Le dimanche 12 avril 2026, Donald Trump a provoqué une vive controverse en publiant sur Truth Social une image générée par intelligence artificielle le dépeignant en figure christique. Face à une vague de condamnations émanant de ses propres soutiens religieux, le président américain a retiré la publication dès le lendemain.
Retrait d'une image controversée
Donald Trump a supprimé une image générée par IA le représentant en figure christique après de vives critiques.
Tensions avec le Vatican
L'incident s'inscrit dans un conflit ouvert avec le pape Léon XIV concernant la politique étrangère américaine.
Désaveu d'alliés clés
Des figures comme Marjorie Taylor Greene et des organisations catholiques ont qualifié l'image de blasphématoire.
Baisse du soutien catholique
Le soutien des électeurs catholiques à Donald Trump est passé sous le seuil des 50 % depuis le début de la guerre en Iran.
Le président des États-Unis, Donald Trump, a publié une image générée par IA le représentant sous les traits d'une figure christique sur Truth Social le dimanche 12 avril 2026, avant de la supprimer le lendemain à la suite d'une vague de condamnations touchant jusqu'au cœur de sa base religieuse. L'image montrait M. Trump vêtu d'une robe blanche et d'une cape rouge, posant sa main sur la tête d'un homme allongé dans un geste de guérison. Le cliché était entouré de symboles patriotiques, dont le drapeau américain, la Statue de la Liberté, des aigles, un soldat en uniforme, un avion de chasse et des rayons de lumière issus de l'iconographie religieuse. M. Trump a reconnu avoir publié l'image mais a rejeté la comparaison avec Jésus-Christ, affirmant aux journalistes devant la Maison-Blanche qu'il pensait qu'elle le représentait en médecin associé à la Croix-Rouge. Il a ensuite déclaré avoir retiré le message parce que les gens « se confondaient », tout en insistant sur le fait que ses détracteurs propageaient des « fake news » sur ses intentions. Cet épisode marque un rare recul public de M. Trump sur les réseaux sociaux, survenant quelques jours seulement après Pâques, un calendrier qui a amplifié l'offense ressentie par les observateurs chrétiens.
Le différend avec le pape a ouvert la voie à une réaction religieuse La controverse a éclaté dans un contexte de différend public entre Donald Trump et le pape Léon XIV. Premier souverain pontife d'origine américaine, Léon XIV avait été accusé par M. Trump d'être « faible face à la criminalité » et « médiocre en politique étrangère » après avoir critiqué la guerre menée par les États-Unis en Iran. M. Trump avait alors déclaré qu'il n'était « pas un grand fan » du pape, refusant de s'excuser et affirmant que Léon XIV avait fait des « déclarations mensongères » et s'opposait « farouchement » à sa politique iranienne. Le président a également accusé le pape de soutenir l'armement nucléaire iranien, de s'opposer à l'opération militaire américaine au Venezuela en janvier et de rencontrer des alliés de l'ancien président Barack Obama. Le pape Léon XIV, s'adressant aux journalistes à bord de l'avion le menant en Algérie pour une tournée africaine, a répondu avec une défiance mesurée. „« Je n'ai pas peur de l'administration Trump »” — Le pape Léon XIV via RTS. Le pape a précisé qu'il ne souhaitait pas entrer dans un débat politique avec M. Trump, tout en ajoutant qu'il n'avait « pas peur de porter haut et fort le message de l'Évangile », réitérant ses appels à la paix et à la réconciliation. L'expert du Vatican Massimo Faggioli, cité par RFI, a souligné que les attaques de M. Trump contre le pontife étaient sans précédent moderne parmi les dirigeants mondiaux.
