Le directeur général du groupe Ryanair a averti, mercredi, que l'approvisionnement en carburant pourrait être perturbé dès le mois de mai 2026. Si le conflit au Moyen-Orient persiste, jusqu'à 25 % des besoins de la compagnie irlandaise pourraient être compromis en mai et juin.
Risque de pénurie dès mai 2026
Jusqu'à 25 % des besoins en kérosène de Ryanair pourraient manquer si le détroit d'Ormuz reste fermé.
Vulnérabilité du Royaume-Uni
Le marché britannique est jugé le plus exposé en raison de ses importations massives de pétrole du Koweït.
Hausse attendue des tarifs
L'IATA et l'AIE préviennent qu'une augmentation du prix des billets est inévitable face au doublement du cours du kérosène.
Le PDG du groupe Ryanair, Michael O'Leary, a prévenu ce mercredi que l'approvisionnement de l'Europe en kérosène pourrait subir des perturbations dès le mois de mai 2026. Jusqu'à 25 % des besoins en carburant de la compagnie pourraient être menacés durant les mois de mai et juin si le conflit au Moyen-Orient se poursuit et que le détroit d'Ormuz demeure de fait fermé. S'exprimant lors d'une conférence de presse à Londres et sur Sky News, M. O'Leary a indiqué que le transporteur irlandais tenait des réunions quotidiennes avec l'ensemble de ses fournisseurs de carburant en Europe pour évaluer la situation, ces derniers précisant que la stabilité de l'approvisionnement n'était garantie que jusqu'à la fin du mois de mai. S'il a précisé qu'aucun vol n'avait encore été annulé et que les stocks actuels étaient sécurisés, il a averti qu'un prolongement du conflit en mai rendrait les conséquences sur les voyages d'été difficiles à prévoir. Ryanair, première compagnie européenne par nombre de passagers, exploite 650 appareils dans 94 aéroports et emploie plus de 26 000 personnes. La compagnie a couvert environ 80 % de ses besoins en carburant pour l'exercice se terminant en mars 2027 à un prix de 67 dollars le baril de pétrole brut, offrant un rempart partiel contre la volatilité des prix ; toutefois, M. O'Leary a reconnu que la compagnie payait entre 150 et 170 dollars le baril pour les 20 % restants non couverts.
Le Royaume-Uni identifié comme le marché européen le plus exposé M. O'Leary a désigné le Royaume-Uni comme le marché européen le plus vulnérable aux potentielles pénuries de kérosène, en raison de sa forte dépendance au pétrole koweitien. Ces derniers mois, la Grande-Bretagne a puisé au moins la moitié de son kérosène au Moyen-Orient, après s'être détournée des approvisionnements russes suite à l'invasion de l'Ukraine et face au déclin de ses capacités de raffinage nationales. La demande britannique a atteint 12 millions de tonnes en 2025, majoritairement importées, le Koweït figurant parmi les principaux fournisseurs. Le Département de la Sécurité énergétique et de la Neutralité carbone a déclaré que des cargaisons continuaient d'arriver depuis l'Inde, les États-Unis et les Pays-Bas, sans toutefois aborder les risques de fourniture à long terme. M. O'Leary a souligné que si un excédent de kérosène pouvait exister au Moyen-Orient même, le défi résidait dans son acheminement physique vers l'Europe compte tenu des perturbations sur les routes de transit.
„« Il pourrait y avoir un surplus de carburant Jet A-1 au Moyen-Orient, mais il faut encore l'expédier en Europe et nous ne savons ni quand ni comment cela pourra se faire. »” — Michael O'Leary via The Guardian
La guerre impliquant les États-Unis, Israël et l'Iran, connue sous le nom d'Opération Epic Fury, a débuté le 28 février 2026, entraînant la fermeture effective du détroit d'Ormuz au transport maritime commercial. Cette fermeture a interrompu les flux de pétrole et de carburants raffinés qui représentent normalement environ 20 % de l'offre mondiale de kérosène, selon l'Irish Times. Les prix de gros du kérosène ont approximativement doublé depuis le début du conflit, atteignant environ 195 dollars le baril à la fin du mois de mars 2026, d'après les données de l'Association internationale du transport aérien (IATA). Des compagnies d'Asie et du Pacifique, notamment Cathay Pacific, Qantas, AirAsia, SAS et Air New Zealand, ont déjà instauré des surcharges carburant temporaires ou permanentes face à cette flambée des prix.
