La cheffe de la diplomatie européenne, Kaja Kallas, a estimé jeudi que la guerre contre l’Iran ne reposait pas sur une base juridique en droit international. Plusieurs responsables européens ont, dans le même temps, fait part de leurs inquiétudes sur les prix de l’énergie, l’exposition industrielle de l’Union et les conséquences politiques du conflit lancé le 28 février 2026.
Kaja Kallas conteste la base juridique de la guerre
La haute représentante de l’UE a estimé que la guerre contre l’Iran ne reposait pas sur une base en droit international, au moment où les dirigeants européens examinent ses conséquences pour l’Union.
Pedro Sánchez dénonce une guerre illégale
Le premier ministre espagnol a repris la critique juridique et a averti que certains acteurs politiques utilisaient le conflit pour affaiblir le Green Deal.
Les institutions européennes s’alarment sur l’énergie
Roberta Metsola et António Costa ont mis en avant le risque de hausse des prix, les failles du stockage et la nécessité de réduire la dépendance extérieure par davantage de production en Europe.
Macron vise les attaques contre les infrastructures gazières
Le président français a jugé ces attaques irresponsables et a appelé à une trêve pendant les fêtes, dans l’idée d’ouvrir un espace de désescalade.
L’industrie italienne réclame ETS et euro-obligations
Emanuele Orsini, président de la Confindustria, a demandé la suspension immédiate du système d’échange de quotas d’émission et a évoqué des euro-obligations si la guerre se prolonge.
La cheffe de la diplomatie de l’Union européenne, Kaja Kallas, a déclaré jeudi que la guerre contre l’Iran ne reposait sur aucune base en droit international. Cette prise de position l’inscrit dans une série de déclarations de hauts responsables européens qui ont exprimé leurs préoccupations juridiques, énergétiques et économiques face au conflit en cours. Kaja Kallas, qui exerce les fonctions de haute représentante de l’Union européenne pour les affaires étrangères et la politique de sécurité, a tenu ces propos alors que les dirigeants européens se réunissaient pour examiner l’élargissement des conséquences du conflit pour le bloc.
Le premier ministre espagnol, Pedro Sánchez, a formulé une critique comparable sur le terrain du droit. Il a qualifié la guerre contre l’Iran d’illégale et a averti que certains acteurs politiques se servaient du conflit pour fragiliser le Green Deal. Les déclarations de ces deux responsables traduisent un fossé grandissant entre plusieurs capitales européennes et Washington au sujet du cadre juridique sur lequel repose Operation Epic Fury, la campagne militaire menée par les États-Unis et Israël contre l’Iran depuis le 28 février 2026. La convergence, au même moment, de préoccupations juridiques, énergétiques et industrielles souligne l’ampleur de l’inquiétude européenne quant à l’évolution du conflit.
Les prix de l’énergie et les capacités de stockage préoccupent les institutions européennes La présidente du Parlement européen, Roberta Metsola, a mis en garde contre une nouvelle hausse des prix de l’énergie et a appelé l’Union européenne à investir dans des capacités de stockage comme réponse structurelle à la crise. Elle a également déclaré que la guerre en Iran touchait directement l’Union européenne et a exhorté les États membres à rechercher une désescalade. De son côté, le président du Conseil européen, António Costa, a décrit la période actuelle comme difficile pour les marchés de l’énergie et a appelé l’Europe à accroître sa propre production afin de réduire sa vulnérabilité extérieure.
Les deux responsables institutionnels ont présenté le défi énergétique non pas seulement comme un choc ponctuel sur les prix mais comme une exposition structurelle antérieure au conflit actuel. Leurs déclarations sont intervenues alors que les marchés européens de l’énergie subissent une pression continue depuis le début de la campagne américano-israélienne contre les infrastructures iraniennes. L’appel d’António Costa à renforcer la production intérieure s’inscrit dans un débat européen plus large sur la souveraineté énergétique, qui s’est intensifié depuis l’invasion à grande échelle de l’Ukraine par la Russie en février 2022. L’insistance de Roberta Metsola sur l’investissement dans le stockage met en lumière une lacune précise des politiques publiques que les institutions européennes jugent déterminante pour faire face à de futures ruptures d’approvisionnement.
