À la suite d'une tentative d'attentat contre le siège de Bank of America samedi dernier, Goldman Sachs et Citigroup ont déployé des mesures de sécurité exceptionnelles. Les autorités françaises étudient actuellement les liens potentiels entre cette attaque déjouée et une organisation pro-iranienne.

Mesures de sécurité accrues

Goldman Sachs et Citigroup ont ordonné le télétravail pour leurs équipes à Paris après des menaces ciblées.

Attaque déjouée contre Bank of America

Un engin explosif artisanal puissant a été saisi rue de la Boétie ; quatre suspects ont été mis en examen.

Soupçons contre le groupe HAYI

Les enquêteurs examinent les liens avec ce groupuscule pro-iranien qui avait menacé les banques américaines peu avant l'incident.

Goldman Sachs et Citigroup ont demandé à leurs employés parisiens de privilégier le télétravail ce jeudi, suite à l'interception d'une tentative d'attentat à l'explosif contre le siège de Bank of America à Paris samedi dernier. Selon une source proche du dossier, Goldman Sachs a autorisé son personnel parisien à travailler à domicile, tandis que Citigroup a étendu cette mesure de précaution à ses sites de Paris et de Francfort. Le siège parisien de Goldman Sachs a été placé sous surveillance policière après des menaces de destruction par engins explosifs attribuées à un groupe iranien, d'après les informations de BFMTV et du Parisien. Le parquet de Paris a toutefois confirmé jeudi qu'aucun objet suspect n'avait été découvert lors des inspections sur le site de Goldman Sachs.

L'attentat déjoué contre Bank of America impliquait l'engin artisanal le plus puissant saisi en France L'incident à l'origine de ces mesures de sécurité s'est produit dans la nuit du vendredi 27 au samedi 28 mars 2026. Un jeune homme de 17 ans a été surpris par une patrouille de police rue de la Boétie, alors qu'il s'apprêtait à enflammer un dispositif explosif devant les bureaux de Bank of America. Le Parquet national antiterroriste a décrit cet engin comme le plus puissant de ce type jamais identifié sur le territoire. Le dispositif comprenait un bidon d'essence de cinq litres couplé à une charge pyrotechnique contenant un 650 (grammes) — cylindre de matière active au sein de l'engin explosif. Selon le parquet, la déflagration aurait pu générer une boule de feu de plusieurs mètres de diamètre. Quatre suspects — trois mineurs de 16 et 17 ans, ainsi qu'un adulte — ont été mis en examen pour association de malfaiteurs terroriste criminelle, fabrication et transport d'engin explosif, et tentative de destruction en relation avec une entreprise terroriste. Tous ont nié toute intention terroriste devant les enquêteurs.

La France fait face depuis quelques années à une recrudescence d'incidents liés à des acteurs étatiques étrangers ou à leurs relais. Ce projet d'attentat contre Bank of America s'inscrit dans un mode opératoire déjà observé aux Pays-Bas et en Belgique, caractérisé par l'usage d'engins artisanaux similaires, filmés et revendiqués. L'enquête est centralisée par le PNAT, structure créée spécifiquement pour coordonner les poursuites antiterroristes en France.

Le recruteur adulte aurait versé entre 500 et 1 000 euros aux adolescents Les investigations ont révélé que le suspect adulte aurait recruté les trois adolescents pour poser l'engin et filmer l'action, moyennant une rémunération comprise entre 500 et 1 000 euros par personne. Les autorités françaises, dont le préfet de police Laurent Nuñez, soupçonnent publiquement l'implication d'un groupe pro-iranien nommé Harakat Ashab al-Yamin al-Islamiyya, connu sous l'acronyme HAYI. Ce groupe avait diffusé une vidéo le 23 mars 2026, citant explicitement le siège de Bank of America, soit cinq jours avant l'attaque. Le parquet a néanmoins précisé que le lien formel entre HAYI et les faits n'était pas encore établi à ce stade. Par ailleurs, Goldman Sachs aurait reçu un signalement des autorités américaines préconisant une vigilance accrue face aux menaces d'un groupe iranien ciblant des bâtiments parisiens, selon Le Parisien.

„« Je fais le lien parce que l'action violente de nature terroriste déjouée au cours de la nuit de vendredi à samedi était en tout point similaire à celles qui se sont produites aux Pays-Bas et en Belgique avec un engin explosif, improvisé, artisanal et cette volonté de filmer, de revendiquer. »” — Laurent Nuñez via Franceinfo

Citigroup place la sécurité de ses employés au cœur de sa priorité Citigroup a justifié le passage au télétravail par un principe de précaution, un porte-parole affirmant que la sécurité des employés demeurait la priorité absolue de la banque. Les mesures prises par Citigroup s'étendent à ses bureaux de Paris et de Francfort, constituant la réponse géographique la plus large parmi les institutions concernées. Parallèlement, la préfecture de police a renforcé la surveillance autour des institutions financières américaines et des sites de la communauté juive sur l'ensemble du territoire, d'après Le Parisien. Le parquet de Paris s'est refusé à tout commentaire supplémentaire sur l'instruction en cours. L' information judiciaire ouverte par le PNAT vise des chefs de terrorisme et de tentative de destruction, l'affaire étant désormais entre les mains de juges d'instruction.

Mentioned People

  • Laurent Nuñez — Prefekt policji w Paryżu

Sources: 12 articles