L'IATA et l'AIE redoutent une tension sur l'offre d'ici quelques semaines L'IATA estime qu'entre 25 % et 30 % de la demande de kérosène en Europe provient du golfe Persique, plaçant le continent parmi les régions les plus exposées. Willie Walsh, directeur général de l'IATA, a précisé que certains transporteurs répercutaient déjà la hausse des coûts sur les passagers et que les voyageurs européens ne disposaient que d'un « court répit » grâce aux contrats de couverture. Selon lui, les compagnies n'auront d'autre choix que d'augmenter les tarifs : « C'est déjà en cours ». Fatih Birol, directeur exécutif de l'AIE, a également averti ce mercredi que l'interruption des approvisionnements moyen-orientaux s'intensifierait en avril pour toucher l'économie européenne, le déficit de kérosène et de diesel affectant déjà l'Asie. Carsten Spohr, PDG de Lufthansa, a indiqué que sa compagnie se préparait à un éventuel manque de carburant hors Europe et a confirmé dans une note interne le développement de scénarios de crise incluant l'annulation de liaisons non rentables et le retrait anticipé d'avions anciens.
25-30% (part de la demande européenne de kérosène) — Part du kérosène européen provenant du golfe Persique, selon l'IATA
Prix couvert (80 % de l'offre) : 67, Prix non couvert en avril : 170, Moyenne du marché la semaine dernière : 195
Les propos de Trump sur un cessez-le-feu détendent temporairement le marché Les actions des compagnies aériennes européennes ont progressé mercredi après que le président américain Donald Trump a déclaré que les États-Unis pourraient mettre fin aux attaques militaires contre l'Iran d'ici deux à trois semaines. Le titre Ryanair a gagné 4,1 % sur la journée. Le Brent est passé sous la barre des 100 dollars après ces remarques, chutant jusqu'à 98,83 dollars, son plus bas niveau en une semaine selon The Guardian. M. O'Leary a précisé que Ryanair ne constatait pas encore d'effet majeur sur le prix des billets lié au conflit, tablant toujours sur une hausse des tarifs de 3 % à 4 % sur un an pour la période d'avril à juin. Il a ajouté que la saison la plus rentable s'étend de juin à septembre et que les décisions d'annulation de vols seraient prises chaque semaine en fonction de la disponibilité du carburant dans chaque aéroport.
„« Si la guerre prend fin et que le détroit d'Ormuz rouvre d'ici la mi-avril ou la fin avril, alors il n'y aura aucun risque pour l'approvisionnement. »” — Michael O'Leary via Reuters
Par ailleurs, Michael O'Leary a de nouveau appelé le gouvernement britannique à supprimer la Taxe sur les passagers aériens, qui a augmenté ce mercredi. Il soutient que cette hausse nuit à la compétitivité du Royaume-Uni face à des pays comme la Suède ou la Slovaquie, qui suppriment leurs taxes environnementales. Des groupements du secteur ont également écrit à la Commission européenne pour alerter sur une pénurie de carburant durable (SAF) si Bruxelles ne revient pas sur l'imposition de droits antidumping sur les importations américaines, une pression supplémentaire s'ajoutant à la crise globale du kérosène.
Mentioned People
- Michael O'Leary — Irlandzki biznesmen, dyrektor generalny grupy Ryanair
- Willie Walsh — Irlandzki menedżer branży lotniczej, dyrektor generalny Międzynarodowego Zrzeszenia Przewoźników Powietrznych (IATA)
- Fatih Birol — Turecki ekonomista i ekspert ds. energii, dyrektor wykonawczy Międzynarodowej Agencji Energetycznej (MAE) od 2015 roku
- Donald Trump — 47. Prezydent Stanów Zjednoczonych
- Carsten Spohr — Niemiecki menedżer, prezes zarządu i dyrektor generalny Lufthansy od maja 2014 roku
Sources: 19 articles
- Zborurile din sezonul estival, în pericol din cauza penuriei de combustibil. Avertismentul Ryanair (Mediafax.ro)
- O companie aeriană favorizată de români ar putea anula zborurile în lunile de vară - Știrile ProTV (Stirile ProTV)
- UK is Europe's 'most vulnerable' market to jet fuel disruption, says Ryanair CEO (Financial Times News)
- Ryanair ar putea lua în considerare anularea zborurilor din iunie / "Dacă acest conflict continuă până la final lunii aprilie, există riscuri" (G4Media.ro)
- UK is most vulnerable European country to jet fuel shortages, Ryanair boss says (The Guardian)
- Will the supply shock to jet fuel drive up air fares this summer? (The Irish Times)
- Prezes Ryanaira: możliwe odwoływanie lotów w sezonie letnim jeśli będą problemy z paliwem (pb.pl)
- Ryanair amenaza con cancelar vuelos a partir de junio por falta de suministro (LaVanguardia)
- Energiekrise: Ryanair-Chef O'Leary warnt vor möglicher Störung der Treibstoff-Versorgung ab Mai (Berliner Zeitung)
- Ryanair warns of jet fuel supply disruption in May (Sky News)