Le président américain a vivement critiqué les pays européens refusant de s'impliquer dans le conflit contre Téhéran, les invitant à obtenir leur propre pétrole dans le détroit d'Ormuz. Cette déclaration intervient alors que les Gardiens de la révolution intensifient leurs menaces contre des entreprises technologiques américaines et le transport maritime international.

Tensions transatlantiques

Donald Trump critique ouvertement les alliés européens, les invitant à sécuriser eux-mêmes leur approvisionnement énergétique dans le détroit d'Ormuz.

Blocages militaires en Europe

La France, l'Italie et l'Espagne restreignent l'utilisation de leur espace aérien et de leurs bases pour les opérations américaines et israéliennes.

Choc énergétique mondial

Le baril de WTI atteint 104 dollars et l'essence dépasse les 4 dollars le gallon aux États-Unis, exacerbant l'inflation mondiale.

Incertitude diplomatique

Washington envisage de mettre fin aux frappes sans obtenir la réouverture du détroit d'Ormuz, malgré les conditions initiales du plan de paix.

Le président Donald Trump s'en est pris publiquement aux alliés européens mardi, invitant les nations confrontées à des pénuries de carburant dues au conflit avec l'Iran à « aller chercher leur propre pétrole » dans le détroit d'Ormuz. Alors que la guerre entre dans son deuxième mois, les fractures diplomatiques et les pressions économiques s'intensifient. Sur Truth Social, M. Trump a particulièrement ciblé le Royaume-Uni, exhortant les pays « qui ont refusé de participer à la décapitation de l'Iran » à faire preuve d'un « courage tardif, à se rendre dans le détroit et à se SERVIR ». Il a ajouté que « les États-Unis ne seront plus là pour vous aider, tout comme vous n'avez pas été là pour nous ». Ces propos surviennent alors que les Gardiens de la révolution iraniens ont promis de viser 18 entreprises américaines au Moyen-Orient dès mercredi, dont Microsoft, Google, Apple, Intel, IBM, Tesla et Boeing. L'Iran a également incendié l'Al-Salmi, un pétrolier koweïtien chargé de brut au large de Dubaï, marquant l'une des attaques les plus graves contre la marine marchande depuis le début des hostilités. Le navire peut transporter environ 2 000 000 de barils de pétrole, d'une valeur supérieure à 200 000 000 de dollars aux cours actuels, selon les rapports de presse.

La France bloque des vols militaires, l'Italie refuse l'accès à ses bases La résistance européenne à la campagne militaire israélo-américaine s'est durcie mardi. La France a interdit le survol de son espace aérien aux avions israéliens transportant des armes, tandis que l'Italie a refusé au dernier moment l'atterrissage de bombardiers américains en Sicile. L'Espagne avait déjà fermé ses bases et son ciel aux opérations américaines ; à Madrid, la ministre de la Défense a affirmé que le pays n'accepterait de « leçons de personne ». Bien que le Royaume-Uni autorise l'usage de ses bases par les États-Unis, Londres a qualifié la guerre d'illégale, s'attirant malgré tout les critiques de M. Trump. L'Élysée s'est dit « surpris » par les publications du président américain, précisant que la position française « n'a pas changé depuis le premier jour » du conflit. La Pologne a quant à elle indiqué qu'elle ne prévoyait pas de déplacer ses batteries Patriot, malgré les suggestions de Washington d'envoyer l'un de ces systèmes au Moyen-Orient. Ce fossé grandissant a conduit le secrétaire d'État américain Marco Rubio à déclarer que les États-Unis pourraient devoir réévaluer leur relation avec l'OTAN après la guerre, selon Bloomberg.

„« Il y a des pays à travers le monde qui devraient également être prêts à intervenir sur cette voie navigable critique. Il n'y a pas que la marine américaine. »” — Pete Hegseth via BBC

Le brut WTI à 104 dollars, l'essence franchit le seuil des 4 dollars aux USA Les répercussions économiques de la guerre continuent de s'aggraver. Le brut WTI s'échangeait autour de 104 dollars le baril mardi. Le prix de l'essence aux États-Unis a dépassé la moyenne de 4 dollars le gallon pour la première fois depuis août 2022, une situation qui menace directement M. Trump et le Parti républicain avant les élections de mi-mandat de novembre. En zone euro, l'inflation a bondi en mars à son niveau le plus élevé depuis 2022, portée par l'envolée des prix de l'énergie. Lors d'un échange avec des responsables du G7, la présidente de la Banque centrale européenne, Christine Lagarde, a contesté les affirmations du secrétaire au Trésor Scott Bessent, qui assurait que l'impact économique du conflit serait de courte durée. Le Premier ministre irlandais, Micheál Martin, a averti que le choc pétrolier causé par l'attaque israélo-américaine était « probablement le pire de l'histoire ». Environ 20 % du pétrole et du gaz naturel liquéfié mondial transitent habituellement par le détroit d'Ormuz, selon la BBC.

Les États-Unis et Israël ont lancé des frappes militaires contre l'Iran le 28 février 2026, lors d'une opération nommée « Epic Fury », durant laquelle le guide suprême Ali Khamenei a été tué. Son fils Mojtaba Khamenei a été nommé guide suprême le 9 mars 2026. L'Iran a bloqué le détroit d'Ormuz depuis le début des frappes, perturbant environ un cinquième des expéditions mondiales d'hydrocarbures. Le conflit a révélé de profondes divisions au sein de l'OTAN, les gouvernements européens refusant globalement de participer et plusieurs d'entre eux bloquant activement la logistique militaire israélo-américaine sur leur territoire.

Trump envisage la fin de la guerre sans réouverture du détroit Malgré l'escalade verbale, certains signes indiquent que M. Trump pourrait être prêt à ralentir la campagne militaire sans avoir atteint tous ses objectifs. Le Wall Street Journal rapporte que le président aurait confié à ses conseillers être prêt à mettre fin aux opérations même si le détroit d'Ormuz reste fermé, l'administration envisageant alors de maintenir une pression diplomatique sur Téhéran. Donald Trump a lui-même affirmé mardi que la guerre « ne durerait plus longtemps », ajoutant que le détroit s'ouvrirait « automatiquement » après le départ des États-Unis. Il a déclaré à CBS News qu'il n'y avait « pas de menace réelle » dans la zone. Le secrétaire à la Défense, Pete Hegseth, a indiqué que les discussions pour mettre fin au conflit « gagnaient en importance » et que l'armée maintiendrait la pression pour contraindre Téhéran à un accord, tout en affirmant qu'un « changement de régime a eu lieu » en Iran, sans préciser l'identité des interlocuteurs de Washington. Cependant, de hauts responsables iraniens ont qualifié les propositions de paix américaines de « irréalistes, illogiques et excessives » selon The Independent. La Chine et le Pakistan ont émis une initiative en cinq points appelant à un cessez-le-feu immédiat. Le plan de paix initial de Trump exigeait pourtant la réouverture du détroit comme condition préalable, ce qui marquerait un tournant significatif dans la position américaine.

Mentioned People

  • Donald Trump — 47. prezydent Stanów Zjednoczonych
  • Marco Rubio — 72. sekretarz stanu USA i p.o. doradcy ds. bezpieczeństwa narodowego
  • Pete Hegseth — 29. sekretarz obrony Stanów Zjednoczonych
  • Scott Bessent — 79. sekretarz skarbu Stanów Zjednoczonych
  • Christine Lagarde — prezes Europejskiego Banku Centralnego

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