Le 19 mars 2026, l’Iran a mené des frappes de représailles contre des infrastructures énergétiques en Arabie saoudite, au Qatar et aux Émirats arabes unis. Le complexe SAMREF de Yanbu figure parmi les sites visés. Les cours du pétrole, du gaz européen et plusieurs actifs financiers ont aussitôt réagi, dans un contexte d’élargissement du conflit après une attaque israélienne contre South Pars la veille.

Frappes iraniennes sur trois pays du Golfe

L’Iran a visé le 19 mars 2026 la raffinerie SAMREF à Yanbu, le complexe de Ras Laffan au Qatar et des sites énergétiques aux Émirats arabes unis.

Hausse marquée des prix de l’énergie

Le Brent a gagné plus de 5 % et atteint un pic en séance de 7,2 % à 115 dollars le baril. Le gaz naturel européen a bondi de 30 % selon stern.de.

Escalade après une frappe israélienne

La riposte iranienne intervient au lendemain d’une attaque israélienne contre des installations iraniennes liées au gisement de South Pars.

JERA anticipe un déplacement des achats

Un dirigeant de JERA a estimé qu’une crise prolongée pousserait les acheteurs à chercher des approvisionnements hors du Moyen-Orient.

Marchés financiers sous pression

Les Bourses mondiales ont reculé et le bitcoin est passé sous les 70 000 dollars, sur fond d’inquiétudes sur l’approvisionnement et l’inflation.

L’Iran a lancé, le 19 mars 2026, des frappes de représailles contre des infrastructures énergétiques à travers le Golfe, visant la raffinerie coentreprise Saudi Aramco-ExxonMobil SAMREF à Yanbu, en Arabie saoudite, ainsi que des sites énergétiques au Qatar et aux Émirats arabes unis, provoquant de fortes tensions sur les marchés mondiaux de l’énergie. Les prix du Brent ont progressé de plus de 5 % selon Reuters et ANSA. Des données de recherche en ligne font état d’un pic en séance de 7,2 %, à 115 dollars le baril au début des échanges à Londres. Les prix européens du gaz naturel ont augmenté de 30 % selon stern.de, un chiffre qui s’écarte du mouvement plus large observé sur le pétrole brut mais qui traduit l’exposition particulière des acheteurs européens aux perturbations d’approvisionnement venant du Golfe. Les Bourses mondiales ont reculé et le bitcoin est passé sous les 70 000 dollars, tandis que les investisseurs évaluaient l’extension du conflit, selon Reuters.

La frappe israélienne sur South Pars a déclenché l’escalade à l’échelle du Golfe Les frappes iraniennes du 19 mars sont intervenues un jour après une attaque des forces israéliennes, le 18 mars, contre des installations gazières iraniennes liées au gisement gazier de South Pars, selon Reuters. La riposte iranienne a visé non seulement la raffinerie SAMREF de Yanbu, important pôle industriel de la mer Rouge, mais aussi le complexe de gaz naturel liquéfié de Ras Laffan au Qatar et des installations aux Émirats arabes unis. Ces frappes ont marqué un élargissement géographique notable du conflit, en exposant directement les États arabes du Golfe aux retombées de l’affrontement plus large entre les États-Unis, Israël et l’Iran engagé depuis le 28 février 2026. Selon un résultat de recherche en ligne citant Reuters, Israël a indiqué qu’il ne mènerait pas d’autres attaques contre les installations iraniennes de South Pars à moins que l’Iran ne frappe le Qatar, ce qui laisse apparaître une tentative de fixer des seuils d’escalade alors même que les combats s’étendaient. Cette succession de frappes et de contre-frappes a montré à quelle vitesse les infrastructures énergétiques étaient devenues un terrain central de l’affrontement.

Chronologie de l’escalade : 18-19 mars 2026: — ; — ; —

JERA estime qu’une crise prolongée détournerait les acheteurs du Golfe Un dirigeant de JERA, premier producteur d’électricité du Japon, a averti le 19 mars qu’une crise prolongée pousserait les acheteurs à se tourner vers des approvisionnements énergétiques hors du Moyen-Orient, selon Reuters. Cette déclaration illustre la vulnérabilité marquée des importateurs asiatiques d’énergie, fortement dépendants des cargaisons de GNL et de pétrole brut en provenance du Golfe. Le complexe de Ras Laffan au Qatar, l’une des cibles des frappes iraniennes, figure parmi les plus grands centres d’exportation de GNL au monde et constitue un fournisseur essentiel pour les marchés européens et asiatiques. Toute perturbation durable de la production ou du transport maritime au départ de cette installation contraindrait les acheteurs à se disputer des volumes alternatifs auprès de producteurs situés aux États-Unis, en Australie et en Afrique de l’Ouest, probablement à un coût sensiblement plus élevé. Les propos du dirigeant de JERA comptent parmi les premiers signaux publics émanant de grands acheteurs asiatiques d’énergie selon lesquels le conflit commençait à modifier les stratégies d’approvisionnement.

La campagne militaire américano-israélienne contre l’Iran, baptisée opération Epic Fury, a commencé le 28 février 2026 par des frappes qui ont tué le guide suprême Ali Khamenei. L’Iran a ensuite nommé Mojtaba Khamenei, fils d’Ali Khamenei, au poste de guide suprême le 9 mars 2026. Le gisement gazier de South Pars, à cheval sur la frontière maritime entre l’Iran et le Qatar, est la plus grande réserve de gaz naturel au monde et la base de la capacité d’exportation énergétique iranienne. Les attaques contre des infrastructures énergétiques dans le Golfe ont historiquement entraîné de fortes hausses des prix mondiaux du pétrole et du gaz, compte tenu du rôle de la région dans l’approvisionnement d’environ un tiers du pétrole brut échangé dans le monde.

Les marchés intègrent un choc durable d’approvisionnement sur plusieurs matières premières Le ciblage simultané d’installations dans trois États du Golfe — l’Arabie saoudite, le Qatar et les Émirats arabes unis — a constitué une inflexion qualitative dans la dimension économique du conflit, en le faisant passer au-delà de la confrontation bilatérale entre les États-Unis, l’Iran et Israël vers une crise énergétique régionale plus large. Les prix du pétrole avaient déjà progressé après l’attaque israélienne initiale contre des installations iraniennes le 18 mars, selon ANSA, avant que les frappes de représailles ne provoquent une nouvelle hausse. L’écart entre la progression de plus de 5 % du Brent et la flambée de 30 % du gaz naturel européen, rapportée par stern.de, reflète la dépendance particulière de l’Europe aux importations de GNL transitant par le Golfe ou en provenant. Les marchés d’actions ont enregistré des pertes généralisées, les investisseurs prenant en compte la perspective de perturbations durables de l’approvisionnement, de coûts énergétiques plus élevés alimentant l’inflation et du risque d’une nouvelle escalade impliquant d’autres acteurs régionaux. Le recul du bitcoin sous les 70 000 dollars a accentué l’image d’un mouvement général d’aversion au risque entre différentes classes d’actifs, selon Reuters. Au moment de la publication, aucune information confirmée n’était disponible sur d’éventuelles victimes civiles liées aux frappes contre les installations énergétiques du Golfe.