Macron juge les attaques contre les infrastructures gazières irresponsables Le président français, Emmanuel Macron, a qualifié d’irresponsables les attaques contre les infrastructures gazières et a appelé à une trêve pendant les fêtes, ajoutant une dimension humanitaire à la réponse européenne. La qualification retenue par Emmanuel Macron figure parmi les critiques publiques les plus nettes émises par un grand dirigeant occidental sur la conduite de la campagne militaire. Son appel à une trêve pendant les fêtes fait écho à d’autres demandes formulées lors de précédents cycles de conflit au Moyen-Orient, même si les informations disponibles ne précisent ni le calendrier exact ni les destinataires de cet appel.
L’intervention du chef de l’État français est intervenue au moment où les capitales européennes s’interrogeaient sur une réponse collective à un conflit dont elles n’avaient joué aucun rôle formel dans le déclenchement. La France, en tant que membre permanent du Conseil de sécurité des Nations unies et puissance nucléaire, dispose d’un poids diplomatique particulier dans toute tentative de désescalade. L’accent mis par Emmanuel Macron à la fois sur les attaques contre les infrastructures et sur l’ouverture d’une fenêtre de trêve suggère que Paris cherche à ouvrir un canal diplomatique sans rompre formellement avec Washington. La campagne militaire américano-israélienne contre l’Iran, baptisée Operation Epic Fury, a débuté le 28 février 2026. Les premières frappes ont tué le guide suprême de l’époque, Ali Khamenei. Son fils, Mojtaba Khamenei, a ensuite été nommé guide suprême le 9 mars 2026. Le conflit a suscité un important débat international sur sa base juridique au regard de la Charte des Nations unies et du droit des conflits armés.
Le patron de l’industrie italienne réclame la suspension de l’ETS et des euro-obligations Emanuele Orsini, président de la Confindustria, a demandé la suspension immédiate du système d’échange de quotas d’émission et a averti que, si la guerre se prolongeait, l’Union européenne devrait émettre des euro-obligations pour faire face aux conséquences économiques. S’exprimant à Bruxelles, Emanuele Orsini a présenté la suspension de l’ETS comme la seule voie praticable dans les conditions actuelles, en parlant d’un « cri d’alarme » de l’industrie italienne.
L’appel à des euro-obligations marque un relèvement notable des demandes portées par les milieux économiques européens, alors que l’émission d’une dette commune de l’UE reste politiquement sensible dans les États membres du Nord. L’intervention d’Emanuele Orsini rejoignait l’avertissement de Pedro Sánchez selon lequel certains acteurs utilisaient le conflit pour remettre en cause le Green Deal, même si les deux démarches procèdent de logiques politiques différentes, l’une émanant d’un gouvernement, l’autre du monde industriel. La présence du président de la Confindustria à Bruxelles a montré que la pression exercée sur les institutions européennes au sujet des conséquences économiques du conflit se renforçait. Sa double demande — un allégement immédiat via l’ETS et, à plus long terme, un financement commun — reflète l’ampleur des inquiétudes des industriels européens face à une hausse durable des prix de l’énergie et à une perte de compétitivité.
Mentioned People
- Kaja Kallas — Wysoka przedstawiciel Unii Europejskiej do spraw zagranicznych i polityki bezpieczeństwa
- Pedro Sánchez — Premier Hiszpanii
- Roberta Metsola — Przewodnicząca Parlamentu Europejskiego
- Emmanuel Macron — Prezydent Francji
- António Costa — Przewodniczący Rady Europejskiej
- Emanuele Orsini — Prezydent Confindustrii