Le ministre de la Défense, Guido Crosetto, a interdit vendredi 27 mars 2026 l'atterrissage d'appareils militaires américains en Sicile. Cette décision intervient alors que des bombardiers se dirigeaient vers le Moyen-Orient pour des opérations liées aux tensions avec l'Iran sans autorisation préalable de Rome.

Refus d'accès à la base de Sigonella

Le ministre de la Défense italien a bloqué l'atterrissage de bombardiers américains en vol vers le Moyen-Orient.

Violation de procédure

Les États-Unis ont transmis leur plan de vol après le décollage, sans la demande d'autorisation préalable requise par le traité de 1954.

Stricte conformité juridique

Rome justifie sa décision par l'interdiction de mener des opérations offensives depuis le sol italien sans accord explicite du Parlement.

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L'Espagne a également fermé son espace aérien et ses bases militaires aux forces américaines dans le cadre du même conflit.

Le ministre italien de la Défense, Guido Crosetto, a refusé vendredi 27 mars 2026 l'autorisation d'atterrissage à des aéronefs militaires des États-Unis sur la base aérienne de Sigonella, en Sicile. Cette mesure a bloqué des bombardiers déjà en vol vers le Moyen-Orient dans le cadre d'opérations en cours contre l'Iran. Le refus a été motivé par la communication du plan de vol aux autorités italiennes alors que les appareils étaient déjà en l'air, sans qu'aucune demande d'autorisation n'ait été soumise au préalable au commandement militaire italien. Le chef d’état-major de la Défense, Luciano Portolano, a alerté M. Crosetto de l'approche de ces moyens aériens américains, entraînant l'intervention du ministre. Les vérifications italiennes ont établi que ces vols n'étaient ni de nature logistique ni technique, sortant ainsi du cadre du traité bilatéral de 1954 régissant la présence militaire américaine en Italie. Selon le droit italien et les engagements parlementaires, des opérations offensives de ce type nécessitent une approbation explicite du Parlement avant toute autorisation.

Le respect des traités invoqué plutôt qu'une rupture diplomatique Le gouvernement italien a rapidement présenté ce refus comme une question de procédure juridique et non comme une rupture politique avec Washington. La Présidence du Conseil a publié un communiqué soulignant que l'Italie continue d'agir dans le plein respect des accords internationaux en vigueur et que les bases restent actives. „Certains tentent de faire passer le message que l’Italie a décidé de suspendre l’utilisation des bases pour les moyens américains. C’est simplement faux, car les bases sont actives, utilisées, et rien n’a changé.” — Guido Crosetto via Il Fatto Quotidiano M. Crosetto a ajouté qu'il n'existe aucune tension avec les États-Unis, précisant que Washington connaît parfaitement les règles de 1954. Le ministre avait précédemment déclaré devant le Parlement, le 5 mars, qu'aucune demande américaine n'avait été reçue à ce stade et s'était engagé à ce que toute décision future concernant l'accès aux bases pour des attaques contre l'Iran soit partagée avec les chambres. La position du gouvernement, exprimée par les services de la Première ministre Giorgia Meloni, est que chaque demande est examinée au cas par cas, conformément aux traités et aux directives parlementaires.

L'Espagne ferme également ses bases, créant un précédent allié La décision italienne s'inscrit dans le sillage d'une mesure similaire prise par l'Espagne, qui a fermé son espace aérien et refusé l'accès des avions militaires américains aux bases de Rota et Morón. L'interdiction de Madrid concernait non seulement les appareils engagés dans des bombardements, mais aussi ceux assurant un soutien logistique. Le refus espagnol a contraint l'aviation américaine à emprunter des itinéraires alternatifs passant par Gibraltar et la Méditerranée, plaçant la Sicile au centre de ces couloirs de circulation. Cet épisode a immédiatement suscité des comparaisons dans les médias italiens avec la crise de Sigonella de 1985, marquée par une confrontation directe entre soldats italiens et américains lors de l'affaire de l'Achille Lauro. Un facteur complexifie la situation actuelle : la visibilité numérique quasi totale des mouvements militaires. Les plateformes de suivi de vols et de surveillance maritime ont rendu difficile la dissimulation des mouvements des appareils américains opérant autour de Sigonella, alimentant une attention publique rapide. Le 30 mars, trois jours après le refus, M. Crosetto a relayé sur X un message d'un groupe d'analyse géopolitique affirmant qu'une activité inhabituelle observée autour des actifs italiens était liée à l'exercice Neptune Strike de l'OTAN et non au conflit contre l'Iran.

La base aérienne de Sigonella, officiellement nommée aéroport « Cosimo Di Palma », est un aérodrome militaire de l'armée de l'air italienne situé en Sicile. Co-gérée avec l'US Navy, elle constitue un centre névralgique pour les opérations américaines en Méditerranée. Le cadre régissant l'utilisation des bases italiennes par les États-Unis a été établi en 1954 via des accords bilatéraux distinguant l'usage logistique et technique (autorisé par le traité) de l'usage opérationnel offensif (soumis à une autorisation distincte). En 1985, la crise de Sigonella était survenue lorsque les forces américaines avaient tenté d'appréhender les pirates palestiniens du navire Achille Lauro sur la base, menant à un face-à-face entre les carabiniers italiens et la Delta Force américaine.

L'opposition exige des explications au Parlement L'épisode a suscité une pression politique immédiate de la part des partis d'opposition, le Mouvement 5 étoiles et le Parti démocrate exigeant que le gouvernement clarifie sa position devant les deux chambres du Parlement. La sénatrice Alessandra Maiorino, présidente du groupe M5S à la commission de la défense du Sénat, a accusé l'administration Trump de traiter l'Italie comme un partenaire subalterne. „Les États-Unis de Trump ont traité l'Italie comme un État vassal, demandant une autorisation après coup. Malgré cela, le gouvernement Meloni continue d'apporter un soutien total à l'opération de guerre américaine par un appui logistique et de renseignement sans lequel la guerre contre l'Iran ne serait pas possible.” — Alessandra Maiorino via Fanpage Elly Schlein, secrétaire du Parti démocrate, a soutenu que le refus d'autorisation ne devait pas rester une décision isolée mais devenir une ligne politique claire face aux futures demandes du commandement américain. L'opposition a également soulevé la question du risque de contournement du Parlement à l'avenir, notant que le refus n'est parvenu à M. Crosetto que grâce à l'alerte donnée par l'armée de l'air à l'état-major, et non par une demande diplomatique officielle. Mme Meloni devrait s'exprimer devant le Parlement sur ce dossier, l'objectif du gouvernement étant d'éviter que cette affaire ne devienne une fracture interne ou internationale dans les relations italo-américaines.

Mentioned People

  • Guido Crosetto — Minister Obrony w rządzie Meloni od 22 października 2022 roku
  • Luciano Portolano — Szef Sztabu Obrony od 4 października 2024 roku
  • Giorgia Meloni — Premier Włoch
  • Donald Trump — Prezydent Stanów Zjednoczonych
  • Alessandra Maiorino — Senator i przewodnicząca grupy M5S w senackiej Komisji Obrony

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