La cheffe de la diplomatie européenne, Kaja Kallas, a affirmé le 19 mars que l’Union européenne disposait de moyens pour contourner le veto de la Hongrie sur un prêt à l’Ukraine. Selon elle, l’obstacle n’est pas juridique mais politique. À Bruxelles, la pression s’est accentuée sur Viktor Orbán, alors que Volodymyr Zelenskyy a averti que ce blocage l’empêchait de rémunérer les soldats ukrainiens.

Kaja Kallas affirme que l’UE a des options

La haute représentante a assuré que l’Union européenne disposait d’outils pour contourner le veto hongrois, tout en estimant que la difficulté principale relevait de la volonté politique des Etats membres.

Viktor Orbán maintient le blocage

Le Premier ministre hongrois refuse toute décision favorable à Kyiv tant que les questions d’approvisionnement en pétrole ne seront pas réglées.

Zelenskyy alerte sur la solde des soldats

Le président ukrainien a déclaré que l’impasse sur le prêt européen l’empêchait de payer les militaires ukrainiens.

La Croatie conteste l’argument énergétique

Les autorités croates affirment que du pétrole arrive déjà en Hongrie et en Slovaquie, contestant ainsi la justification avancée par Budapest.

L’UE cherche une issue procédurale

Aucune solution formelle n’a encore été annoncée, mais les déclarations de Kaja Kallas montrent que des pistes sont étudiées pour avancer sans l’accord de Budapest.

La haute représentante de l’Union européenne pour les affaires étrangères, Kaja Kallas, a déclaré le 19 mars que l’Union européenne disposait d’outils permettant de contourner le veto de la Hongrie sur un prêt à l’Ukraine, mais que les Etats membres devaient faire preuve de courage politique pour les utiliser. Le Premier ministre hongrois, Viktor Orbán, bloque ce prêt et subordonne toute décision favorable à Kyiv à un règlement des questions liées à l’approvisionnement en pétrole. Le président ukrainien, Volodymyr Zelenskyy, a averti que cette impasse l’empêchait de payer les soldats ukrainiens. Selon Reuters, les dirigeants européens se sont réunis pour pousser Viktor Orbán à lever son blocage, alors que l’agacement grandissait parmi les Etats membres face à ce bras de fer prolongé.

Depuis le début de l’invasion russe à grande échelle en février 2022, la Hongrie dirigée par Viktor Orbán a, à plusieurs reprises, utilisé son droit de veto dans les mécanismes de décision de l’UE pour bloquer ou retarder des mesures de soutien à l’Ukraine. Le prêt européen en question s’inscrit dans un effort occidental plus large visant à soutenir les finances de l’Ukraine et ses capacités militaires pendant la guerre en cours. L’exigence d’unanimité d’unanimité pour certaines décisions européennes a permis à Budapest de bloquer des mesures soutenues par l’écrasante majorité des membres du bloc.

Pour Kallas, ce sont moins les outils juridiques que la volonté politique qui font défaut Kaja Kallas, cheffe de la diplomatie européenne, a indiqué qu’il existait des alternatives au veto hongrois et que ce qui manquait était le courage politique des Etats membres pour les mettre en œuvre. Elle s’est exprimée alors que les dirigeants de l’UE se réunissaient pour traiter directement cette impasse avec Viktor Orbán. Le gouvernement autrichien s’est joint à cette pression en appelant Viktor Orbán à ne pas utiliser ce qu’il a qualifié de prétextes électoraux pour bloquer le prêt à Kyiv. La position de Vienne reflète une impatience plus large au sein du bloc face au recours répété de Budapest au levier du veto sur les dossiers liés à l’Ukraine. Le prêt est resté gelé, Viktor Orbán refusant de le dissocier des préoccupations énergétiques de son pays.

Orbán lie son feu vert sur l’Ukraine au différend sur l’approvisionnement pétrolier Selon ANSA, Viktor Orbán a déclaré sans ambiguïté qu’aucune décision favorable à Kyiv ne serait prise tant que la question du pétrole ne serait pas réglée. La Hongrie et la Slovaquie ont toutes deux présenté l’approvisionnement en pétrole comme le principal sujet de contentieux dans cette confrontation. Les autorités croates ont toutefois contesté cette présentation, en affirmant que du pétrole arrivait déjà en Hongrie et en Slovaquie et qu’il ne s’agissait, selon leurs propres termes, de rien de secret. La position croate remet directement en cause le fondement de la condition posée par Viktor Orbán et laisse entendre que l’argument énergétique pourrait ne pas correspondre à la situation réelle de l’approvisionnement. Ce différend a mis en lumière des tensions non seulement entre la Hongrie et les soutiens de l’Ukraine, mais aussi entre Etats membres de l’UE eux-mêmes quant à la manière de qualifier la situation énergétique.

Zelenskyy prévient que les soldats risquent de ne pas être payés sans les fonds européens Selon ANSA, Volodymyr Zelenskyy a lancé un avertissement clair : l’impasse sur le prêt européen le laisse dans l’incapacité de payer les soldats ukrainiens. Cette déclaration a souligné les conséquences opérationnelles directes du blocage politique pour les forces armées ukrainiennes, qui restent engagées dans des combats actifs contre les forces russes. Cet avertissement a ajouté de l’urgence aux discussions au niveau européen en présentant le prêt non seulement comme un instrument financier, mais aussi comme un enjeu aux implications militaires immédiates. C’est dans ce contexte de pression croissante en provenance de Kyiv que les dirigeants européens ont accentué leurs efforts auprès de Viktor Orbán. Le mécanisme de prêt de l’UE est devenu un point central d’un débat plus large sur la manière dont le bloc maintient son soutien à l’Ukraine tout en gérant ses désaccords internes. L’impasse reste sans solution à ce stade. Les propos de Kaja Kallas laissent entendre que l’UE examine des options procédurales qui lui permettraient d’avancer sans le consentement de Budapest, même si aucune mesure de ce type n’a été annoncée officiellement. L’appel au courage politique lancé par la haute représentante indique que la décision d’agir dépend des gouvernements des Etats membres et non des seules institutions européennes.

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