Donald Tusk a affirmé jeudi que la valorisation boursière d'Orlen dépassait désormais celle de Gazprom. Le chef du gouvernement polonais a attribué cette évolution à la gestion de son équipe depuis son arrivée au pouvoir fin 2023. Dans le même temps, Varsovie a présenté six demandes de réforme du système européen d'échange de quotas d'émission, tout en excluant d'en sortir.
Une lettre de dix dirigeants avant le sommet européen
Giorgia Meloni, Donald Tusk et huit autres dirigeants demandent une révision du marché carbone de l’UE et la prolongation des quotas gratuits pour l’industrie au-delà de 2034, avec des décisions attendues d’ici à mai 2026.
Des positions divergentes en Italie
Emanuele Orsini plaide pour une suspension totale de l’ETS, tandis que Gilberto Pichetto Fratin défend une simple correction du dispositif sans suspension. Matteo Salvini critique également le système et l’associe à la question des prix des carburants.
Les ONG mettent en garde contre un recul
Les organisations environnementales estiment qu’un affaiblissement de l’ETS réduirait la capacité de l’Union européenne à répondre à la crise énergétique et freinerait les investissements dans des solutions plus propres.
L’Italie reste minoritaire dans l’UE
Selon ANSA, malgré le durcissement de Rome sur ce dossier, la position favorable à une suspension complète ou à une refonte profonde du système ne rassemble pas une majorité au sein de l’Union.
Le premier ministre polonais Donald Tusk a déclaré jeudi que la valeur de marché du groupe énergétique public Orlen avait dépassé celle du géant russe Gazprom. Il a attribué ce seuil à la gestion de son gouvernement depuis son entrée en fonctions à la fin de 2023.
Donald Tusk a formulé cette remarque dans une allusion appuyée à l'administration précédente du parti Droit et Justice. Il a présenté la performance d'Orlen comme la conséquence directe de la fin de ce qu'il a décrit comme des pratiques de corruption. Sa déclaration, largement relayée sur les réseaux sociaux, contenait la formule qui s'est depuis imposée dans le commentaire politique polonais : « Il suffit de ne pas voler. »
Donald Tusk a publié un message sur la valorisation record d'Orlen, qu'il a qualifiée de sommet historique pour l'entreprise. Ses propos ont suscité des réactions immédiates, favorables comme critiques, dans l'ensemble du spectre politique polonais.
Morawiecki réplique sur la remarque visant les vidéos TikTok L'ancien premier ministre Mateusz Morawiecki, désormais l'une des principales figures du parti Droit et Justice, a vivement réagi au message publié par Donald Tusk sur les réseaux sociaux. Selon Do Rzeczy, Mateusz Morawiecki a accusé le chef du gouvernement de privilégier la production de courtes vidéos pour TikTok au détriment d'une action gouvernementale de fond.
L'ancien chef du gouvernement a présenté l'activité en ligne de Donald Tusk comme une diversion par rapport à ce qu'il a décrit comme des questions d'État plus urgentes. Sa critique visait la forme de la communication du premier ministre plutôt qu'une contestation directe des données financières sur la valorisation d'Orlen. Cet échange a illustré la rivalité persistante entre les deux principales figures de la vie politique polonaise, dont les gouvernements encadrent la période politique actuelle. Mateusz Morawiecki a occupé la fonction de premier ministre de 2017 à 2023 et reste une voix centrale de l'opposition.
Le ministère polonais du climat présente six demandes sur l'ETS Par ailleurs, la ministre du climat et de l'environnement Paulina Hennig-Kloska a présenté la position formelle de la Pologne sur le système d'échange de quotas d'émission de l'Union européenne, en détaillant six demandes précises de réforme. Paulina Hennig-Kloska a affirmé clairement que la Pologne n'entendait pas quitter le système européen d'échange de quotas d'émission, tout en estimant qu'il devait être rendu moins lourd pour l'industrie polonaise et pour les ménages.
Selon Zielona Interia et oko.press, ce plan en six points a été présenté comme le cadre de négociation de la Pologne au sein des institutions européennes. Paulina Hennig-Kloska est ministre du climat et de l'environnement depuis l'entrée en fonctions du gouvernement Tusk en 2023. Sa position reflète une tension plus large au sein de l'Union européenne entre l'ambition climatique et les réalités économiques auxquelles font face les États membres dépendants du charbon, comme la Pologne. Son double message — rester dans l'ETS mais le réformer — marque une évolution par rapport aux positions polonaises antérieures, plus conflictuelles, à l'égard du système sous les gouvernements précédents.
Les relations entre la Pologne et le système européen d'échange de quotas d'émission sont conflictuelles depuis des années, en raison de la forte dépendance historique du pays au charbon pour la production d'électricité. Orlen, constitué au fil d'une série de fusions pilotées par l'État, notamment avec Lotos et PGNiG sous le précédent gouvernement Droit et Justice, est devenu l'un des plus grands conglomérats énergétiques d'Europe centrale. Le gouvernement actuel de Donald Tusk est entré en fonctions en décembre 2023 après sa victoire aux élections législatives d'octobre 2023, mettant fin à huit années de pouvoir du parti Droit et Justice.
Le cap franchi par Orlen redéfinit le débat politique Le rapprochement, le même jour, entre l'annonce de Donald Tusk sur Orlen et la présentation de Paulina Hennig-Kloska sur l'ETS a mis en évidence la volonté du gouvernement d'afficher sa compétence à la fois sur le terrain économique et sur le terrain environnemental. La comparaison établie par Donald Tusk entre la valeur d'Orlen et celle de Gazprom revêtait une portée symbolique particulière dans le contexte de la guerre en Ukraine et des efforts plus larges déployés en Europe pour réduire la dépendance à l'énergie russe.
La formule « il suffit de ne pas voler » constituait une attaque rhétorique directe contre la période Droit et Justice, en présentant la gouvernance d'entreprise comme un résultat politique plus que managérial. La réplique de Mateusz Morawiecki sur TikTok visait, elle, à déplacer l'échange sur le terrain du sérieux du leadership plutôt que sur celui de la performance d'entreprise. Cet aller-retour entre Donald Tusk et Mateusz Morawiecki a reflété une forme de communication politique dans laquelle les deux camps utilisent les séquences sur les réseaux sociaux et les données d'entreprise comme des substituts à des débats plus larges sur la gouvernance et l'intérêt national. Les demandes polonaises de réforme de l'ETS alimenteront, de leur côté, les négociations en cours au niveau européen sur l'architecture future de la politique climatique du bloc.
Mentioned People
- Giorgia Meloni — premier Włoch, przewodnicząca Rady Ministrów Republiki Włoskiej
- Donald Tusk — premier Polski
- Emanuele Orsini — prezydent Confindustrii
- Gilberto Pichetto Fratin — minister środowiska i bezpieczeństwa energetycznego Włoch
- Matteo Salvini — włoski wicepremier i minister transportu