Haram près du marché avant une attaque prévue contre des communautés voisines. Le gouvernement de l'État de Yobe a confirmé dans un communiqué que le raid visait un bastion de Boko Haram, tout en affirmant que seules quelques personnes présentes au marché avaient été touchées — une affirmation contredite par les bilans des témoins et du personnel médical. Amnesty International a rappelé que ce n'était pas la première fois que l'armée tentait de présenter des victimes civiles comme des militants, appelant les autorités à mener une enquête immédiate et impartiale.„Les frappes aériennes ne constituent en aucun cas une méthode légitime de maintien de l'ordre. Cet usage imprudent de la force létale est illégal, révoltant, et souligne le mépris flagrant de l'armée nigériane pour la vie de ceux qu'elle est censée protéger.” — Amnesty International via Deutsche WelleDes analystes en sécurité pointent des lacunes dans la collecte de renseignements et un manque de coordination entre les troupes au sol et l'armée de l'air. La violence politique au Nigeria a augmenté de plus de 25 % en mars selon Ladd Serwat, analyste au projet ACLED, notant une intensification marquée de la fréquence et de la létalité des combats. Un historique de pertes civiles et une présence américaine accrueLe nord-est du Nigeria est en proie à une insurrection djihadiste depuis 2009. Le conflit s'est intensifié à partir de 2016 avec l'émergence de l'État islamique en Afrique de l'Ouest. Selon un décompte de l'Associated Press, au moins 500 civils sont morts dans des erreurs de frappes aériennes nigérianes depuis 2017, les enquêtes sur ces incidents débouchant rarement sur des résultats publics.Le raid de samedi s'inscrit dans un schéma documenté de frappes militaires ayant tué des civils plutôt que des militants. Les États-Unis et le Nigeria ont renforcé leur coopération militaire ces derniers mois, avec le déploiement en février 2026 d'environ 200 soldats américains pour mener des missions de surveillance quotidiennes via des drones MQ-9 Reaper. Une douzaine d'analystes américains sont également stationnés au quartier général militaire d'Abuja. La semaine dernière, le Département d'État américain a autorisé le départ volontaire de ses employés gouvernementaux face à la dégradation de la sécurité. Le gouvernement nigérian a rejeté cette évaluation. À la fin de décembre 2025, les forces américaines et nigérianes avaient mené des frappes conjointes contre des positions djihadistes dans le nord-ouest.500 (civils tués) — dans des erreurs de frappes aériennes nigérianes depuis 2017, selon l'Associated Press200 (soldats américains) — déployés au Nigeria en février 2026 pour le soutien au renseignement et la surveillance par droneAmnesty International (minimum) : 100, Malam Lawan Zanna (conseil local) : 200, Gouvernement de l'État de Yobe : quelques-unes

Mentioned People

  • Ehimen Ejodame — Komodor lotnictwa i rzecznik Nigeryjskich Sił Powietrznych
  • Sani Uba — Podpułkownik i rzecznik nigeryjskiej armii
  • Isa Sanusi — Dyrektor wykonawczy Amnesty International Nigeria
  • Lawan Zanna — Członek rady lokalnej w dotkniętym regionie stanu Yobe

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