La présidente du Conseil italien, Giorgia Meloni, a annoncé mardi la suspension du renouvellement automatique de l'accord de coopération en matière de défense avec l'État hébreu. Cette décision intervient dans un contexte de tensions croissantes au Moyen-Orient et marque un tournant diplomatique pour Rome.

Suspension de la coopération militaire

L'Italie ne renouvellera pas automatiquement son accord de défense avec Israël, affectant notamment l'entraînement militaire conjoint.

Tensions au Liban

La décision fait suite aux critiques de Rome concernant les frappes israéliennes au Liban touchant potentiellement les casques bleus de la FINUL.

Critiques de Donald Trump

Le président américain a exprimé son mécontentement vis-à-vis de Giorgia Meloni, remettant en cause son courage politique.

La présidente du Conseil italien, Giorgia Meloni, a annoncé mardi la décision de son gouvernement de suspendre le renouvellement automatique de l'accord de coopération en matière de défense avec Israël, invoquant « la situation actuelle » au Moyen-Orient. Mme Meloni a fait cette annonce en marge du salon du vin Vinitaly à Vérone, marquant un tournant significatif pour un exécutif longtemps considéré comme l'un des alliés les plus proches d'Israël en Europe. Le ministre de la Défense, Guido Crosetto, a formalisé cette mesure en adressant une lettre officielle à son homologue israélien, Israel Katz. La décision a été prise conjointement par Mme Meloni, le ministre des Affaires étrangères Antonio Tajani, M. Crosetto et le vice-président du Conseil Matteo Salvini, selon l'agence Reuters citant une source anonyme au sein du ministère de la Défense. Le protocole d'accord avait été ratifié en 2005, était entré en vigueur le 13 avril 2016 et devait faire l'objet d'un nouveau renouvellement automatique ce mois-ci.

Un pacte décennal couvrant l'armement, la recherche et l'entraînement L'accord suspendu établissait un cadre pour la coopération de défense entre l'Italie et Israël dans plusieurs domaines, notamment l'échange d'équipements militaires, la recherche technologique au sein des forces armées et l'entraînement militaire conjoint. Une source du ministère de la Défense a indiqué à Reuters que l'une des conséquences directes de cette suspension est la fin de la coopération italienne avec Israël en matière de formation militaire. Le New York Times a rapporté que l'accord couvrait également l'industrie de la défense et les politiques d'approvisionnement, l'importation et l'exportation de matériel militaire, ainsi que l'échange de données techniques. Les onze articles de l'accord fixaient les principes de coopération, incluant des réunions entre ministres de la Défense, des exercices conjoints, des échanges d'informations et le soutien aux industries de défense respectives en matière de recherche, de développement et de production. Le vice-président du Conseil Matteo Salvini a déclaré qu'il approuvait la suspension mais, interrogé sur les détails, a confié aux journalistes qu'il ne connaissait pas les raisons exactes derrière cette décision, d'après les informations d'El Mundo.

Accord de défense Italie-Israël : dates clés: — ; — ; —

Israël minimise la portée, Trump critique Meloni Le ministre israélien des Affaires étrangères, Gideon Saar, a minimisé la portée de cette suspension, affirmant que l'accord n'avait jamais eu de poids pratique. „« Il n'y a même pas d'accord. Il s'agit d'un protocole d'accord qui ne s'est jamais concrétisé et qui n'a aucun contenu substantiel. La sécurité d'Israël ne sera pas affectée. »” — Gideon Saar via The New York Times Un porte-parole du ministère israélien des Affaires étrangères a déclaré de la même manière à la Deutsche Welle : « nous n'avons pas d'accord de sécurité avec l'Italie, mais seulement un mémorandum qui n'a jamais eu de contenu concret », selon le portail d'information ynet cité par le média allemand. La réaction de Washington a été plus vive. S'exprimant dans le quotidien milanais Corriere della Sera, le président américain Donald Trump s'est dit « très choqué » par la décision de Mme Meloni, lui reprochant de « laisser l'Amérique faire tout le travail » pour l'Italie qui, selon lui, « tire son pétrole d'Iran ». El Mundo rapporte que M. Trump a déclaré : „« Je pensais qu'elle avait du courage, je me suis trompé. »” — Donald Trump via El Mundo Ces critiques de M. Trump marquent une rupture publique notable entre deux dirigeants qui entretenaient jusqu'alors des liens politiques étroits.

Tensions autour des frappes au Liban et confrontations diplomatiques Cette suspension intervient dans un contexte de frustration croissante de l'Italie face aux opérations militaires israéliennes au Liban, où des troupes italiennes sont déployées sous un mandat des Nations unies. Reuters rapporte que le gouvernement Meloni a critiqué ces dernières semaines les attaques israéliennes au Liban, notamment des incidents ayant touché le personnel de maintien de la paix italien. Le ministre des Affaires étrangères, M. Tajani, s'est rendu au Liban lundi et a publié sur les réseaux sociaux que ce voyage visait à témoigner de la « solidarité » de l'Italie envers le Liban « suite aux attaques inacceptables d'Israël contre la population civile », selon le New York Times. La diplomatie israélienne a réagi en convoquant l'ambassadeur d'Italie à Tel-Aviv, Luca Ferrari, pour protester contre les propos de M. Tajani. Ce dernier avait lui-même convoqué l'ambassadeur d'Israël en Italie la semaine précédente pour condamner des bombardements ainsi qu'un incident séparé lors duquel des soldats israéliens avaient effectué des tirs de semonce sur un convoi italien. Le député d'opposition Marco Grimaldi a qualifié la suspension de « victoire » pour ceux qui protestaient contre l'offensive militaire israélienne à Gaza, le New York Times notant que les partis d'opposition pressaient le gouvernement d'agir depuis plus d'un an. L'Italie a ratifié le protocole de coopération en matière de défense avec Israël en 2005, et l'accord est entré en vigueur en avril 2016. Le gouvernement de droite de Mme Meloni, au pouvoir depuis octobre 2022, était auparavant considéré comme l'un des soutiens les plus fermes d'Israël en Europe. Lors de la visite du Premier ministre israélien Benyamin Netanyahou à Rome en mars 2023, Mme Meloni avait décrit Israël comme un « ami et un partenaire clé de l'Italie, au Moyen-Orient et au niveau mondial », selon le New York Times.

Mentioned People

  • Giorgia Meloni — Włoska polityk, premier Włoch od października 2022 roku
  • Guido Crosetto — Włoski polityk i przedsiębiorca, minister obrony od 22 października 2022 roku
  • Israel Katz — Izraelski polityk, członek Knesetu z partii Likud, obecnie minister obrony
  • Gideon Sa'ar — Izraelski polityk, obecnie minister spraw zagranicznych Izraela
  • Antonio Tajani — Włoski minister spraw zagranicznych i wicepremier
  • Matteo Salvini — Włoski wicepremier oraz minister infrastruktury i transportu
  • Donald Trump — 47. prezydent Stanów Zjednoczonych

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