La présidente du Conseil italien, Giorgia Meloni, et neuf autres chefs de gouvernement de l’Union européenne ont demandé un réexamen du système européen d’échange de quotas d’émission. Selon ANSA, ils souhaitent prolonger au-delà de 2034 les quotas gratuits accordés à certains secteurs, sur fond de coûts énergétiques élevés, de pressions concurrentielles accrues et de guerre en Ukraine.
Dix dirigeants demandent une révision de l’ETS
Giorgia Meloni et neuf autres chefs de gouvernement de l’UE ont réclamé un réexamen du marché carbone européen et une prolongation des quotas gratuits au-delà de 2034.
La Commission européenne sous pression
Cette demande intervient alors que l’UE doit concilier ses objectifs climatiques avec les difficultés industrielles liées aux prix de l’énergie, aux tensions transatlantiques et à la guerre en Ukraine.
Costa et Metsola appellent à l’unité
António Costa a évoqué un moment énergétique difficile pour l’Europe, tandis que Roberta Metsola a demandé une unité de l’UE sur l’Ukraine, l’Iran et la compétitivité.
Confindustria veut une suspension totale
Emanuele Orsini a plaidé pour une suspension complète de l’ETS, une position plus radicale que celle défendue par les dix dirigeants européens.
La Lituanie redoute un effacement du dossier ukrainien
Vilnius craint que la guerre au Moyen-Orient ne détourne l’attention occidentale de l’Ukraine, ajoutant un volet géopolitique au débat sur l’énergie et le climat.
La présidente du Conseil italien, Giorgia Meloni, et neuf autres dirigeants de l’Union européenne ont officiellement demandé un réexamen du système d’échange de quotas d’émission de l’UE, en réclamant une prolongation des quotas d’émission gratuits au-delà de 2034, selon ANSA. Cette lettre commune, signée par dix chefs de gouvernement, marque une pression notable venue de l’intérieur même de l’Union pour assouplir le cadre de tarification du carbone au moment où l’industrie européenne fait face à une compétitivité sous tension. Cette initiative intervient alors que l’UE doit gérer à la fois des coûts de l’énergie élevés, les répercussions économiques de relations transatlantiques dégradées et la guerre en Ukraine, qui se poursuit. La demande montre qu’une coalition de dirigeants d’États membres considère que la trajectoire actuelle de l’ETS n’est pas compatible, à court terme, avec les impératifs de survie industrielle du bloc. Elle place aussi la Commission européenne dans une position délicate, entre le respect des engagements climatiques et les appels à un allègement économique.
Costa estime que l’Europe traverse une période énergétique difficile Le président du Conseil européen, António Costa, a déclaré le 19 mars 2026 que l’Europe traversait un « moment difficile » sur le plan énergétique et que le continent devait accroître sa propre production, selon ANSA. António Costa, responsable politique portugais qui préside le Conseil européen depuis 2024, a tenu ces propos alors que les dirigeants de l’UE se réunissaient pour faire face aux pressions croissantes qui pèsent sur l’approvisionnement énergétique du bloc. De son côté, la présidente du Parlement européen, Roberta Metsola, a insisté auprès de M. Costa sur la nécessité pour l’Union de rester unie sur trois fronts distincts : la guerre en Ukraine, le conflit impliquant l’Iran et la question de la compétitivité économique. Roberta Metsola, responsable politique maltaise à la tête du Parlement européen depuis janvier 2022, a présenté cette unité comme une condition de la crédibilité de l’UE sur la scène internationale. Ces prises de parole d’António Costa et de Roberta Metsola ont mis en lumière l’ampleur des défis auxquels les institutions européennes sont confrontées simultanément, de la géopolitique à la sécurité en passant par la politique industrielle.
Le patron de l’industrie italienne demande une suspension complète de l’ETS Emanuele Orsini, président de la Confindustria, a déclaré au Frankfurter Allgemeine Zeitung que l’Europe devrait suspendre entièrement l’ETS parce que le continent se trouve dans une « situation d’urgence », selon ANSA. Emanuele Orsini, qui dirige la fédération patronale italienne depuis mai 2024, a estimé que le mécanisme de tarification du carbone plaçait les entreprises européennes dans une situation de désavantage structurel face à leurs concurrentes situées hors de l’Union. Sa demande va plus loin que la position défendue par Giorgia Meloni et les neuf autres dirigeants européens signataires, qui réclament un réexamen du dispositif et une prolongation des quotas gratuits plutôt qu’une suspension pure et simple. Des organisations non gouvernementales de défense de l’environnement ont contesté ces deux positions, en soutenant que toute initiative visant à affaiblir ou à remettre en cause l’ETS réduirait la capacité de l’Union européenne à répondre efficacement à la crise énergétique, selon ANSA. Ces ONG présentent l’ETS non pas comme une charge pour l’industrie mais comme un instrument générant des recettes et encourageant les investissements dans des sources d’énergie plus propres. L’écart entre les positions des organisations industrielles et celles des défenseurs de l’environnement reflète une tension ancienne au cœur de la politique climatique et énergétique de l’Union.
La Lituanie craint que le conflit au Moyen-Orient ne relègue l’Ukraine au second plan La Lituanie a fait part de sa préoccupation face au risque que la guerre en cours au Moyen-Orient détourne l’attention et les ressources internationales de l’Ukraine, selon un compte rendu d’ANSA daté du 19 mars 2026. Cet avertissement de l’État balte traduit l’inquiétude de plusieurs membres orientaux de l’UE face au risque que la campagne militaire menée par les États-Unis et Israël contre l’Iran, engagée le 28 février 2026, ne déplace l’attention des gouvernements et des opinions publiques occidentales loin de l’invasion russe de l’Ukraine, désormais entrée dans sa cinquième année. En appelant l’UE à l’unité à la fois sur l’Ukraine et sur l’Iran, Roberta Metsola a reconnu implicitement ce risque de dispersion, en exhortant les États membres à ne pas traiter ces deux conflits comme des priorités concurrentes. L’inquiétude exprimée à Vilnius ajoute une dimension géopolitique aux discussions du sommet européen, bien au-delà du débat immédiat sur les marchés du carbone et les prix de l’énergie. Pris ensemble, les signaux venus de Lituanie et les propos de Roberta Metsola montrent que les dirigeants européens sont pleinement conscients de la pression exercée sur la capacité politique du bloc par plusieurs crises simultanées. L’articulation entre politique énergétique, régulation climatique et solidarité géopolitique devrait ainsi structurer les débats internes de l’Union pendant le reste de l’année 2026.
Le système d’échange de quotas d’émission de l’Union européenne a été créé en 2005 et constitue le plus grand marché du carbone au monde. Les quotas d’émission gratuits ont été introduits comme mesure transitoire afin de protéger les industries à forte intensité énergétique contre les fuites de carbone, le cadre initial prévoyant une suppression progressive de ces quotas gratuits. Les règles actuelles fixent 2034 comme échéance importante pour le régime d’allocation gratuite dans plusieurs secteurs. Les pressions en faveur d’une révision de l’ETS se sont accrues avec la hausse des prix de l’énergie et les préoccupations concernant la compétitivité industrielle européenne, en particulier après l’adoption de l’Inflation Reduction Act aux États-Unis, qui a accordé d’importantes subventions aux industriels américains.
Mentioned People
- Giorgia Meloni — premier Włoch od października 2022 roku
- António Costa — przewodniczący Rady Europejskiej od 2024 roku
- Roberta Metsola — przewodnicząca Parlamentu Europejskiego od stycznia 2022 roku
- Emanuele Orsini — prezydent Confindustrii od maja 2024 roku