Le gouvernement espagnol, l’Église catholique et le médiateur national ont signé, lundi 30 mars 2026, un protocole qui organise un mécanisme mixte d’indemnisation pour les victimes d’abus sexuels commis par des clercs lorsque les faits ne peuvent plus être portés devant la justice. Le dispositif doit être ouvert aux demandes le 15 avril 2026. Les montants seront examinés au cas par cas, sans barème fixe, et l’Ombudsman aura le dernier mot.
Un protocole mixte pour les victimes d’abus
Le gouvernement espagnol, l’Église catholique et le Défenseur du peuple ont signé un mécanisme d’indemnisation pour les dossiers désormais impossibles à traiter devant les tribunaux.
Le Défenseur du peuple aura le dernier mot
Les montants seront examinés individuellement, sans barème fixe, et le Défenseur pourra trancher en cas de désaccord.
PRIVA reste une voie complémentaire
Les victimes déjà passées par le plan PRIVA pourront demander un réexamen, mais elles devront choisir entre les deux dispositifs à partir du 15 avril.
Le gouvernement espagnol, l’Église catholique et le médiateur national ont signé lundi 30 mars 2026 un protocole établissant un mécanisme mixte d’indemnisation pour les victimes d’abus sexuels commis par des clercs dont les dossiers ne peuvent plus être traités par les tribunaux, le dispositif devant ouvrir aux demandes le 15 avril 2026.
L’accord a été signé au siège du Défenseur du peuple à Madrid par le ministre de la Présidence, de la Justice et des Relations avec les Cortes, Félix Bolaños, le président de la Conférence épiscopale espagnole et archevêque de Valladolid, Luis Argüello, le président de la Conférence espagnole des religieux, Jesús Díaz Sariego, et le Défenseur du peuple, Ángel Gabilondo. Le protocole développe un accord-cadre signé le 8 janvier 2026 et a nécessité près de trois mois supplémentaires de négociations pour être finalisé, les parties ayant dû régler plusieurs points de désaccord. Le mécanisme est conçu pour les affaires dans lesquelles le délai de prescription a expiré ou lorsque l’auteur est décédé, ce qui rend tout recours judiciaire impossible. Les montants d’indemnisation ne suivront ni barème fixe ni fourchette économique ; chaque dossier sera examiné individuellement. Félix Bolaños a indiqué que le Défenseur du peuple aura le dernier mot sur les sommes que l’Église devra verser.
„La juste réparation ne doit pas être déterminée par un montant, ni minimum ni maximum.” — Félix Bolaños via Europa Press
„C’est un accord pour alléger la souffrance des victimes d’abus au milieu de la Semaine sainte.” — Luis Argüello via La Vanguardia
Les victimes saisissent le ministère de la Justice, le Défenseur décide Selon la nouvelle procédure, la victime engage la démarche en déposant une demande auprès d’une unité de traitement du ministère de la Justice, qui transmet ensuite le dossier à l’unité des victimes du Défenseur du peuple. Cette unité, composée d’experts indépendants, examinera l’affaire, entendra toutes les parties et préparera une proposition de résolution dans un délai maximal de trois mois. La proposition pourra inclure une réparation symbolique, restauratrice, spirituelle ou financière, selon ce que la victime demande. Elle sera ensuite transmise à la commission consultative du propre plan PRIVA de l’Église, qui disposera d’un délai maximal de deux mois pour l’examiner. Si l’Église et la victime approuvent la proposition, elle devient définitive. Si l’une des deux parties la conteste, une commission mixte — réunissant toutes les institutions signataires et les associations de victimes — se réunit pour rechercher un consensus dans un délai d’un mois ; si aucun accord n’est trouvé, l’appréciation du Défenseur du peuple prévaut et l’Église doit s’y conformer. Le gouvernement a également obtenu une disposition exonérant d’impôt sur le revenu les indemnisations financières.
Parcours vers le protocole d’indemnisation: — ; — ; — ; —
L’Église cède sur le point de blocage des versements antérieurs La signature est intervenue après des semaines de négociations tendues et au moins une quasi-rupture, lorsque l’Église a bloqué l’accord une dizaine de jours avant sa signature, notamment sur la question de savoir si les victimes déjà indemnisées via PRIVA pourraient réclamer une somme supplémentaire dans le nouveau dispositif. Les évêques ont finalement cédé sur ce point : les victimes ayant déjà utilisé PRIVA pourront soumettre leur dossier au Défenseur du peuple pour réexamen, celui-ci pouvant déterminer si l’indemnisation antérieure doit être améliorée, complétée ou dépassée. Lors de la conférence de presse, Luis Argüello a reconnu que certaines victimes n’avaient pas fait confiance aux diocèses et congrégations de l’Église pour gérer la procédure et a présenté l’accord comme un exercice de confiance réciproque. Le dispositif est temporaire et sa durée est fixée à un an, prorogeable d’une année supplémentaire. Les deux voies — le nouveau mécanisme mixte et le plan PRIVA déjà existant — sont décrites par les parties comme complémentaires et non exclusives, même si, à partir du 15 avril, les victimes devront choisir entre les deux.