Les chrétiens conservateurs dénoncent un « esprit antéchristique » La réaction au sein de la coalition de M. Trump a été immédiate et d'une rare sévérité. Marjorie Taylor Greene, représentante de la Géorgie jusqu'à sa démission en 2026, a publié sur X que l'image était « plus qu'un blasphème » et représentait « un esprit antéchristique », marquant une rupture publique avec le président qu'elle a longtemps soutenu. Elle a lié l'image au conflit avec le pape, écrivant que M. Trump avait attaqué Léon XIV pour son opposition à la guerre en Iran avant de publier une photo suggérant qu'il remplaçait Jésus. L'auteure conservatrice et influenceuse MAGA Megan Basham a qualifié l'image de « blasphème scandaleux », exigeant que M. Trump la supprime et demande pardon. Riley Gaines, militante conservatrice, a déclaré ne pas comprendre les motivations du président, ajoutant qu'« un peu d'humilité ne lui ferait pas de mal » et que « l'on ne se moque pas de Dieu ». Le représentant du Nebraska Don Bacon a qualifié la publication d'« absurdité » et a averti que diviser son propre camp était « autodestructeur », notant que les républicains percevaient l'image comme une provocation « antichrétienne ». Le pasteur évangélique Doug Wilson s'est félicité que de nombreux chrétiens aient dénoncé ce qu'il a décrit comme « le blasphème de Jésus ».
L'Église exige des excuses, Vance minimise l'incident Les instances catholiques institutionnelles ont également exprimé leur désapprobation. Mgr Paul S. Coakley, président de la Conférence des évêques catholiques des États-Unis, a publié un communiqué exprimant sa tristesse face aux « propos désobligeants sur le Saint-Père », soulignant que le pape n'était « pas son rival, ni un politicien » mais « le Vicaire du Christ ». Mgr Robert Barron, membre d'une commission sur la liberté religieuse créée par M. Trump, a estimé sur X que le président devait des excuses au pape pour ses déclarations « inappropriées ». John Yep, directeur de Catholics for Catholics, a reconnu que sa communauté était « quelque peu déconcertée ». Le vice-président JD Vance a tenté de calmer le jeu, décrivant la publication comme une plaisanterie mal comprise et suggérant que son retrait répondait à une confusion plutôt qu'à un aveu de faute. „« Le pape Léon XIV n'est pas son rival, ni un politicien. Il est le Vicaire du Christ, qui parle au nom de la vérité de l'Évangile et pour le soin des âmes. »” — Mgr Paul S. Coakley via ABC TU DIARIO EN ESPAÑOL Selon le chercheur Matthew Taylor de l'université de Georgetown, cité par Sud Ouest, M. Trump a intensifié sa rhétorique religieuse après une tentative d'assassinat en juillet 2024. Cependant, la guerre en Iran a ouvert une brèche dans son électorat catholique, dont le soutien est passé sous la barre des 50 % depuis le début des opérations militaires.
Mentioned People
- Donald Trump — 47. prezydent Stanów Zjednoczonych
- Pope Leo XIV — Głowa Kościoła katolickiego i suweren Państwa Watykańskiego
- Marjorie Taylor Greene — Była przedstawicielka USA z 14. okręgu Georgii, która zrezygnowała w 2026 roku
- Don Bacon — Przedstawiciel USA z 2. okręgu Nebraski
- Megan Basham — Amerykańska pisarka i reporterka kulturalna dla The Daily Wire
- Doug Wilson — Amerykański konserwatywny teolog reformowany i pastor ewangelicki
- Riley Gaines — Amerykańska konserwatywna aktywistka polityczna i była pływaczka akademicka
Sources: 52 articles
- After backlash, Trump deletes post depicting him as Jesus-like figure (NPR)
- Trump on 'AI Jesus' Picture: 'I Thought It Was Me as a Doctor' (Wired)
- La foto de Trump imitando a Jesús causa la indignación de sus aliados religiosos: "La fe no es un accesorio" (ABC TU DIARIO EN ESPAÑOL)
- Trump choque sa base chrétienne avec une image IA " blasphématoire " (20minutes)
- Imagem de IA em que Trump se retrata como Jesus choca cristãos e conservadores nos EUA (RFI)
- Donald Trump se présente en figure christique et irrite même sa base | RTS (rts.ch)
- Imagem de Trump como Jesus Cristo e embate com o papa provocam reação até entre aliados - BBC News Brasil (BBC)
- Trump elimina la publicación creada con IA que lo representaba como a Jesús tras la polémica (La Razón)
- États-Unis : photomontage du Christ " blasphématoire ", attaques contre le pape... pourquoi Trump consterne jusqu'aux catholiques américains ? (SudOuest.fr)
- American Catholics outraged at Trump's attack of pope and AI-generated image of him as Christ (Le Monde.fr)