„Nous sommes conscients que cette étape a été nécessaire parce que certaines victimes d’abus n’avaient pas confiance dans les diocèses, dans les congrégations religieuses pour offrir depuis là ce canal afin d’entrer dans cette voie.” — Luis Argüello via eldiario.es
Pas de barème fixe, mais des critères de gravité et de répétition
L’Église catholique espagnole fait l’objet d’un examen soutenu sur les abus sexuels commis par des clercs depuis que El País a lancé une enquête sur le sujet en 2018. Le plan PRIVA de l’Église, créé en 2024 comme mécanisme unilatéral de réparation, n’avait rendu que 83 avis de réparation pour un total convenu d’environ deux millions d’euros au moment où le nouveau protocole a été signé. L’accord-cadre du 8 janvier 2026 a été présenté comme le quatrième accord conclu en deux législatures entre le ministre Bolaños et l’Église. Selon un résultat de recherche web, l’Église catholique espagnole a accepté en janvier 2026, avec le gouvernement, d’indemniser les victimes d’abus, le protocole signé lundi en formalisant les modalités opérationnelles de cet engagement.
L’absence de barèmes fixes d’indemnisation a été l’un des aspects les plus contestés de l’accord, les groupes de victimes réclamant des barèmes comme garantie d’équité et de transparence. Félix Bolaños a expliqué que des critères tels que la gravité du préjudice et le caractère répété des abus guideront l’examen individuel, même en l’absence de fourchettes prédéfinies. Luis Argüello a précisé lors de la conférence de presse que le mot « barèmes » avait été expressément exclu du texte de l’accord. Un résultat de recherche web a indiqué que la moyenne européenne des indemnisations dans des affaires comparables est d’environ 35 000 euros, une donnée qui fournit un contexte informel pour les évaluations individualisées que mènera le Défenseur du peuple. Le respect de l’accord par l’Église est finalement garanti non seulement par les diocèses ou instituts religieux pris individuellement, mais aussi, en ultime recours, par la Conférence épiscopale et la CONFER eux-mêmes. Le protocole marque la première fois qu’une institution publique indépendante — le Défenseur du peuple — disposera d’un pouvoir contraignant sur les montants d’indemnisation dans des affaires d’abus commis par des clercs en Espagne.
83 (avis de réparation) — Avis du plan PRIVA rendus avant la signature du nouveau protocole
Mentioned People
- Félix Bolaños — Minister prezydencji, sprawiedliwości i relacji z Kortezami rządu Hiszpanii
- Ángel Gabilondo — Hiszpański rzecznik praw obywatelskich (Defensor del Pueblo) od 2021 roku
- Luis Argüello — Arcybiskup Valladolid i przewodniczący Hiszpańskiej Konferencji Episkopatu
- Jesús Díaz Sariego — Przewodniczący Hiszpańskiej Konferencji Zakonów (CONFER)
Sources: 16 articles
- Luz verde a la reparación económica de víctimas de abusos en la Iglesia: "No se puede permitir la revictimización de las personas" (EL MUNDO)
- El protocolo de Gobierno, Iglesia y Defensor para indemnizar a... (europa press)
- Gobierno e Iglesia firman el protocolo para indemnizar a las víctimas de abusos sexuales (20 minutos)
- La Iglesia y el Gobierno firman el protocolo para indemnizar a las víctimas de pederastia, sin incluir "baremos ni cantidades económicas" (EL PAÍS)
- Abusos sexuales en la iglesia: será el Defensor del Pueblo el que revisará los casos y determinará las indeminzaciones (LaVanguardia)
- La Iglesia claudica y firma con el Gobierno el convenio para mejorar las indemnizaciones a víctimas de pederastia (eldiario.es)
- La Iglesia y el Gobierno sellan el protocolo para indemnizar a víctimas de abusos prescritos tras semanas de pulso (ABC TU DIARIO EN ESPAÑOL)
- El Gobierno y la iglesia firman el protocolo para la reparación económica de las víctimas de pederastia (LaSexta)
- Enma López (PSOE) sobre el acuerdo para indemnizar a víctimas de... (europa press)
- La Iglesia y el Gobierno acuerdan un sistema de reparación para víctimas de pederastia cuyos casos han prescrito (EL PAÍS)